ACCUEIL RECHERCHE JEUX-CONCOURS CONCERTS FORUM CONTACT
Recherche
  Recherche rapide
 
Archives de A à Z
Recherche Avancée...
Catégories
  Variété Internationale Variété/Chanson Française Jazz/Blues/Country Rock/Metal
Groove/Funk
Pop/Disco
Electro/TripHop Techno/Dance HipHop/Ragga/Reggae Soul/R’n’B
Latin/Afro-cubain Traditionnel/Gospel World/Fusion Classique/Contemporain Film/Bande Son Compilation/Multi‑Genre Inclassables...
Communiquer !
 
Inscription à la Newsletter
 
Désinscription
Annonces Concerts
Petites Annonces
Forum
Amb France
  Aide
Contact
Webmaster
Liens
  Artistes
Labels
Radios Online
Resources Musiciens
Sites mp3
Structures
Studios
Webzines
Ajouter un site
Ajouter un studio
Partenaires
  COLUMBIA
EMI
EPIC
F COM
LABELS
NAIVE
PIAS
WAGRAM
WARNER JAZZ
WEA
...
Publicité/Promo
  Devenir Annonceur Opérations Promotionnelles

De l’esclavage au rap : historique du jazz vocal

De l’esclavage au rap : historique du jazz vocal.

Avant d’aborder les festivals de jazz dans les Alpes-Maritimes, une petite révision s’impose… Le jazz est un genre musical tellement vaste qu’il ne serait possible d’énumérer et d’expliquer chaque tendance qui le composent sans sombrer dans un inventaire aussi rébarbatif qu’inutile. Je vous propose donc de prendre comme point de départ les "noires années" de l’histoire des USA, celles de la préhistoire du jazz vocal, pour ensuite survoler les différents courants musicaux qui en découlent.

Les prémices du jazz sont sombres, c’est le terme, avec l’esclavage et la traite des Noirs déportés principalement aux Etats-Unis pour servir de main d’œuvre dans les champs. S’en suit la dispersion des ethnies ainsi qu’un véritable génocide culturel : interdiction de parler sa langue natale, de pratiquer son culte, de perpétuer les traditions, etc. D’ailleurs, tous les objets africains, instruments de musique y compris, seront confisqués et détruits. Cependant, les coutumes perdurent dans une clandestinité presque subliminale et la musique des esclaves conserve cette consonance africaine. Sa première émanation réside dans les work songs (chants de travail) et les field hollers (cris rythmés dans les champs). Très vite, ces chants se retrouveront au sein des églises noires pour donner naissance à deux nouveaux courants sacrés : le Spiritual, que l’on taxera, racisme oblige, de Negro spiritual (d’ailleurs ce terme est toujours employé de nos jours, ne m’en veuillez pas si je ne l’utilise pas !), et le Gospel. Les chants sont ponctués d’une danse frénétique et de cris directement issus du folklore africain, amenant les participants à un état de transe individuelle puis collective.

C’est probablement aussi vers cette époque que naît le blues, et il est étonnant de constater que le mouvement le plus authentiquement noir-américain se soit répandu en s’intégrant à la tradition blanche la plus raciste qui soit, celle du minstrel show (le spectacle des ménestrels), sorte de théâtre ambulant où de pseudo-comédiens blancs grimés de cirage singeaient la vie des Noirs dans les plantations du sud.


Entre ces genres divers il existe certains points fondamentaux qui formeront l’essence même du jazz dans les années à venir : l’utilisation des blue notes (altérations mélodiques infimes) et celle, de manière très frustre, de la syncope (accentuation rythmique des temps faibles).

Cela va se généraliser et se systématiser dans le ragtime, première musique universellement populaire jouée par les Américains noirs depuis leur affranchissement en 1865. Ses interprètes sont généralement des pianistes accomplis de formation plus ou moins classico-européenne (ex : Scott JOPLIN, Jelly Roll MORTON). Ils laisseront de nombreuses traces écrites et influeront les grands compositeurs du début du siècle dernier (Debussy, Satie, Stavinski, Ravel). Mais ce n’est ni du chant (premier courant musical influent non-chanté aux Etats-Unis) ni du jazz puisqu’il n’y a aucune place laissée à l’improvisation !

L’histoire du jazz débuta donc le 26 février 1917, date à laquelle l’Original Dixieland Jazz Band enregistre la première piste de jazz, elle non plus sans partie chantée, rejetant dans la pénombre tout ce qui précéda.

Désormais, l’histoire du jazz sera celle de ses disques, trace érigée en tant que preuve d’un moment "irreproduisible" (NDLR : voir article « Le jazz est-il réservé à une élite ? »).

Le jazz vocal connaîtra une évolution relativement indépendante de celle du jazz instrumental, bien que les deux progressions ne puissent être totalement isolées.

Nous avons vus que les work songs ont donné naissance au Spiritual et au Gospel. L’influence de la musique sacrée sera primordiale pour la suite, notamment, et c’est assez paradoxal, avec la genèse de la musique profane dont Billie HOLIDAY et Ella FITZGERALD restent les emblématiques représentantes. Elles auront élevées le scat (technique de chant à base d’onomatopées inventé par ARMSTRONG un lendemain de cuite alors qu’il avait oublié toutes les paroles de son répertoire !) au rang d’art suprême.

Les hommes se tourneront plutôt vers un rôle d’entertainer, associant musique, danse et spectacle comique (ex : Cab CALLOWAY) ou de crooner, les célèbres chanteurs de charme des radios des années 40 (ex : Nat King COLE, Franck SINATRA…).

Mais la plus profane des musiques profanes fût, malheureusement pour les saintes Mahalia JACKSON ou Sister Rosetta THARPE, la soul music dont la simple évocation des noms de Ray CHARLES, Aretha FRANKLIN ou James BROWN me dispensera d’analyses futiles.

Dans les années 70, La soul éclate en trois mouvements distincts : le R&B (Rhythm and Blues) qui n’est que de la soul additionnée d’instruments électroniques (ex : Stevie WONDER), le disco (sans commentaire) et le funk. Ce dernier mouvement fût une réaction radicale et agressive aux dérives commerciales des deux courants énoncés précédemment. Son influence sur le jazz contemporain est considérable.

Pourtant, sa durée de vie dans ce qu’il avait de plus riche et productif ne dura qu’une dizaine d’années tout au plus, puisqu’il fût "récupéré" par l’industrie mercantile et dans le même temps délaissé par les puristes qui lui préférèrent une forme musicale plus primitive et inventive issue des ghettos : le rap.

Nous pouvons affirmer que le rap fait partie de l’univers jazz du moment qu’il émane d’une véritable recherche improvisée, à la fois instrumentale et vocale, ce qui fut le cas à ses débuts. C’était le temps du scratch, des sound-systems, des DJs (au sens noble du terme), des joutes verbales qui versifiaient l’argot de rue, essence même de la culture afro-américaine et que l’on appelait le "jive" durant la première moitié du siècle.

La soul (et plus tard le R&B) sera quant à elle la source d’influence majeure de certains musiciens blancs fougueux qui prendront à leur compte le style criard et profondément binaire d’artistes noirs de l’époque. On abandonne le piano pour la guitare électrique, on édulcore la musique dans le but de la radiodiffuser, un coup de baguette magique du King … et hop ! …le rock est né ! De la culture jazz, le rock conservera ses grands rushs d’improvisation lors des concerts.

Il est à noter que le but de cette rétrospective n’est en aucun cas d’essayer de démontrer une quelconque supériorité du jazz envers les autres courants musicaux. Certes, le jazz reste le genre parent de bon nombre de tendances contemporaines, mais celles-ci ne sauraient être la simple résultante d’un progrès jazzistique annoncé, ce serait faire injure aux autres musiciens que d’affirmer de telles sottises. De plus, si le jazz a été l’instigateur de ces courants, ces derniers se sont ensuite affranchis pour évoluer indépendamment et, en juste retour, influencer le jazz contemporain. Nous l’avons vu avec le funk, ce fut également le cas avec le rock et, aujourd’hui, le rap et les musiques électroniques deviennent le moteur, la grande perspective évolutive du jazz de demain.

Le jazz ne s’oppose pas aux autres genres musicaux, il les rassemble.

Merci à Gérald ARNAUD et Jacques CHESNEL pour la richesse de leur ouvrage « Les grands créateurs de jazz » (Bordas).

 
Si vous souhaitez réagir à cet article, cliquez ici !

Semaine du Lundi 26.05.2003

Avertissement | Partenaires | Recrutement | Contact | Confidentialité des Données Personnelles
1999 - 2017 © Amb France Music - GROUP. IMAGES 2. Tous droits réservés