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Le meilleur du Rock Progressif (part 1)

Le meilleur du Rock Progressif (part 1)
Peter Hammill : Clutch / Fish : Fellini Nights
(Musea)

Voici deux albums et deux personnalités aux richesses émotionnelle et musicale peu communes. Peter Hammill (ex Van Der Graaf Generator) fait même figure de père spirituel revendiqué pour Fish (ex Marillion). Ces deux chanteurs et musiciens complets affichent bien d’autres points communs. Figures incontournables du progressif d’outre-Manche, ils distillent, chacun à leur façon, une œuvre libre et profondément personnelle, marquée par l’intelligence, un talent de composition affirmé, le goût du hors piste et de l’expérimentation, la théâtralité, la poésie, l’exigence artistique.

Il faut aussi louer leur exigence d’indépendance : tous deux ont fini par créer leur label. Ajoutons une certaine communauté d’esprit et de voix avec Peter Gabriel et… jusqu’à leur distributeur français, Musea.


Un peu d’Histoire (oui, avec une majuscule). Peter Hammill créé Van Der Graaf Generator en 1967, à Manchester. Ce quatuor hors-normes (chant, batterie, orgue et saxo !) développe une musique complexe, expérimentale, aux structures peu évidentes (quand elles apparaissent), non sans influence du free-jazz. Cela ne vous rappelle rien? Bingo: King Crimson, qui déboule à peu près à la même époque (leur premier et totalement mythique album, In The Court Of The Crimson King, est paru en 1969). Robert Fripp, azimuté en chef de King Crimson, tape même l’incruste sur des albums de Van Der Graaf Generator. Qui tourne un temps avec le groupe d’un ami de Peter Hammill… le Genesis de Peter Gabriel. En parallèle à la carrière remarqué, quoique chaotique, de Van Der Graaf Generator, Hammill sort ses albums solos (Fool’s mate, dès 1971). Il continue après la dégénérescence de la formation, en 1977. Synthés, collages, il touche à tout et son influence se fera sentir sur la new-wave anglaise. Hammill poursuit son bonhomme de chemin et finit par créer son propre label, Fie, à la fin des 80’s.

Une leçon d’expressivité

Aujourd’hui âgé de 54 ans, le voilà fort d’une discographie qui doit tourner autour des quarante albums, sans rogner sur le talent (spéciale dédicace à Guns’n’Roses…). Hammill reste capable de travailler dans la complexité ou de créer l’émotion, par la simple poésie de sa voix reposant sur un piano ou une guitare sèche. C’est d’ailleurs plutôt l’option simplicité qui guide ce très beau Clutch.

Voici une leçon d’expressivité, à l’opposé de tout le sentimentalisme larmoyant ou froid, car dénué de sincérité, qui se déverse à jets continus dans nos oreilles karcherisées par la pression de la hautaine médiocrité musicale des têtes de gondoles. En cela aussi, Clutch fait beaucoup de bien. Certes, qu’il existe encore des artistes intègres et complets, on n’en doute pas. Mais plus la chiasse ambiante se fait oppressante, plus on prend plaisir à se laisser envahir par l’originalité, la sensibilité et la résistance face au compromis.

L’album démarre sur We are written et une tonalité de chant un rien folk. Voix, guitare, refrain : simplicité et pureté avant tout. Ce titre s’insinue, comme s’il vous invitait à regarder en vous-même, à accepter une vérité.

Les 70’s ne sont jamais loin : on peut évoquer, au fil de l’écoute, Jethro Tull (la flûte de This is the fall), Mike Oldfield, Pink Floyd (le saxo de The ice hotel), ou même Bowie, en moins grandiloquent. Hammill démontre ses capacités vocales, passant d’une voix au coin du feu à une tessiture très coulante, ou moutonneuse comme une lande balayée de vent. Il relève sa musique de quelques effets, d’un léger et court doublement du chant par une voix féminine (Barenuckle trade).

Sans esbrouffe, Hammill atteint à une intensité dramatique (Once you called me). Comme au théâtre, lorsqu’on ne sait plus si l’acteur n’est pas passé de l’interprétation à la fusion avec son personnage. Au final, trois quarts d’heure où la voix et la guitare acoustique charpentent des chansons simples mais touchantes. N’importe quel amoureux de musique vraie ne peut qu’être sensible, au moins, à cet album emprunt d’une certaine sagesse…

... Que Fish n’a pas encore tout à fait trouvée. En témoigne ce nouvel enregistrement en public, dont la seule faiblesse pourrait être de vouloir déployer tous les talents, de vouloir exalter, bien que l’Ecossais sache recourir, par moment, à cette qualité de dénuement musical qui accompagne au mieux la mise à nu de l’expression intime.

Un navire en or

Résumé de l’affaire pour ceux qui sont partis en randonnée sur Vénus dans les années 80. Fish, Derek Dick de son véritable patronyme, 45 ans ce 25 avril 2003, intègre Marillion au tout début de la décennie. Fondé notamment par Mick Pointer (qui rejoignit plus tard Arena, dont on vous entretenait ici même il y a peu), Marillion est le groupe phare du renouveau du rock progressif anglais, appelé donc le néo-prog.

Son plus grand succès -commercial, s’entend- est Kayleigh, n°2 dans les charts anglais en 1985. Bizarrement, son public le plus fidèle vient… du hard-rock. Fish, doté d’une très forte personnalité sur scène, où il apparaît souvent costumé, quitte le navire en 1987, après Clutching At Straws. Pas que le groupe prenne l’eau: tous ses albums sont disque d’or et continueront de l’être jusqu’en 1995!

Tandis que Marillion recrute Steve Hogarth, Fish entame avec brio sa carrière solo par Vigil In A Wilderness Of Mirrors, n°5 en Grande-Bretagne et plutôt bien accueilli par la critique. Mais il paie cher sa volonté d’indépendance financière et artistique. Il créé son propre label en 1993 et en est vite réduit à jouer ses derniers deniers sur la réussite de ses sorties. Une des raisons, d’ailleurs, qui motivent ses nombreux lives.

Les choses finissent pas s’arranger à la fin des années 90. Pour Sunsets On Empire (1997), il collabore avec une autre figure du prog’-rock, Steve Wilson, de Porcupine Tree, auteur fin 2002 d’un In Absentia très applaudi mais également producteur du dernier Opeth, magnifique dans le genre métal hargneux et sophistiqué.

Raingods with zippos (1999) est un chat sauvage prog’-rock qui finit par ronronner pop à force d’écoutes. Naissent enfin Fellini Days et son petit frère, ce Fellini Nights, qui prouve une fois de plus l’étonnante capacité du bonhomme à créer son univers.

Quand retentit l’ordre «Motore!», ça tourne pour 1h31! Une vraie durée de film. L’hommage au cinéaste transalpin souligne, bien sûr, le côté cinématographique et, on y revient, théâtral de l’œuvre de Fish -on pourrait même aller plus loin en évoquant le cirque. Généreuse, baroque, rêveuse, fantasmatique, onirique, ironique: les parallèles avec la démarche fellinienne (pour mémoire : La Strada, La Dolce Vita, Le Satyricon, Amarcord, Intervista…) ne manquent pas.

Les claviers pour aplanir les guitares

Il s’agit toutefois bien ici de rock. Progressif et un tantinet folk, mais rock quand même. La voix déclamative de Fish, même si reconnaissable entre mille, n’est cependant pas sans ressemblance avec celle de Peter Gabriel -encore lui! Sa propension à travailler les détails, à proposer plus que de simples morceaux, l’en rapproche également. Mais comme on ne se refait jamais totalement, Fish reste dans un registre plus agressif que Gabriel.

La voix est mixée très en avant. Un poil trop, si l’on considère que Fish ne possède pas une étendue phénoménale, surtout dans les aigus. Les claviers sont souvent présents tout au long des morceaux, aplanissant l’agressivité passagère des guitare ou de la batterie. Pour vous faire une idée, jetez une oreille sur Tumbledown, tiré de Raingods with Zippos : intro très fluide au piano (oui, enfin, synthé au son de…), puis qui prend de l’énergie. La guitare attaque d’entrée le thème très rythmique et, enfin, Fish vient "proclamer", avec l’originalité d’enchaîner deux refrains (ou perçus comme tels) après le couplet.

Ce live évite le piège des passages instrumentaux à rallonge, démonstratifs et casse-pieds, qui en rebutent beaucoup dans le prog’. Le public soutien amicalement la formation entre les morceaux. Enfin, et cela est significatif, Fish présente à plusieurs reprises et fait applaudir ses musiciens. Avant de se finir a cappella sur Flower Of Scotland.

Les amateurs de Marillion qui ont lâché l’affaire Fish, lors de son départ en solo, s’offriront là une séance de rattrapage bienvenue et pleine de plaisir. Les béotiens, comme pour Hammill, peuvent ouvrir leurs oreilles, esprit et cœur avec bienveillance à ce musicien, attachant comme le lait pur au fond de la casserole chaude.

Liens Peter Hammill :


www.peterhammill.com (officiel)
www.sofasound.com (agréé)

Liens Fish :


www.the-company.com (officiel)
perso.wanadoo.fr/fish.tcf/index.htm (fan club français)

PS 1 : Puisqu’avec Fellini, ça ne va pas être possible, on peut se prendre à rêver d’une collaboration entre Fish et un autre cinéaste. Faudra en toucher deux mots à son compatriote Peter Mullan (un des acteurs fétiches de Ken Loach, réalisateur du formidable et réjouissant Orphans puis, tout récemment, du liondorisé vénitien The Magdalene Sisters, plus classique mais émouvant).

PS 2 : Un nouvel album de Fish devrait sortir cette année, ainsi que deux DVD live, qui viennent s’ajouter au DVD Kettle Of Fish (Chocolate Frog / Musea) rassemblant ses clips.
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Semaine du Lundi 05.05.2003

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