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Vincent Delerm (Tôt ou Tard)

Vincent Delerm (Tôt ou Tard)

Maud - Bonjour Vincent, vous avez répondu à combien d’interview aujourd’hui ?

Vincent Delerm - Pour l’instant ça va, ça n’est que la deuxième aujourd’hui.


Maud - J’étais au Kremlin Bicêtre la semaine dernière où vous vous produisiez dans le cadre du festival de Marne. J’ai été étonnée par la composition de votre public avant l’ouverture des portes. Selon vous, qui va à un concert de Vincent Delerm ?

Vincent - C’est très délicat de définir ce genre de choses car on me parle souvent du fait que je dois toucher les 25/35 ans mais en même temps je suis toujours marqué par le fait qu’à la fin des concerts il y a des gens de cinquante ans qui viennent me parler, qui ne se sentent pas du tout exclus de cet univers qui est pourtant assez universitaire dans mes chansons. Mais je n’ai pas tellement envie d’essayer de définir mon public par des mots car ça réduit un peu ce qu’il est je trouve.

Maud - Selon vous, vous plaisez aux filles ? Vous avez peur d’une « Delermania » ?

Vincent - Non car c’est un créneau de chansons qui ne favorise pas ça. Il n’y a pas de cris pendant les concerts, on impose de faire tous les spectacles assis. Non, je ne suis pas du tout inquiet de ça.

Maud - A l’occasion du festival de Marne j’ai découvert Jeanne Cherhal qui vous précédait sur scène. Je sais que vous avez fait plusieurs concerts tous les deux. Comment avez vous rencontré cette artiste espiègle ?

Vincent - À la base c’est une alliance créée par la maison de disques et le tourneur car nous travaillons avec les mêmes gens donc ils nous ont proposé de faire un spectacle ensemble au mois de mai dernier à l’Européen. Ca nous a permis de durer un mois, ce qui est bien car nous étions tous les deux en premier album et normalement c’est très compliqué de réserver un endroit aussi grand (NDR : L’Européen) aussi longtemps. Là, le fait d’avoir deux artistes ça a interloqué les gens, ça les a fait venir. C’était une bonne idée car nous sommes tous deux dans le piano/voix mais nos univers musicaux sont tout de même très différents.

Maud - C’est marrant car on vous imagine pratiquement copains de fac.

Vincent - Non, non. Elle a deux ans de moins que moi en plus mais bon, j’aurais pu redoubler !

Maud - Quels sont vos projets immédiats ? Vous avez écrit de nouveaux textes pour un prochain album ?

Vincent - Le projet immédiat c’est vraiment la tournée car on est parti jusqu’à fin juillet là, donc ça fait assez loin. Il y a des chansons qui apparaissent au fur et à mesure et avec la tournée j’ai la chance de pouvoir les tester sur scène. En revanche, pour tout ce qui est arrangements musicaux du futur album, ça se fera plutôt à l’automne prochain.

Maud - Ca vous fait pas un peu bizarre d’être entré dans le « star system » ? Avez-vous encore le temps de vivre tous ces petits moments anodins de la vie qui sont la matière première de vos chansons ?

Vincent - Les concerts sont très éloignés du « star system » en fait car on va jouer partout en France, dans des petits théâtres, on arrive tôt dans l’après-midi pour avoir le temps de faire des entretiens avant de faire les balances et après on garde du temps à partir de 17H pour visiter les villes où on est. Après on fait un spectacle en piano/voix et ensuite on en profite pour discuter avec les gens qui étaient là. C’est pas très show-biz vu de l’intérieur comme fonctionnement. Ensuite quand je suis à Paris il n’y a pas de soirées. Après Drucker l’autre fois, on est rentrés chez nous et on s’est mis en pyjamas !

Maud - Vous envisagez de rédiger des textes militants ? Parce que j’imagine que vous avez une opinion politique, des préoccupations,…Vous avez envie de vous servir de la chanson pour donner des pistes aux jeunes ?

Vincent - Des pistes et du militantisme oui, mais alors pas du tout politique. C’est quelque chose qui ne m’a jamais intéressé. J’ai des opinions mais à travers mes chansons je recherche l’esthétique de l’existence et pour moi la politique est tellement inesthétique ! Il n’en est pas question deux secondes. Par ailleurs, je pense que j’ai peu de gens à convaincre dans mon public. Mettons que sur une salle de trois cent personnes il y en ait deux qui ont voté extrême droite, ça serait vraiment très bizarre…

Je ne désire pas faire de textes sur ces thèmes car ce serait vraiment prêcher des convertis. Pour des artistes très très importants qui touchent des millions de gens, c’est différent ; mais à mon échelle, je n’ai pas un statut qui permette de changer les opinions des gens. Par ailleurs je pense que je suis plus utile à démêler les petites choses de la vie qu’en parlant de quelque chose d’abstrait.

Maud - Tout le monde désormais sait que vous êtes le fils de votre père. Les thèmes que vous traitez sont assez proches des siens. Vous lui demandez son avis ou lui fait il de même ? Y a t’il une forme de collaboration entre vous ?

Vincent - Assez tôt j’ai montré mes chansons à mes parents. Ca n’était d’ailleurs pas simple car mes toutes premières chansons parlent de sentiments. Mon père de son côté me montre ses textes et on en parle. On suit ça d’assez près.

Maud - Il n’y a pas de textes qui viennent de sa part pour vos chansons ?

Vincent - Des idées de textes ? Non non. Lui même a écrit des chansons à une époque mais il n’y a pas d’interférences la dedans. Ensuite dans la thématique nous sommes attirés par les mêmes choses à savoir l’intimisme dans la littérature ou dans le cinéma. Donc c’est vrai que ça donne une communauté de pensée. Comme pour tous les deux le postulat de départ est de ne pas parler d’hélicoptères ou de grandes aventures interplanétaires, on se rejoint un peu.

Maud - Je sais que vous êtes un passionné de cinéma. Les trois films cultes que chacun se doit d’avoir vu selon vous ?

Vincent - Oulala ! Moi déjà, je ne pense vraiment pas qu’il y ait des choses que les gens se doivent d’avoir vu ou d’avoir fait. Parce que justement ce qui est intéressant c’est de piocher ce qu’on veut à certains moments. Il est impossible de dire qui va être touché par quoi. Par exemple, quand quelqu’un me dit j’aime cette chanson, je ne peux pas me dire : « Tiens, cette personne est comme ça ! ».

Pour les films, mes préférés c’est pas facile car c’est quelque chose qui change pour moi. Il y aurait sûrement « Ma nuit chez Maud » d ’Eric Rohmer, « Annie Hall » de Woody Allen et puis, allez, il va falloir mettre un Truffaut, on va dire « Domicile Conjugal ». Ce sont des films qui ont compté pour moi, mais en même temps ça peut changer, on a des phases.

Ce qui est marrant c’est deux ans après, d’y repenser, et de se dire à cette époque là j’étais dans ma période Woody Allen, ou alors je me refaisais tous les Beatles. Moi j’étais très fan des Cure quand j’étais plus jeune, maintenant je ne les écoute plus du tout et parfois, je reprends tout en bloc, j’aime bien. C’est intéressant la discothèque, les musiques dont on a besoin à certains moments…

Maud - Justement, en ce moment vous avez besoin de quelle musique ?

Vincent - En ce moment j’écoute les premiers albums de Brigitte Bardot. J’aime bien ça car on a une impression de facilité à son sujet. On a vraiment l’impression qu’elle a passé une demie heure dans le studio, elle a fait deux prises et qu’elle est repartie !

Maud - En chanson internationale vous écoutez quoi ?

Vincent - J’étais très tourné vers des choses un peu mélancoliques vers Nick Drake, The Divine Comedy ou encore Joy Division,… J’ai été très marqué par la cold wave des années 80. Même des choses comme In the nursery aussi mais bon, c’était un peu too much !

Maud - Et le livre que vous prêteriez à vos amis ?

Vincent - Ca serait un livre que j’aime pas alors…Non, je plaisante ! Mais c’est Léautaud je crois qui disait à propos d’un bouquin qu’il aimait tellement qu’à chaque fois qu’il le voyait en vente quelque part il l’achetait pour qu’il ne tombe pas entre les mains de gens autres que lui. Non, pour en revenir à la question il y a effectivement des livres qu’on conseille beaucoup. C’est en général des Stephane Zweig ou « Lettres à un jeune poète » de Rilke…

Y’a une série de bouquins que j’ai l’impression tout le monde se prête ! En ce qui me concerne, j’étais très fan d’un écrivain anglais, Alain De Botton, qui a fait un livre sous forme de portrait d’une jeune fille anglaise. Il en fait une biographie comme si elle était un grand personnage historique et en fait il parle de sa copine. Ca correspond à peu près à ce que j’aime bien faire en général : trouver un sujet dérisoire ou tout du moins important que pour moi et faire comme s’il était important pour tout le monde.

En ce moment je lis « carton jaune », un livre anglais. C’est très foot ! C’est intéressant de voir comment les anglais arrivent à intellectualiser certains thèmes, notamment le foot. En France c’est vraiment de la sous culture le foot, c’est vu comme bière-pizza-télé.

Maud - Vos textes traitent beaucoup du quartier latin. Vous avez une adresse qui serait une sorte de QG là-bas ou dans un autre quartier ?

Vincent - Non, j’ai pas de QG. J’allais souvent au jardin des plantes, à la ménagerie. Mon QG c’est vraiment Rouen. Mon appartement est à Rouen et dès que j’ai le temps, j’y vais.

Maud - Et justement vous avez le temps d’y aller souvent ?

Vincent - Là en ce moment pas trop car c’est vrai qu’il y a beaucoup de dates mais dès que je peux, oui j’y vais. Et puis c’est curieux car à Paris je suis beaucoup dehors et passe peu de temps dans mon appartement et à Rouen c’est l’inverse. Je passe des journées entières à ne pas sortir. Il y a une forme de lenteur, de mélancolie, de tristesse, de pluie permanente…J’adore ça pour avoir le temps d’écrire. L’impression d’avoir une journée pour soi avec rien à faire… J’arrive mieux à composer par temps de pluie.

Maud - Qu’est ce qui vous émeut ?

Vincent - J’ai toujours du mal à répondre aux questions comme ça : qu’est ce qui vous énerve, qu’est ce qui vous fait rire, qu’est ce qui vous émeut…C’est difficile de répondre car l’émotion est quelque chose qui arrive justement sans qu’on l’ait trop prévue, sinon c’est plus de l’émotion. Je peux vous dire la dernière chose qui m’ait ému : je suis allé dernièrement faire un concert à Rouen et dans la salle, il y avait d’anciens profs et des amis de longue date. Ca m’a vraiment fait tout drôle mais c’était chouette.

Maud - Vous vous êtes remis de votre rencontre avec Fanny Ardant sur les plateaux de France 2 ?

Vincent - En fait ça été très bien préparé car jusqu’au moment de mon entrée sur scène pour chanter, je ne l’ai pas croisée. Il y a eu des répétitions avant mais nous ne nous étions pas vus. Je trouve que la télé est un média assez voleur d’émotions et en l’occurrence ça a été bien foutu. De plus, pour le coup cette chanson, c’est une chanson que j’ai écrite quand j’étais étudiant, c’était une chanson pour trois personnes à l’origine et ça n’était pas vraiment voué à finir sur un plateau de télé.

Maud - Prêt pour la Cigale ? Comment se préparent ces deux jours de concert ?

Vincent - J’analyse ça comme une chance énorme. J’ai commencé dans des caves de 35 personnes et c’est très mystérieux pour moi de faire des salles beaucoup plus conséquentes, de savoir que c’est complet à l’avance… J’ai un petit peu de stress mais ça n’est vraiment pas ce qui domine. J’ai hâte d’y être mais en fait comme à tous les concerts de la tournée.

Maud - Et justement c’est comment l’ambiance des tournées, c’est vin rouge/saucisson après le concert ?

Vincent - Et bien en fait je mange avant le spectacle car après j’aime bien rencontrer les gens qui sont venus voir le spectacle. Je n’ai pas la mythologie de la chanson qui consiste à refaire le monde chaque soir après le concert une bouteille à la main.

Maud - Il y a une question qu’on ne vous a jamais posée et à laquelle vous aimeriez répondre ?

Vincent - Quand je réponds à des interviews j’attends pas forcément qu’on me pose telle ou telle question pour pouvoir y répondre. Après j’aime bien être étonné par des questions parce que forcément il y en a qui reviennent souvent. Mais non, je n’ai pas de question en tête.

Maud - Et comment vous répondez aux critiques qui pensent que vous allez peut-être avoir du mal à vous renouveler, que vous faites de la musique de bobos ?

Vincent - Je n’ai rien à répondre à ça, c’est vrai, peut être que je ne vais pas me renouveler… De telles questions ont commencé à se poser quand le disque a marché. Dans tous les cas je ne suis pas quelqu’un qui a aimé les chanteurs qui se sont renouvelés le plus ; ca n’est pas quelque chose que j’admire du tout. J’aime les gens qui en ayant une apparence de similitude arrivent à varier les choses.

Maud - Et toutes vos chansons sont très autobiographiques ?

Vincent - En grande majorité ou si elles ne le sont pas, elles correspondent en tous cas à quelque chose qui me touche soit sous une forme d’ironie, soit sous une forme de tendresse que je peux avoir.

Maud - Aujourd’hui on peut vous souhaiter quoi alors ?

Vincent - Je sais pas je suis très content aujourd’hui. Peut être de pouvoir faire de la scène le plus longtemps possible…

Maud - Et bien merci Vincent !

Vincent - Merci !

Vincent Delerm sera en concert à La Cigale les 6 & 7 Novembre…

Merci à Tôt ou Tard…
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Semaine du Lundi 04.11.2002

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