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Jazz à Juan 2004 ‑ 44ème édition

Jazz à Juan 2004 - 44ème édition

Quarante-quatre ans que la ville d’Antibes Juan-Les-Pins accueille son festival de jazz. Pendant toutes ces années, la légende de la pinède s’est faite à coup de chorus inspirés de riffs assassins, de scats, de prises de risques, de compréhension mutuelle… Pas étonnant que les meilleurs musiciens du moment se bousculent sur cette scène mythique.

Cette édition ne déroge pas à la règle : on trouve les étoiles montantes, valeurs sûres de demain comme E.S.T. ou encore Stacy Kent. On s’agenouille devant les monstres sacrés : Sonny Rollins, Keith Jarrett, Ahmad Jamal. Et on se délecte du reste de la programmation avec, en clou tout fraîchement planté, le All-Stars de la nouvelle génération : Brad Mehldau, Joshua Redman, Larry Grenadier, Ali Jackson en tant que sidemen (si, si !) du nouveau Pat Metheny (il paraît que les comparaisons aident le public à s’y retrouver), j’ai nommé Kurt Rosenwinkel. Sans oublier Raul Paz et Gilberto Gil ambassadeurs de la musique-qui-nous-fait-danser-malgré-nous. Un bravo particulier à Stéfan Patry, organiste antibois, remplaçant de Jimmy Smith au pied levé qui n’a pas démérité face aux autres têtes d’affiche. Tous ont démontré un grand talent sur scène, maîtrisant cette dernière aussi bien que leur instrument. Certaines soirées furent pourtant plus mémorables que d’autres. Tout cela n’est qu’une histoire de goût, mais n’est-ce pas toujours le cas en musique, que l’on soit simple amateur ou musicologue ?

On commence avec du lourd, du très lourd. Les médisants iront de leur commentaire sarcastique en affirmant que Keith Jarrett sait où passer ses vacances durant le mois de juillet. Heureusement pour le jazz, le public ne s’y trompe pas en se bousculant dans une pinède pleine à craquer. Le dernier souvenir laissé par le génial pianiste n’avait pourtant pas été mémorable. Une prestation sans relief, à la limite du piano bar. Pas de soucis pour le cru 2004, les gens en auront pour leur argent. Comme d’habitude, le trio ne sait pas ce qu’il va jouer avant d’entrer en scène, ce qui leur vaudra quelques faux départs. Keith Jarrett est au mieux de sa forme. Incisif et inspiré, il maltraite ses thèmes, plane sur les grilles, virevolte, jubile. Les ballades n’y changent rien. Tout est prétexte aux improvisations les plus risquées, rappelant ses heures de gloire. Jack Dejohnette prend des risques et fait véritablement vivre la musique. Le moins en forme des trois, Mr. Peacock, assure une prestation tout de même plus qu’honorable. Poussé par ses compères, il plonge dans des chorus chantants au possible, au détriment d’une justesse qui lui a trop fait défaut. On ne saurait trop lui en vouloir, tant la musique produite par le trio était authentique et pleine de sens. On peut donc oublier le concert de l’année dernière sans souci.


On continue avec une légende vivante qui a joué avec les plus grands. Sonny Rollins affectionne particulièrement la scène de Juan : « Je sors peu avant un concert (…) Je n’ai pas le droit de rater un concert à Juan-Les-Pins ». Cette petite phrase inscrite sur le programme officiel du festival en dit long sur l’esprit qui anime le saxophoniste au moment de monter sur scène. Alors que certains, sûrs d’eux-mêmes et de leur talent, distillent leur génie au compte-goutte et regardent la montre au lieu de regarder le public, Sonny Rollins joue, se fait plaisir et dépense sans compter. Son âge quelque peu avancé aurait pardonné un set un peu court d’une heure et demie. Pas question d’années ici. C’est tout ou rien. On joue ou on rentre à l’hôtel. M. Rollins l’a bien compris et nous a asséné un concert de 3h20. Une expérience qui n’a pas été vécue dans la pinède depuis des années. Tout simplement inoubliable.

On continue dans les légendes avec Ahmad Jamal, LE pianiste. Cet homme vit sa musique, menant ses musiciens à la baguette. C’est très tendu. Pas le droit à l’erreur. Les mises en place sont pointues. Les thèmes sont traités avec le respect qui leur est dû, tantôt caressés, tantôt bousculés. Un swing qui transparaît en filigrane, des harmonies qui semblent arriver de nulle part et une compréhension entre les musiciens qui atteint des sommets. Un vrai régal.

Kurt Rosenwinkel. Inconnu au bataillon tricolore. Un artiste reconnu outre-Atlantique. Pat Metheny et John Scofield pensent de lui qu’il est la relève. Tout cela est bien impressionnant, presque autant que son groupe. Joshua Redman (saxophone), Brad Mehldau (piano), Larry Grenadier (contrebasse) et Ali jackson (batterie). Tous sont capables de jouer en tête d’affiche sans trop de problème. Comment tant de personnalités aussi fortes vont elles pouvoir oublier leur ego pour servir un jeune guitariste. Toutes les compositions jouées lors de ce concert ont été créées par ce jeune new-yorkais. Dès le premier morceau, on comprend pourquoi les éloges pleuvent. Pas de démonstrations gratuites. De toute façon, il n’y en a pas la place. Restent les chorus. Et là, pas de doute, ça envoie. Les harmonies tendues et complexes obligent à s’accrocher, sous peine de rater l’essentiel. Cette musique est un concentré de tout ce que l’on peut dire. Tout n’est heureusement pas dit, mais on sait maintenant à quoi s’attendre.

Ce n’est pas encore cette année que l’on pourra dire de ce festival qu’il est une déception, d’autant plus que la concurrence se diversifie. Au fil des années, Jazz à Juan s’impose comme le seul vrai festival de jazz de la Côte d’Azur. Vivement la prochaine bougie.

Copyrights photos : Yannick Seuret.
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Semaine du Lundi 16.08.2004

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