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Jazz à Juan 2003 ‑ Morceaux choisis (suite)

Jazz à Juan 2003 - Morceaux choisis (suite)

Après des débuts prometteurs, le festival se poursuit sous le soleil et la chaleur écrasante de Juan-les-Pins. La pinède voit défiler son lot de grands noms du jazz et de la musique en général, de Herbie Hancock à Keith Jarrett, en passant par Joshua Redman. Tout le monde espère que de tels patronymes vont convaincre les plus réticents de se déplacer, le contexte social étant peu favorable à l’insouciance. Seconde partie d’un tour d’horizon musical.

Stanley Beckford / Ibrahim Ferrer (dimanche 13 juillet)

"Jamaïca meets Cuba". On ne pouvait pas trouver meilleur sous-titre à une pareille soirée. Stanley Beckford est le moins connu des deux, ce qui ne veut pas dire que son talent est moindre. Ambassadeur du mento, ce musicien frappe par sa décontraction et sa nonchalance. Rien d’étonnant, c’est de cette manière qu’on présente le plus souvent ce style musical originaire de la Jamaïque. On parle également de racines du reggae. On peut rajouter que le mento est au reggae ce que la période New Orleans est au jazz. L’analogie peut même être poussée jusqu’à l’instrumentarium : clarinette et banjo. Pour le reste, rien à dire. Ce Monsieur nous livre une musique vivante qui n’a pas pris une ride et qui pourrait bien en faire rajeunir certains. Un vrai régal.


Soixante-dix ans dans les coulisses, et la moitié lorsqu’il monte sur scène. Ibrahim Ferrer mène son Big Band de main de maître, mais tout en douceur. Ce miraculé découvert il y a quelques années avec le film de Win Wenders ("Buena Vista Social Club") semble rattraper le temps et ses compatriotes. Il ravit surtout une pinède tombée sous le charme de sa musique. Tardive ou non, cette consécration a pris ce soir des airs d’hommage au grand Compay Secundo. Il ne pouvait pas y en avoir de meilleur.

Dorado Schmitt / Les Haricots Rouges (14 juillet)

Qui dit 14 juillet dit sentiment patriotique exacerbé et garde-à-vous pendant le passage de la patrouille de France… Si on n’en arrive (heureusement) pas à ces extrêmes, le festival devient néanmoins chauvin, du moins le temps d’une nuit. Soirée entièrement tricolore qui va d’abord lorgner du côté de la Lorraine avec un brillant guitariste de jazz manouche. Ce concert ne pouvait être autre chose qu’un hommage à Django Reinhardt dont on fête le cinquantenaire de la mort. On a peu profité de l’occasion pour revoir le fils de Dorado, Samson, finaliste malheureux des "Jazz à Juan Révélations 2003". Leur prestation nous a permis de nous souvenir qu’il y avait une alternative à Bireli Lagrène, ce qui n’est pas rien.

Les haricots Rouges, c’est tout un programme. Quarante ans qu’ils nous font partager leur amour du jazz dans sa forme la plus festive, le jazz New Orleans. Plus qu’un concert, c’est un véritable spectacle auquel assiste le public. Un humour omniprésent et une joie de vivre à toute épreuve ont eu raison du spectateur le plus réticent, pour le bonheur de tous.

Joshua Redman / Marcus Miller (15 juillet)

La soirée "Jazz Fusion Giants" présente deux versants du jazz dit contemporain. Joshua Redman est l’exemple type du musicien qui ose. On l’attend du côté d’un jazz consensuel, il déroute tout le monde en s’aventurant vers des sonorités plus difficiles. On le croit perdu dans une musique hermétique et il revient avec des sonorités plus douces et des harmonies plus accessibles. Le concert ne déroge pas à la règle. Venu défendre son dernier album, le saxophoniste parvient à mélanger groove et sonorités électroniques. A l’occasion, il se permet le luxe de prendre place derrière les claviers. Voilà une belle illustration de ce qu’on attend d’un jazzman qui fait vivre sa musique.

Marcus Miller arrive sur scène et c’est malheureusement la pente descendante du jazz qui l’accompagne. On ne parle ni de ses musiciens, ni de ses qualités en tant que musicien (bien que sa réputation de bassiste soit surfaite). On parle de son passé. Et c’est là tout le problème. Marcus Miller est un artistes tourné vers le passé qui ne se rend pas compte que ce dernier l’a rattrapé. L’ensemble tourne en rond, ronronne comme un chat sur un radiateur et on se dit que Marcus Miller fut un jazzman novateur.

Cécile Verny / Herbie Hancock Quartet (mercredi 16 juillet)

« Une étoile est née ». Qui n’a pas entendu une fois dans sa vie cette expression dont on ne capte plus le sens tant elle a été utilisée ? Et c’est pourtant la seule phrase qui vient à l’esprit lorsque Cécile Verny quitte la scène de Juan sous les applaudissements nourris du public. Une chanteuse qui maîtrise sa voix, qui mélange les influences à merveille, qui s’approprie la scène et qui touche à ce point son auditoire ne peut être autre chose qu’une étoile, forcément montante. Entouré d’un trio de caractère qui sait se faire discret quand il le faut, la gagnante des "Révélations 2003" est parvenue à conquérir la Pinède en une heure seulement. Belle réussite qui va, on l’espère, en entraîner d’autres.

C’est le moment que tout le monde attend car c’est incontestablement le point culminant de ce festival. Herbie Hancock est de retour sur la Côte, et ce n’est pas pour rien. Il emmène avec lui de véritables phénomènes : Scott Colley à la contrebasse, Bobby Hutcherson au vibraphone et Terri Lyne Carrington à la batterie. Deux possibilités s’offraient au maître des lieux : s’imposer ou laisser faire. Ceux qui connaissent ne serait-ce qu’un peu le caractère du pianiste connaissent déjà le choix qu’il a opéré. Les quatre personnalités fortes et créatives qui ont joué sur scène ce soir-là ont réussi à synthétiser en un concert des décennies de jazz. Des morceaux usés jusqu’à la corde, des musiciens repoussant sans cesse leurs limites et l’impression que l’instant vécu est magique et unique, telles sont les composantes d’une soirée d’exception. C’est ce à quoi la Pinède a eu droit. Même les arbres s’en souviendront pour un bout de temps.

Keith Jarrett, Gary Peacock, Jack DeJohnette (jeudi 17 juillet)

Que dire sur un tel trio qui n’a pas déjà été analysé, décortiqué ? Rien. Les musiciens ont été à la hauteur de leur réputation, comme l’année dernière. Keith Jarrett est le maître de ce festival. On se plie en quatre pour le satisfaire, on fait venir un piano d’Italie, on lui remet les clés de la ville… Pour ce qui est du concert, reportez-vous à l’article de l’année dernière. Tout était identique, ou presque. Il ne pleuvait pas.

Joe Zawinul Syndicate / Angélique Kidjo (vendredi 18 juillet)

Autre forme de fusion, autres considérations. Si Stanley Beckford revendique une douceur de vivre et une certaine nonchalance, les deux artistes présents ce soir-là sont apparus comme plus impliqués, que ce soit dans l’intransigeance musicale ou dans les revendications politiques et sociales. Joe Zawinul revient sur la scène de Juan avec un Syndicate fraîchement formé, ce qui ne veut pas dire que la sauce ne prend pas. Epaulé par une section rythmique à toute épreuve (Stéphane Gallard et Linley Marthe sont en passe de devenir de très grands noms du jazz rock), le fondateur de Weather Report (il fallait que ce soit précisé) débute un peu brouillon, se cherche. On devine que certains problèmes de son n’y sont pas étrangers. Tout cela réglé, le show débute pour de bon, et on reste scotché sur son siège. Un set aux couleurs du couvre-chef du gardien des lieux sentant bon la chaleur de l’Afrique, pour une heure vingt seulement. C’est court, bien trop court. D’autant plus que les morceaux prennent du temps à s’installer. C’est toujours mieux que rien.

Angélique Kidjo poursuit cette sorte de plaidoyer pour la cause africaine. Ce diamant mélange les genres sans toutefois oublier ses racines. Le concert prend une autre dimension lorsque la chanteuse rend un hommage à Nina Simone avec « My Baby Don’t Care ». Cette soirée, si elle a ravi les spectateurs, a surtout rappelé de le continent africain est un formidable vivier de talents que l’on tend trop à laisser de côté.

E.S.T. / Dee Dee Bridgewater (samedi 19 juillet)

L’Esbjörn Svensson Trio est, avec quelques autres, une des formations les plus à la mode. Elle incorpore des sonorités électro, bouscule les préjugés et apporte un vent nouveau au monde du jazz. Tout l’inverse de la star de la soirée. La chouchou des français est talentueuse, on ne peut le nier. Elle mène son bout de chemin sans trop oser s’aventurer dans des contrées trop lointaines. Peut-on vraiment l’en blâmer ? Raisonnablement pas. Le contraste est cependant trop évident pour ne pas penser qu’elle pourrait prendre plus de risques. On peut toujours se dire que le public de Dee Dee a découvert en première partie une vision nouvelle d’un genre qui ne mourra jamais.

Lucky Peterson / Ike Turner (dimanche 20 juillet)

Comme l’année dernière, le festival se clôt sur une note bluesy. Il est vrai qu’on oublie trop souvent que jazz et blues sont étroitement liés. Les amateurs ont été ravis par un Lucky Peterson en grande forme (comme l’année dernière d’ailleurs). Il a su chauffer le public comme peu en sont capables. Ike Turner a pris le relais sans laisser l’énergie retomber. On regrette une nouvelle fois le manque d’originalité de la programmation. Pourquoi ne pas inviter des jeunes bluesmen tels que Johnny Lang ou Kenny Wayne Sheperd ?

Malgré une programmation quelque peu statique, le festival n’a pas accusé une trop grande baisse de fréquentation. Cela est en grande partie dû aux places à prix réduit accessibles aux étudiants, et non plus aux seuls mineurs. On espère pour l’année prochaine une affiche qui ne s’enferme pas dans une dangereuse routine.

Copyright Photos : Cécile VOTTA.
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Semaine du Lundi 28.07.2003

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