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Musique payante sur l’internet : chronique d’un caffouillage monumental (3ème partie)

Musique payante sur l’internet : chronique d’un caffouillage monumental
(Troisième et dernière partie)

L’industrie du disque n’avait pas une seconde envisagé que les fichiers musicaux étaient, avant tout, des fichiers informatiques comme les autres, et qu’à ce titre, ils pourraient transiter via des interfaces P2P non exclusivement musicales… Impossible de forcer la fermeture des logiciels et serveurs P2P généralistes, car l’échange de fichiers et l’accès à l’information font partie des libertés individuelles fondamentales dans les constitutions qui régissent nos démocraties. Il se niche bel et bien là, le cafouillage, car, contrairement au monde du logiciel et à ses authentiques pirates informatiques, le monde de l’industrie phonographique a à faire à… Monsieur et Madame Tout-le-Monde…

Attentes et désillusions…

Quelque chose a manifestement échappé aux décideurs des maisons de disques quant aux attentes des consommateurs. Mais quoi donc ? Il serait faux de placer cette attente sur le seul terrain financier : Napster a connu ses heures de gloire alors que peu d’internautes dans le monde avaient accès à l’internet par des connexions rapides et permanentes. Les heures passées à charger des fichiers mp3 transparaissaient ainsi sur la facture téléphonique (tout du moins pour les utilisateurs européens qui, contrairement aux utilisateurs d’Amérique du Nord, paient les communications locales). Non, le problème est (en partie) ailleurs.


L’une des causes principales (comme évoqué dans le chapitre Napster : la bête à abattre dans la deuxième partie de ce dossier) tient à un fait simple : la plupart des fichiers téléchargés font partie d’un album que le consommateur n’aurait de toute façon jamais acheté en dur. La corrélation entre le développement du P2P et la chute des ventes de disques n’a donc pas nécessairement la signification que les majors veulent laisser entendre : le chargement ne s’est pas révélé catastrophique pour les ventes parce qu’il évite aux gens d’acheter des disques, mais plus vraisemblablement parce qu’il a résorbé la fraction des personnes qui achètent un album complet pour un ou deux titre seulement qui leur plaisent véritablement (le meilleur exemple à donner serait celui des ballades « radio » que produisent souvent les groupes de hard rock pour toucher un public plus large).

Le fait de télécharger devient totalement logique à ce stade, car un CD 2 titres vaut en moyenne 6 € contre 18 € pour un album complet qui contient en moyenne 12 titres : un CD 2 titres n’est pas vraiment rentable pour le consommateur (le titre revient plus cher), et ne parlons même pas du cas où les deux titres en question ne sont pas ceux qu’il recherche !

Première parade que les maisons de disques n’ont pas mise en œuvre, tout simplement parce qu’elles n’ont pas vu (ou ont refusé de voir) que l’acheteur de musique tient de plus en plus à avoir ce qu’il veut et rien que ce qu’il veut : proposer la vente de tous les titres d’un même album séparément, à un prix unitaire qui ne soit pas plus élevé que le prix calculé par rapport au coût de l’album. Les choses évoluent, certes, mais bien trop tard…

Autre point très épineux : les pourcentages. Le public, sans savoir exactement quels ils sont, n’est pourtant pas dupe. Il sait pertinemment que la part de l’artiste sur chaque disque vendu est dérisoire. Dans son ensemble, il est prêt à payer systématiquement la musique qu’il consomme, mais par respect pour l’artiste et non pour enrichir sa production ou le réseau de distribution…

L’essor des connexions à haut débit comme l’ADSL, les majors auraient dû également l’anticiper, en mettant très rapidement en place leurs plateformes de « musique à la demande » pour concurrencer (eh oui, le terme est lâché !) les logiciels de P2P, tout en les combattant (voire au lieu de les combattre, de manière aussi acharnée et grandiloquente, ce qui ne les a pas rendues très populaires auprès des consommateurs). Au lieu de ça, c’est seulement depuis fin 2001 que les diverses interfaces payantes se sont mises en place… C’est la deuxième parade que l’industrie phonographique a manquée, en ne considérant pas le P2P comme un véritable concurrent mais simplement comme un ignoble pirate à occire coûte que coûte…

C'est pas gagné…

Depuis 2001, les choses semblent évoluer un peu : Sony Music et Vivendi Universal, affiliés à MSN et Yahoo ont mis en place Pressplay , alors que de leur côté, AOL-Time Warner, EMI et Bertelsmann, associés à Real Networks, on mis sur pied Musicnet.

Mais là encore, que de cafouillages ! Problèmes d’accords de licences, rivalités, VirginMega (le service de Virgin) qui n’arrive pas à rentrer dans la danse et ne parvient à signer qu’avec deux indépendants (Wagram et Naïve), Pressplay et Musicnet qui tombent plus ou moins sous le coup de la loi antitrust américaine, la RIAA qui perd le procès que lui intente Kazaa pour avoir fait pression sur ses membres (les majors) et empêché l’aboutissement des négociations lancées par Kazaa quant à la mise en place d’une solution d’abonnement payant (l’action en justice de Kazaa portait sur l'utilisation abusive de la protection des droits d'auteur pratiquée par les maisons de disques ce qui touche de près la violation de la loi anti-trust par les majors sur le marché de la musique en ligne ; la RIAA a fait appel, ce qui ne surprendra personne…), les sociétés de perception des droits d’auteurs qui se mettent à dos les FAI en suggérant vindicativement une taxe dont ces derniers seraient la cible, etc. Du coup, le service OD2, co-fondé par le chanteur Peter Gabriel, tire son épingle du jeu, étend son offre de musique en ligne (distribuée grâce à sa plate-forme WebAudioNet, à disposition des portails) et fait la nique aux majors ! Dernier aveu tacite de tous ces à-peu-près et de ces ratages : Pressplay (qui malgré une base de titres fournie ne décolle pas) vient d’être racheté par Roxio (éditeur du célèbre Easy CD Creator), qui entend le rebaptiser… Napster !

Pour faire court : « c’est pas gagné » pour les majors. Les habitudes sont prises de recourir au peer to peer, à leur détriment. Les lois de protection des libertés et de la vie privée ainsi que les associations de consommateurs les empêchent (et heureusement !) de dicter leurs volontés en bloquant la libre circulation de l’information ou en exigeant des taxes supplémentaires inadmissibles pour le consommateur.

Reste à voir si les décideurs comprendront (enfin !) ce fait simple : ce n’est pas en tapant sur la tête des gens qu’on s’en fait des clients (sauf pour la mafia). C’est surtout en répondant à leurs attentes. Mieux : en les devançant. Et surtout, en évitant de jouer les Goliath, en évitant les épreuves de forces. Parce qu’à la longue, c’est toujours David qui gagne…
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Semaine du Lundi 30.06.2003

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