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Juan Carmona / Idir Vendredi 18 juillet 2003

Juan Carmona / Idir Vendredi 18 juillet 2003
Nuits du Sud - Vence (06)

La troisième soirée des Nuits du Sud à Vence nous a offert un plateau attrayant et original. Juan Carmona, sûrement le guitariste flamenco le plus en vue de sa génération, eut l’honneur d’ouvrir la danse avec sa formation andalouse, renforcée, dans un second temps, par l’orchestre lyrique de Toulon. La deuxième partie de soirée fût consacrée à Idir, chanteur kabyle de renom, qui déchaîna un public déjà tout acquis à sa cause.

Juan Carmona y su grupo a assurément été la révélation de cette première moitié de festival.


La technique incroyable de Juan Carmona, souvent comparée à celle de Paco De Lucia, se met au service d’un jeu rythmé, hyper mélodique, aux nombreux accents et effets. La musique est d’une variété impressionnante, au renouvellement constant. La finesse d’interprétation déjoue tous les clichés auxquels nous sommes habitués en matière de flamenco.

Personnellement, je croyais ne pas aimer le flamenco mais je me suis rendu compte assez rapidement que je ne savais même pas ce dont témoignait ce style musical. Le flamenco, c’est un moment de vie mis en notes, un vrai langage musical qui nous transporte plus par son expressivité et les émotions suggérées que par sa virtuosité au sens strict. S’il est largement concevable que certaines personnes n’apprécient guère la musique de Juan Carmona, il est inenvisageable qu’elles ne soient pas touchées par les sentiments libérés, offerts au public.

La douceur des notes longues et pleines qui emplissent l’espace pour ensuite suggérer, évoquer leurs résonances dans les nombreux silences contraste fortement et brillamment avec la fougue de la section rythmique, assurée par deux joueurs de caisson. De même, la rondeur de la voix de la chanteuse se frotte à celle, plus rauque mais non moins écorchée, d’un chanteur traditionnel : la complémentarité et l’équilibre sont parfaits.

Après un début de concert marqué par une sono détestable, loin de la qualité de rigueur pour un festival aux prétentions si importantes (ça devient tristement récurrent à Vence), Juan Carmona délaissa ses arpèges solitaires pour se fondre plus modestement au sein du groupe et ainsi jouer le rôle de régulateur. Soutenue par les claps des chanteurs, la guitare entraînera peu à peu tout l’ensemble dans un crescendo endiablé amenant un puissant solo de caissons puis un autre, plus léger, du violon. Les voix deviennent de plus en plus dures, les musiciens plus exigeants, la tension devient palpable et les silences lourds d’émotions. Quelle étrange impression que de ressentir cette force, cette puissance au travers de la subtilité d’un jeu épuré… Il ne faudra qu’une étincelle pour laisser exploser de joie un public attentif, et c’est un des joueurs de caisson qui va la produire en négligeant son instrument au profit de la danse. Après une première prestation rapide mais prometteuse, il enflamma la scène pendant près d’un quart d’heure. Plus que de la danse, il joue avec son corps, tapant des mains et des pieds, frappant sur son torse au gré des claquettes et des cris qu’il ne peut retenir. Les chanteurs, vite suppléés par le public, le poussent alors que lui repousse les limites de l’entendement. Il se transcende, se cabre, sautille frénétiquement, toujours de plus en plus vite. Le spectacle est incroyable, androgyne : le haut du corps est gracieux, sophistiqué, alors que les élans des membres inférieurs sont vigoureux, puissants, définitivement virils. Un moment rare salué par plus d’une minute d’applaudissements ; le public d’Idir est conquis (il est d’ailleurs étrange de constater que le flamenco et la musique kabyle drainent un public si différent alors que ces deux genres présentent tant de similitudes). Le brouhaha ahurissant, révélateur du désintérêt de la foule, dans lequel Juan Carmona a débuté le concert a désormais laissé la place au silence et à l’admiration. Les sept musiciens forcent le respect.

Il n’y avait pas de meilleure entrée possible pour l’orchestre philharmonique de Toulon. Malheureusement, celui-ci ne s’est pas montré à la hauteur de l’événement. La lourdeur fade car trop formelle de l’ensemble a totalement écrasée la finesse expressive du groupe de Juan Carmona. La simplicité, la fragilité du flamenco, s’accommodent très mal à ce genre de fastes. La longue standing ovation prouva cependant que cette expérience lisse glissa sur la mémoire de l’auditoire bien décidé à ne retenir de cette soirée que le meilleur. Juan Carmona y su grupo, une révélation, à la fois forte et subtile : grandiose !

Dans une toute autre veine, Idir, très attendu, a également offert une prestation de qualité. Ce porte-parole kabyle de France a alternativement ému et fait danser un public bigarré qui connaissait la plupart de ses chansons par cœur. Son rock folklorique algérien est assez mélodique, sa voix chaude et douce. La formation dans laquelle il s’est présenté ce soir (guitare électrique, basse, batterie, claviers, flûte traditionnelle, derbouka et lui à la guitare électroacoustique) lui permet de développer un genre dansant, populaire, dans un style personnel très original bien loin de ce que l’on connaît de la musique algérienne en France, au risque de sombrer parfois dans une variété un peu légère.

Mais c’est l’homme, son discours, qui nous aura le plus touché. Entre chaque thème, Idir prend le temps d’expliquer, de communiquer, il "met en morale" sa chanson, comme pour planter le décor. Ses manifestes simples, vrais, extrêmement politisés frappent d’honnêteté. Idir se révèle extrêmement tolérant, ouvert sur le monde, toujours prêt à aller à la rencontre de l’autre. Ses paroles, métaphoriques, souvent poétiques, donnent une image positive de l’Algérie, ou plutôt des Algériens. En véritable ambassadeur non pas de son pays mais de sa culture, il détourne les « clichés des médias » pour donner sa vision des choses, résolument optimiste. Ces textes, plus longs que les parties instrumentales, confèrent à la musique quelque chose de particulier, une saveur de partage des cultures, d’empathie bienveillante dans la différence.

L’auditoire est visiblement affecté, en phase avec son maître à penser. On brade souvent l’expression de "communion avec le public" au profit d’un effet journalistique, elle prend ici toute sa valeur.

Les hommages se succédèrent, aussi vibrants les uns que les autres, pour laisser place peu à peu à une partie plus festive du répertoire d’Idir où chacun a pu se laisser aller à la danse.

La musique "terre d’accueil" de ce grand Monsieur caractérise pleinement le genre trop souvent fourre-tout des musiques du monde : elle puise dans ses racines pour s’ouvrir aux autres. En cela, elle est universelle.

Sites officiels : - Juan Carmona : www.juancarmona.com - Idir : www.idir-identites.com

 
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Semaine du Lundi 28.07.2003

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