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Jazz à Juan 2002 ‑ 42ème édition (suite)

Jazz à Juan - 42ème édition (suite)

La seconde partie de ce "journal" consacré au festival de jazz d'Antibes Juan-Les-Pins est consacrée aux quatre dernières dates, c'est-à-dire du 20 au 23 juillet. La programmation, qui se veut toujours aussi éclectique, va voir se côtoyer des artistes aussi divers qu'Erik Truffaz, Didier Lockwood ou Lucky Peterson. Trêve de bavardages et place à la musique.

Samedi 20 juillet : Charles Lloyd - Lincoln Center Jazz Orchestra with Wynton Marsalis

Après l'incartade Joe Cocker, le festival revient au jazz par la grande porte. Deux très grands noms partagent l'affiche d'une soirée intitulée à juste titre "Jazz Giants".


Charles Lloyd, saxophoniste de légende, a notamment joué avec Herbie Hancock et a accueilli dans les années soixante un jeune pianiste dans son groupe, Keith Jarrett… C'est pour dire que le musicien connaît son métier. Une formation intimiste vient le soutenir : Geri Allen au piano, Bob Hurst à la contrebasse et Billy Hart à la batterie. Nul besoin toutefois d'être une armada pour livrer une musique de qualité. Ce n'est d'ailleurs pas le saxophoniste qui dira le contraire. Un groupe uni qui se connaît bien, chacun laissant assez de place à l'autre pour qu'il puisse s'exprimer. Le tout donne des morceaux très aérés, ponctués par des chorus inspirés (avec une magnifique Geri Allen se baladant sans complexe entre jazz et classique), et une impression de confiance totale. L'auditeur peut se laisser aller sans craintes. Seul bémol : un set un peu court (un peu plus d'une heure). Monsieur Lloyd n'est plus tout jeune…

Wynton Marsalis, trompettiste surdoué, vient ce soir entouré du Lincoln Center Jazz Orchestra, big band vivant sans doute ses heures de gloire puisqu'il connaît un succès sans précédent. Certains diront que la venue de Marsalis y est pour beaucoup. Si cela est indéniable, on peut ajouter que la qualité des compositions contribue largement à une telle popularité. Alors que la plupart des orchestres se contentent de reprendre des standards, le Lincoln Orchestra présente des titres originaux. Ces derniers brillent autant par la finesse de leurs harmonies que par la qualité des arrangements. On passe d'un jazz New Orleans à une ambiance rappelant la musique contemporaine sans s'en apercevoir. Tantôt émouvant, tantôt drôle et ironique, le big band nous livre durant plus d'une heure et demie une prestation d'une sobriété déconcertante au regard du talent de chacun. Une leçon d'humilité…

Dimanche 21 juillet : Jean-Michel Pilc trio - Erik Truffaz Ladyland Quartet

Les soirs se suivent mais ne se ressemblent pas… Alors que Charles Lloyd et Wynton Marsalis nous avaient présenté un jazz académique (sans connotation péjorative), messieurs Pilc et Truffaz (avec jambe cassée et béquilles) nous emmènent loin, très loin des sentiers battus.

Parler de Jean-Michel Pilc comme d'un pianiste hors normes est à la fois vrai et quelque peu réducteur. Les normes existent bel et bien, mais elles répondent aux désirs du trio. Un monde semblant lorgner du côté du free jazz mais étant cependant très structuré, avec des mises en place réglées au millimètre. Trio proche (d'un point de vue musical comme d'un point de vue scénique) et soudé grâce à une connivence entre le pianiste et ses musiciens (François Moutin à la basse et Ari Hoenig à la batterie) qui crève les yeux, permettant de revisiter les standards et de présenter les compositions avec la même intensité. Tout simplement époustouflant.

Malgré la popularité croissante d'Erik Truffaz, c'est devant une pinède à moitié vide que le trompettiste se produit. Si les absents ont toujours tort, ils ont surtout raté un des moments les plus forts de ce festival. Adepte des silences bien pensés, ce descendant d'un certain Miles s'appuie sur une formation résolument tournée vers l'avenir. Instruments acoustiques (contrebasse et batterie) ou électriques (guitare), tous servent une même cause : la recherche sonore. Philippe Garcia, œuvrant d'habitude au sein de Cosmik Connection, manie aussi bien les sampleurs et l'hygiaphone que sa batterie, Michel Benita (b) et Manu Codjia (g) jouent avec les effets, triturent les sons, s'approprient les machines comme si, elles aussi, possédaient un côté organique, voire une âme. Si l'on ajoute à tout cela la voix de Mounir Troudi, on obtient une musique oscillant entre jazz, jungle et dub, véritable fusion des genres. Mémorable.

Ces deux concerts sont la preuve la plus flagrante que le jazz ne cesse d'avancer et que son avenir ne se résume pas à des samples réutilisés par des producteurs électro.

Lundi 22 juillet : Didier Lockwood - Bireli Lagrène

Le voyage continue avec une soirée rendant hommage à deux très grands noms du jazz manouche, Stéphane Grappelli et Django Reinhart.

Le concert débute avec Didier Lockwood, sans doute le plus célèbre violoniste français vivant. Le musicien est bien choisi pour faire revivre le grand Stéphane, puisque les deux hommes se sont connus. C'est donc sans trop de problèmes qu'il nous replonge dans l'univers du maître, mêlant lyrisme et énergie. Accompagné de Romane à la guitare et de Marc-Michel Le Bévillon, Lockwood livre une prestation plus qu'honnorable. Car si l'ensemble n'est pas transcendant, le violoniste ne failli pas à sa réputation de soliste de haut niveau, cela malgré un son parfois à la limite du supportable. Le moment fort de cette prestation reste sans conteste le tour du monde musical proposé par M. Didier, allant de la musique du Moyen-Orient au jazz Yiddish, en passant par la Chine et par le public ! Muni d'un système HF, le musicien s'est en effet baladé dans les allées de la pinède tout en jouant, histoire de mettre le public dans sa poche. Pari gagné si l'on considère q'une standing ovation est synonyme de succès (ce qui est mon avis).

Jazz manouche encore et toujours avec Bireli Lagrène Gipsy Project, quintet emmené par le virtuose gitan. Ce dernier fait preuve d'une décontraction absolue, s'amusant avec ses musiciens mais également avec le public, n'hésitant pas à discuter le temps d'un réglage son. Si Bireli est à l'aise sur scène, c'est surtout parce qu'il maîtrise totalement son instrument. Il n'est d'ailleurs pas le seul puisque les musiciens qui le suivent sur la route assurent le show sans forcer. Célébrité oblige, Thomas Dutronc, guitariste et fils de qui vous savez, intrigue plus que ses acolytes. Il suffit cependant de l'entendre jouer en rythmique ou en soliste forcé (quel sacré farceur, ce Bireli) pour s'apercevoir qu'il est bien à sa place. Florin Niculescu, moins connu que le jeune guitariste, n'a besoin que de son violon pour subjuguer tout le monde. Bireli ne dit-il pas d'un air désabusé à son sujet : "Il est monstrueux...". Un concert de grande qualité qui prend une autre dimension lorsque le trio Didier Lockwood entre sur scène. Pas moins de huit musiciens réunis pour célébrer la mémoire de Django et de Stéphane comme il se doit. Un bœuf qui restera dans les mémoires pour clôturer une soirée que les deux maîtres auraient sans doute aimé voir.

Mardi 23 juillet: Boogie Boy And The Woogies - Marva Wright & The BMW's - Lucky Peterson

Après le funk et la musique cubaine, c'est le blues qui est à l'honneur avec pas moins de trois artistes pour clore le festival en beauté. La programmation chargée fait débuter le premier concert à 20H30 précises, ce qui en a surpris plus d'un. Paul Ambach, alias Boogie Boy, commence donc avec une pinède en plein mouvement, chacun cherchant à s'asseoir le plus rapidement possible. Malgré des conditions qui sont loin d'être idéales, le showman œuvre tel un vrai chauffeur de salle, à grands renforts de : "Are You Allright ?" et de "Ca va, Jouan Ley Pins ?" (avec l'accent). Chauffeur de salle mais également champion du monde de lancer de micro (oserait-il faire de l'ombre à Philippe Risoli ?), Boogie Boy assure le show, même si l'ambiance ressemble parfois à un concert de Kenny G. En dépit de cela, le groupe nous livre prestation somme toute plus qu'honnête.

Surnommée "Queen of New-Orleans", Marva Wright est une chanteuse qui a du coffre. Une voix puissante qui s'élève à la gloire du blues et du gospel… Et du disco (!). Tout se passe en effet à merveille, les musiciens accompagnant leur reine sur des titres authentiques et forts, jusqu'à ce que la chanteuse entame un "I Will Survive" à la limite de la caricature. Moi qui croyait ce titre définitivement enterré avec la défaite des bleus en Corée, j'ai vite déchanté ! Mis à part cette énorme faute de goût, force est de constater que Marva Wright sait enflammer un public, descendant de la scène pour chanter au milieu des spectateurs, organisant des jeux musicaux afin que tout le monde participe… Elle ne recule devant rien pour conquérir le public. Ce dernier le lui rend bien en l'ovationnant lors de son rappel.

C'est donc chauds que les spectateurs ont accueilli les musiciens de Lucky Peterson. Un morceau pour se délier les doigts et pour préparer l'entrée de la star du soir. Celui-ci s'installe d'abord sur l'orgue Hammond avant de prendre la guitare et le micro. Le groupe nous livre un blues énergique, tantôt soul, tantôt roots, mais toujours empreint de la même rage. Lucky a décidé de faire bouger tout le monde, et personne ne semble pouvoir l'en empêcher. Solos incisifs sur scène et dans le public, rythmiques appuyées et voix rêche sont autant d'ingrédients qui font la force et le charme du musicien. La soirée tourne à la réunion de famille lorsque James Peterson, père de Lucky, investit la scène. Ce dernier prouve que les effets de l'âge ne peuvent rien contre un homme qui s'est mis en tête d'assurer le spectacle. A la manière du fils, il descend dans les rangs du public pour faire partager ses solos à toute l'assemblée. Deux générations de musiciens survoltés mettent le feu à la scène de la pinède… Il ne faudra pas moins d'un an pour réparer les dégâts !

Un festival qui se termine donc en beauté et qui a permis à tout amateur de jazz et d'autres styles de trouver son bonheur. On souhaite un programme aussi alléchant pour l'année prochaine !
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Semaine du Lundi 29.07.2002

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