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Sin Palabras / Jamaïca All Stars

Sin Palabras / Jamaïca All Stars

Samedi 12 juillet 2003


Nuits du Sud - Vence (06)

Les Caraïbes étaient à l’honneur lors de la deuxième soirée des Nuits du Sud. Les cubains de Sin Palabras, mélange d’électro et de musique traditionnelle, ont précédé les vieilles gloires jamaïcaines dans un show bien rodé retraçant une grande partie de l’histoire de la musique de leur île.


C’est désormais une habitude à Vence, les premières parties de soirée sont réservées à des groupes prometteurs ou peu médiatisés en France. C’est le cas de Sin Palabras, né de la rencontre à la Havane d’un DJ français, Jean-Claude Gué, et d’un prestigieux percussionniste cubain, Eduardo Lazaga (un ancien de la Charangua Habanera). Composé de cinq musiciens, tous percussionnistes ou chanteurs, le groupe innove et étonne en mêlant des chants Yorubas et des rythmes cubains à de la musique électronique.

L’idée est bonne mais le résultat reste très décevant. Les boucles mélodiques (toutes préenregistrées puisque seules figurent sur scène des percussions) sont pauvres et deviennent vite redondantes, tandis que les polyrythmies cubaines sont tuées par le martèlement d’un beat électro. Les musiciens devant se caler absolument sur les pistes préenregistrées, aucune place n’est laissée à l’improvisation. Leur créativité étouffée, c’est toute leur musique qui en pâtit en perdant naturel, entrain, joie, et (surtout !) spontanéité : le public n’est pas dupe. Les instruments traditionnels se noient dans l’électronique jusqu’à ce que l’auditeur ne soit plus capable de les différencier, ou même, par moment, de les entendre. Toutes les sonorités restent sur le même plan, rien ne se détache véritablement de cette bouillie électronique qui occulte totalement la valeur individuelle de chaque musicien.

En fait, alors que Sin Palabras présentait sa musique comme un métissage, celle-ci sonne occidental. Rien ne sert de cacher ce constat derrière la nationalité des musiciens ou les ornements rythmiques cubains. Si le rythme de base n’est pas cubain, ce n’est pas de la musique cubaine ! Cela peut paraître idiot de le préciser, mais je crois que c’était nécessaire.

Ce concert n’a été qu’une théâtralisation de leur nouvel album, Km0 (Naïve), alors que Sin Palabras était présenté par certains (Le Monde et Libération) comme un groupe de scène. Pour vous faire une opinion, je vous conseille vivement de privilégier l’écoute de leur disque, très bien accueilli par la critique, à un de leur concert.

Il est regrettable de dresser un tableau si négatif d’une expérience musicale originale. De plus, juger une musique dont la prestation scénique a été à ce point défaillante n’a jamais été chose aisée. Il faut admettre que le résultat final est abouti, travaillé… mais à quel prix ?

Le résultat serait peut-être plus positif si on exportait des DJ prêts à s’investir dans la musique latine plutôt que d’importer des musiciens cubains pour les mouler dans un cadre musical hyper-normatif que leur musique ne saurait supporter. A bon entendeur…

Changement de décor avec l’entrée des Jamaïca All Stars. Quatre légendes de la musique jamaïcaine (John "Dizzy" Moore, Skully "Zoot" Simms, Justin Hinds et Winston "Sparrow" Martin) accompagnés de six jeunes musiciens issus de l’Alpha School, véritable institution et réserve de jeunes talents, pour un groupe formé grâce à un journaliste qui faisait un documentaire sur l’histoire de la musique jamaïcaine. Ca vous rappelle quelque chose peut-être ? Une espèce de Buena Vista Social Club jamaïcain …

Dizzy Moore, le trompettiste, assure la direction musicale des Jamaïca All Stars. Ce fût l’un des fondateurs du groupe mythique des Skatalites (années 50-60) avec lequel Bob Marley a enregistré à ses débuts. Maître à jouer, maître à penser, il demeure un des musiciens les plus influents et respectés de la Jamaïque.

Zoot Simms, percussionniste, chanteur, ancien danseur et non-voyant connaît un parcours similaire à celui de Dizzy. Membre de l’Alpha School, il suivra les préceptes rastas de Count Ossie (un article sur l’influence de la religion rasta sur le reggae paraîtra bientôt sur notre site). Ancien tuteur de Bob Marley, il est connu pour avoir joué aux côtés de tous les grands musiciens jamaïcains.

Justin Hinds, ex chanteur des Dominoes, a traversé tous les styles depuis ses débuts en 1962. Il chante sur la BO du film Rockers et reçoit pour l’ensemble de son œuvre un Honor Award de la part du gouvernement Jamaïcain en 1990. Sparrow Martin est l’actuel directeur de l’Alpha School. Polyvalent, respecté, improvisateur de génie, il assure le chant et la partie batterie.

Tout ce beau monde pour un concert convivial, pur, humble et éminemment festif : un régal. Si le commencement est un peu poussif, Jamaïca "Old" Stars oblige, la suite s’animera très vite. La musique devient légère, sautillante, entraînante, impressionnante de simplicité et de joie. Les danseurs en herbe apprécient.

Si vous croyiez que la musique jamaïcaine ne se résume qu’au très commercial reggae, les Jamaïca All Stars nous ont prouvé le contraire. Le concert fît office d’inventaire historique : on commence par du mento, un style dérivé de la calypso caraïbéenne, avant d’enchaîner par du rock steady, le rock des îles, puis du ska, un genre de reggae accéléré avec beaucoup de cuivres qui, justement, donnera naissance au reggae que les Jamaïca All Stars n’oublieront pas d’interpréter. Quelques passages de ragga chantés par Sparrow Martin et il ne manque plus que le dance hall pour compléter le tableau des principaux genres musicaux jamaïcains de ces soixante dernières années.

Les trois-quatre chanteurs possèdent des voix extraordinaires, très différentes les unes des autres, ce qui permet un renouvellement constant de l’approche de leurs chansons, reprises ou, plus rarement, compositions. Tous les musiciens prennent plaisir à partager ce moment avec le public : les chants sont ponctués de cris, de bruitages, de rires, de sauts et de danses. Une communion exploitée par Skully Simms pour un moment de messe rastafari.

Les musiciens ne sombrent jamais dans la facilité, c’est pourtant ce qui se dégage. Chaque musicien a sa place dans le groupe, aucun ne joue la vedette. Chacun s’exprime dans une entente fraternelle. Les stars ne sont pas mises en avant, elles enrichissent le groupe ; il faut dire que c’est devenu plutôt rare dans la musique, surtout la jamaïcaine assez nostalgique de l’époque de Bob et de ceux qui l’ont connu. Les nombreux chorus de chacun nous aurons permis de remarquer le tromboniste Carron McGibbon, précis, aérien, qui n’utilise pas le glissando avec outrance, preuve d’une certaine maîtrise technique. Le bassiste Adolphus Lewis aura également retenu notre attention dans son dévouement rigoureux au groupe. Mais c’est Skully Simms qui gardera les faveurs du public. D’une aura exceptionnelle du haut de ses soixante-et-onze ans, il a enflammé la scène à plusieurs reprises : danse, percussions, chant, il sait tout faire. Et qui fera oublier la cinquantaine de « Ca vaaaaaa ? ? ? ? ? ? ? ? » qu’il nous adressa durant près d’une heure et demi ? Comme un symbole, il sera d’ailleurs le dernier à quitter la scène.

Rien ne viendra ternir ce concert rondement mené, pas même les approximations au niveau de l’éclairage ou les gros soucis de son qui obligeront par deux fois les Jamaïca All Stars à marquer une pause, aussitôt exploitée en faisant chanter le public.

Après un rappel et une chanson d’Israël Vibration, nous nous dispersons dans la bonne humeur que nous a apporté la musique ensoleillée des Jamaïca All Stars. En tête, le refrain de l’une de leurs chansons : « When you are in Rome, do as Romans do » (Quand tu es à Rome, fais comme les Romains). Partant de ce principe et vue la joie qui se dégageait de la scène, je ne vois vraiment pas comment nous n’aurions pas pu prendre plaisir à assister à ce concert...

Sites officiels : - Sin Palabras : www.sinpalabras.com
- Jamaïca All Stars : www.jamallstars.com

 
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Semaine du Lundi 21.07.2003

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