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Kent

Kent

C’est dans un grand bar-brasserie du XVIIIème arrondissement de Paris, non loin de L’Européen où il continue de donner ses concerts depuis le 14 février, que nous avons rencontré Kent. Le talent protéiforme de cet artiste atypique, qui passe avec un égal bonheur de la chanson à l’écriture de romans en passant par la bande dessinée, nous avait déjà gratifié il y a quelques temps d’un album magnifique, Je ne suis qu’une chanson, dont nous vous avions parlé. Devant un chocolat particulièrement onctueux et un café qui du coup fait pâle mine, entretien…

 

Que vous apporte la musique que vous ne trouvez pas dans l’écriture littéraire ou dans la bande dessinée ?


Des échanges et des contacts. D’abord avec les musiciens, puis avec le public en direct. L’écriture et la bande dessinée, c’est un travail de solitaire : vous pouvez échanger des choses avec un "compagnon de BD" ou avec un scénariste, ou encore être le scénariste de quelqu’un, mais ça se limite à ça. C’est vraiment un travail de solitaire. Alors que là, c’est que du contact, tout le temps. D’ailleurs, je ne comprends pas bien la génération des self-made men qui font leur travail en home studio chez eux, tout seuls avec leurs instruments. C’est un peu onaniste, comme démarche, je trouve… (sourire)

C’est donc vraiment un besoin de rapport direct au public…

C’est un besoin de rapports humains. Il y a le public qui compte, mais le travail avec les musiciens même compte beaucoup. J’aime beaucoup ça. La création de la chanson, c’est une chose, mais après ça, la faire entendre à des musiciens qui l’interprètent et tout ça… On n’est jamais au bout de ses surprises, vraiment. À moins d’être particulièrement fermé.

Justement, par rapport à cet album Je ne suis qu’une chanson, vous dites ne pas avoir eu recours aux services d’un arrangeur…

Je n’ai pas eu recours à un arrangeur parce que je sortais d’une crise avec pas mal de gens avec qui j’avais travaillé, et je ne savais pas où j’allais ; donc, je ne pouvais pas me permettre de travailler… je sais pas… avec n’importe qui, comme ça… Je me suis retrouvé seul, et du coup j’ai entrepris de voir ce que j’avais en tête, après toutes ces années de métier, au bout du compte. (sourire)

C’est vrai que c’est le premier disque que je réalise vraiment seul ; j’en suis capable maintenant, je crois que j’en étais pas capable quelques années auparavant, encore… Quand je dis « tout seul », j’ai bien choisi l’équipe, j’ai fait en amont un travail d’arrangement, des esquisses que j’ai montrées à des musiciens qui les ont interprétées, le plus fidèlement possible. Mais comme je le disais, le travail seul, c’est pas quelque chose que j’aime… Enfin : ça fait partie d’un tout. Je m’ennuierais de ne faire que ça. Je serais condamné à ne faire que ça, je ne serais pas sûr de continuer dans la musique…

C’est une démarche de travail que vous pensez conserver par la suite, c’est-à-dire prévoir un maximum de choses en amont par vous-même, ou bien vous pensez plutôt reprendre la manière que vous aviez jusqu’à cet album ?

À dire vrai, je n’en sais rien…

Ça dépend des rencontres, en fait ?…

C’est surtout que je me suis rendu compte que j’étais capable de faire aboutir seul un album dans sa totalité… Bon, maintenant, est-ce qu’il faut à tout prix mener à bien un album en entier à chaque fois ? Peut-être qu’il y a des chansons qui méritent quelqu’un d’autre, la touche de quelqu’un d’autre ?

Si j’ai envie d’entendre des cordes sur un morceau de mon prochain disque, peut-être que j’ai encore intérêt à… (sourire) à demander à quelqu’un de les écrire plutôt que de tenter de le faire, puisque c’est quand même un travail à part. Je pense à ça, mais simplement comme ça : passer une chanson à des musiciens dans un genre précis, comme ça m’est arrivé à une époque avec un quartet russe. Je leur avais donné une chanson - c’étaient des gens qui jouaient du balalaïka, de l’accordéon et tout ça - et ils en avaient fait un arrangement à leur manière, que je n’aurais jamais imaginé. Je reste ouvert à ça aussi.

Ça dépendra vraiment de…

… de l’inspiration du moment ! Ah oui, oui, oui !

Pas de planification…

Non, je suis incapable de planifier… Je peux avoir des projets sur six mois, un an, deux ans, en me disant « tiens, ce serait bien que j’aie le temps de faire ça », mais après ça, le travail du projet, je ne sais pas comment il va se faire… (sourire)

Cet album semble avoir marqué un tournant, comme une « troisième période » dans votre carrière de musicien ; est-ce que ça vous paraît justifié de…

Oui.

Cela tient à quoi ?

Ça tient à quoi… à autre chose : il y a le travail des musiciens, et un travail sur l’indépendance, aussi. C’est vrai que c’est le premier disque que je réalise pas uniquement musicalement mais aussi en tant que producteur. Je n’ai plus de contrat d’artiste avec une maison de disque : je suis distribué par une maison, et c’est quelque chose qui… c’est la première fois que ça m’arrive dans ma vie, et j’espère que la suite continuera comme ça, d’ailleurs.

En ce sens, je deviens maître… je reste maître de ce que j’ai fait. Pas « je deviens », je crois que j’ai toujours été maître de ce que j’ai fait, mais aujourd’hui j’ai le pouvoir de garder, par exemple. Les disques que j’ai faits auparavant appartiennent aux maisons de disques avec lesquelles je les ai faits. Je n’avais pas vraiment de droit de regard dessus. Après vingt-cinq ans de carrière, c’est vachement… emmerdant ! (rire)

Et avec AZ, ça se passe bien ?

Oui, ça se passe bien ! (Montrant Lucie, de chez AZ, avec nous lors de l’entretien) À un mètre vingt près, ça se passe très bien ! (rires) Non, je n’ai rien à dire ; c’est un choix mutuel. C’est à eux qu’il faut demander aussi, parce que moi je soumets quelque chose de fini ; à la limite, ce sont eux qui m’ont choisi parce qu’ils ont aimé ce que j’ai fait, il ne m’ont pas demandé de faire quelque chose…

Sur cet album, il y a un mélange assez surprenant des genres…

Ah oui ?…

…enfin c’est ce que j’en ai retiré (sourire)…

Oui, c’est bien ! (sourire)

Les influences qui ont joué proviennent de quoi ? De rencontres, de voyages, de mélanges d’idées plus anciennes que vous avez pu réaliser justement parce que vous aviez une certaine indépendance ?…

En fait, ma source d’inspiration pour ce disque, c’est mon vécu. Ce n’est plus quelque chose d’extérieur. Auparavant j’avais tendance à essayer de me caser dans quelque chose d’extérieur qui m’attirait. Maintenant je puise à l’intérieur de moi.

Les voyages récents que j’ai pu faire à la Réunion et qui m’ont beaucoup influencé musicalement n’ont pas fait que j’ai tenté de me fondre dans la musique réunionnaise : ça été un apport à mon vécu. Je crois que c’est ça, et… je fais ce que je sais faire. Peut-être aussi que la période d’apprentissage est terminée, mais je n’aimerais pas avoir cette sensation ; j’ai envie d’apprendre jusqu’à… jusqu’à ce que je n’ai plus envie de faire de la chanson. Il y a toujours des choses à apprendre…

Mais c’est vraiment ça, ce n’est plus se situer dans un monde dit de « chanson » ou de « rock », ou de ci, ou de ça ; ou aller tâter de l’électro ou j’en sais rien… C’est se dire : « je fais ce que j’ai à faire ».

Ça se sent en tout cas dans l’album. Je pense à un élément qui m’a vraiment intéressé, à 3’43" du titre « Les Éléphants » : ce passage de techno joué à l’accordéon !…

Ah oui ! Là, c’est Arnaud Méthivier : on est sur la même longueur d’onde, en ce moment, lui avec son instrument, moi avec la chanson. On ne renie pas nos bases, on veut les dépoussiérer, on veut les pousser plus loin, on veut qu’elles se marient avec ce qui se fait. Ça m’est arrivé de faire un disque électro, avec des machines : finalement, on reprend la recette. Mais partir dans une ambiance électro avec des instruments acoustiques - où l’accordéon n’est pas trafiqué, c’est ce qui sort de son instrument qui est comme ça -, ça, ça devient intéressant, on digère quelque chose…

Le parti pris du disque était celui d’une formation musicale acoustique : guitare, accordéon, contrebasse, batterie, perçus, point. Donc, si on avait des morceaux avec des tendances de départ, elles étaient gommées par la couleur, ou plutôt elles s’unifiaient par la couleur.

Et l’usage des samples sur « Au verso de l’amour » ?

C’est un hasard… génial. La chanson était faite, j’étais en studio à chercher des idées d’habillage, et j’avais ce sample des musiciens d’eau du Cameroun… c’était pas un sample, en fait, c’était un enregistrement, tout simplement. Et puis je suis venu au studio avec pour le faire écouter aux gens avec qui je travaillais, on était sur « Au verso de l’amour », et on s’est dit « c’est marrant, c’est le même rythme »… enfin c’est le même tempo.

Et c’était le même tempo. On n’a rien changé, quoi… On a lancé la chanson, j’ai fait « start » sur le lecteur CD, et les deux trucs se sont collés comme ça. J’ai fait « bon, OK, ça : c’est un signe, il faut le garder ». Et c’était pas l’idée de départ du morceau, c’est ça qui est drôle…

Pourtant on se pose vraiment la question à l’écoute, savoir si c’est une idée de départ…

Ben non… C’est drôle… (sourire)

Pour ce qui est de la tournée, qui a commencé il y a une vingtaine de jours, comment réagit le public ? Est-ce qu’il sent ce tournant ?

Non, je crois que sur scène, c’est moins… comment dire… c’est moins cérébral que ça ! (sourire) Je chante des chansons de l’album, beaucoup, avec autour mes « classiques » en quelque sorte, et le public vient écouter un chanteur chanter ses chansons.

J’ai joué avec les genres, sur scène aussi, mais je dois reconnaître que c’est pas le soucis premier du public ; les gens viennent écouter les chansons, les paroles, danser là où ça danse… Je monte ça comme une fête, un concert : ça démarre toujours sur un ton intime, pour se finir en fête. C’est comme un repas bien arrosé : au départ on fait connaissance, et puis à la fin on est debout sur la table avec le pick-up à fond, c’est ça l’idée d’un concert.

On peut pas tricher avec soi-même, sur scène. On peut prendre des distances « cérébrales » sur un disque, jouer à un jeu - je recite Metropolitain, le disque électro - ou même ce que j’ai pu faire avec Enzo (Enzo Enzo, ndlr) où j’étais un personnage de Music Hall. Mais se planter tout seul sur scène et se faire passer pour un autre, ça devient… c’est un travail de fou, de schizophrène. Ça m'est difficile. C'est dangereux aussi. C'est Gainsbarre qui grignote Gainsbourg, par exemple.

Moi, j’ai envie de donner tout ce que je sais faire.

Quelque chose de nouveau prévu avec Enzo Enzo ?

Ah non, pas du tout…

Et avec d’autres artistes ?

Oui, ça m’arrive d’avoir des envies, mais… Il y a le hasard des rencontres et puis surtout… j’aime bien qu’on vienne me chercher… J’ai pas d’idées assez fortes avec d’autres artistes au point de décrocher mon téléphone et de dire « c’est vital qu’on le fasse ensemble ». J’ai pas ça. J’ai toujours des chansons en trop, pour ma part, donc pas besoin d’aller en chercher ailleurs. Peut-être un savoir-faire de production, quelque chose comme ça, mais même là... même là je trouve ça artificiel avec le temps. Autant avant c’était quelque chose qui me fascinait, autant maintenant…

J’aime beaucoup le travail de Mickey 3D en musique, j’aime vraiment ces gars-là depuis plusieurs années. Je suis pas le seul ! (sourire) Mais je saurais pas quoi faire…

Des envies ponctuelles, mais pas de véritable projet qui mûrisse…

Non… Peut-être ce soir, après le concert, avec des collègues qui viendront on ira boire un coup, y’aura peut-être quelque chose qui va surgir…

C’est difficile de lancer des idées, comme ça… Je l’ai fait, certaines ont abouti, d’autres pas… Je suis ouvert et disponible pour les autres, mais j’ai du mal à proposer. Je crois que c’est de la vraie timidité, en fait ; j’ai un mal fou à proposer…

Dernière question : est-ce qu’on peut espérer un jour avoir un long métrage musical animé, conçu, mis en musique, dessiné par Kent ?

Oufffff ! Trop de responsabilités ! (rires) Je suis incapable de ça ! L’énergie, je l’aurais, mais je n’ai pas la force de caractère pour ça, pour aller chercher des sommes d’argent énormes, pour convaincre des gens… Je travaille à petit budget, je suis bien comme ça. J’aurais du mal, franchement.

Je vois le travail que ça demande, un film… Ca va coûter dix fois plus cher qu’un disque, demander dix fois plus de personnes - quand je dis dix fois plus… Et on sait pas où on va ; et le jour de la première séance par contre, le mercredi, on sait où on en est ! (rires) Non ça, très peu pour moi ! Je pense pas avoir le cœur assez solide pour ça. Je veux bien participer à des projets, mais je ne veux pas être le chef de ça…

Non, la musique, ça me va ! (sourire)

Kent en tournée :

02 avril : Meythet (74), Rabelais


03 avril : Chambéry (73), Totem
04 avril : Annonay (07), Théâtre
24 avril : Cusset (03), Espace Chambon


10 mai : Saint Etienne (42), Salle Jeanne d'Arc
15 mai : Sin le Noble (59), Salle Martel, Printemps Culturel
16 mai : Chanteix (19), la Boîte à Zinc


17 mai : Mont de Marsan (40), CaféMusic'
21 mai : Portes les Valence (26), Train Théâtre
27 mai : Montauban, Alors Chante


28 mai : Lignières, Bains Douches
25 juillet : Barjac (30)
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Semaine du Lundi 31.03.2003

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