ACCUEIL RECHERCHE JEUX-CONCOURS CONCERTS FORUM CONTACT
Recherche
  Recherche rapide
 
Archives de A à Z
Recherche Avancée...
Catégories
  Variété Internationale Variété/Chanson Française Jazz/Blues/Country Rock/Metal
Groove/Funk
Pop/Disco
Electro/TripHop Techno/Dance HipHop/Ragga/Reggae Soul/R’n’B
Latin/Afro-cubain Traditionnel/Gospel World/Fusion Classique/Contemporain Film/Bande Son Compilation/Multi‑Genre Inclassables...
Communiquer !
 
Inscription à la Newsletter
 
Désinscription
Annonces Concerts
Petites Annonces
Forum
Amb France
  Aide
Contact
Webmaster
Liens
  Artistes
Labels
Radios Online
Resources Musiciens
Sites mp3
Structures
Studios
Webzines
Ajouter un site
Ajouter un studio
Partenaires
  COLUMBIA
EMI
EPIC
F COM
LABELS
NAIVE
PIAS
WAGRAM
WARNER JAZZ
WEA
...
Publicité/Promo
  Devenir Annonceur Opérations Promotionnelles

festival de Jazz in Marciac

Souvenir du festival de Jazz in Marciac (première partie) :
Dave Douglas & Charles Lloyd
Dave Douglas Accompagné de son quintet.
Festival du Jazz in Marciac (Gers), le 04 août 2002.

Le trompettiste Dave Douglas, nouvelle icône pour toute une génération de jeunes musiciens, est devenu en moins de dix ans la véritable figure de proue du mouvement avant-gardiste new-yorkais.

Résolument moderne, improvisateur de génie et compositeur reconnu, il nourrit son jazz des rencontres que son statut peut lui permettre.

Ainsi, il n’est pas étonnant de le retrouver entouré de quatre musiciens d’exception, possédant par ailleurs leurs propres groupes et leurs propres univers : le jeune prodige Chris Potter au saxophone ténor, Uri Caine, pianiste qui s’est produit à titre individuel ici-même l’année dernière, James Genus à la basse, et le flamboyant Clarence Penn à la batterie.


Un casting de rêve qui n’a rien à envier aux « All Stars » de leurs aînés !

Et la prestation qu’ils nous ont offerte a largement été à la hauteur de leur réputation, ralliant l’avis d’un public béotien qui, manifestement, était plutôt venu assister au concert de Charles Lloyd qu’à celui de Dave Douglas et ses camarades. Sinon, comment expliquer, lors des premiers morceaux, la retenue excessive du même public qui, 90 minutes plus tard, à la dernière note soufflée, se lèvera comme un seul homme pour ovationner et rappeler par deux fois une formation l’ayant entraîné dans cette frénétique de la recherche permanente ?

Car ce concert fût mené avec brio, tout en crescendo, jusqu’au retour au calme des thèmes joués lors des rappels, passant ainsi en revue, et revisitant les différents courants jazzistiques sans jamais les dénaturer.

Les cinq maestros nous aurons ainsi présenté une musique stimulante et créative sur des compositions originales de Dave Douglas qui auront toujours su interpeller l’auditoire en ayant recours à des ruptures rythmiques et mélodiques pour le moins surprenantes.

La rigueur de ces thèmes est à souligner, comme leur légèreté d’interprétation, ce qui leur confère une richesse incontestable.

Cette approche exploratoire, technique ou sensible selon les styles de chacun, laisse une place prépondérante à l’improvisation, permettant ainsi à chaque musicien de persévérer dans des voies qui lui sont propres, tout en apportant de la consistance et en enrichissant le travail d’ensemble.

Nous avons ainsi pu apprécier la finesse et l’inventivité du jeu de Dave Douglas, se renouvelant à chaque chorus et ouvrant alors les pistes que défricheront tour à tour ses quatre compères.

La sonorité pleine, dure, parfois agressive de Potter lui permet de se lancer dans des chorus très techniques, tellement destructurants qu’ils frisent parfois le free jazz. Si au départ on pouvait prendre cela pour une certaine forme de perfectionnisme, ils perdent vite de leur pertinence au fil des répétitions, ces incessants flirts avec le free nous paraissant de plus en plus gratuits. Néanmoins, nous ne pouvons qu’être époustouflés devant la puissance dégagée par un saxophone aussi inventif et si bien maîtrisé.

Face à ces deux solistes remarquables, Uri Caine, impeccable soutient dans le jeu de groupe, semble avoir plus de mal à se forger une identité qui lui corresponde vraiment. Lors de ses chorus, il se contente alors de récupérer et de développer les idées soumises par ses camarades, effaçant ce léger plagiat par une fluidité virevoltante remarquable.

Quant à la section rythmique, elle fût impressionnante.

Certes James Genus a été discret à la basse, peut-être trop, mais sa justesse, sa solidité et son dévouement nous font oublier nos regrets.

Et que dire de Clarence Penn, le batteur ! Une véritable révélation. Il surpasse son instrument en y incorporant des percussions de toutes origines et en mélangeant les styles. Sans jamais s’imposer, il en impose, occupant un espace sonore impressionnant. Et ce tout en polyrythmies, swing, technique et bonne humeur s’il vous plaît ! A écouter absolument.

En définitive, ce concert énergique fût d’une qualité rare pour un style moderne qui a parfois trop tendance à s’égarer en digressions techniques, sous couvert d’intellectualisation excessive. Comme quoi rigueur et créativité ne sont pas incompatibles…

La maturité des thèmes proposés sert cet équilibre de technique et d’inventivité que chaque membre du groupe utilise dans ces innombrables sets d’improvisation, au cœur de la musique de Dave Douglas.

Celle-ci n’est peut-être pas à mettre ne toutes oreilles, cette approche pouvant être perçue comme assez déconcertante pour les plus novices d’entre nous. En revanche, amateurs de jazz, jazz-rock, ou simplement de bonne musique bien recherchée, délectez-vous de ce bijou éclatant.

Un concert qui confirme l’affirmation de style de Dave Douglas, qui tend de plus en plus à le placer comme un élément incontournable de cette scène jazz résolument jeune et dynamique.

A suivre de près…

Site officiel : www.davedouglas.com

Charles Lloyd Quartet


Festival du Jazz in Marciac (Gers), le 04 août 2002.

Charles Lloyd, saxophoniste ténor et flûtiste de renom, a connu une carrière pour le moins chaotique.

Né en 1938, il aborde tout d’abord le saxophone alto en autodidacte, écumant bon nombre de jazz clubs, avant d’approfondir son apprentissage dans une université californienne réputée.

Sa rencontre avec Cannonball Adderley lui permet de jouer au sein de son sextet, puis, quelques années plus tard, il fonde un des quartets les plus reconnu de l’histoire du jazz, avec le pianiste Keith Jarret, le batteur Jack DeJohnette et le bassiste Ron McLure, groupe qui propulsera tous ses membres vers de brillantes carrières.

Charles Lloyd est également connu pour avoir accueilli Michel Petrucciani à ses débuts, ce qui liera d’amitié les deux hommes pour toujours.

Si ce premier a ouvert les portes de la gloire (mais en avait-il vraiment besoin ?) à un pianiste méconnu, il faut dire que notre regretté français lui a bien renvoyé l’ascenseur puisque c’est lui qui le persuade de reprendre une activité musicale publique après de longues années de retrait consacrées à la méditation transcendantale.

L’album « The water is wide » (ECM ; 2000) marquera l’apogée de ce retour sur la scène internationale. Rien d’étonnant donc, s’il fût un succès commercial, certes, mais musical avant tout puisqu’à la fois neuf et chargé d’expérience, une forte connotation mystique en sus.

La formation avec laquelle il se présente ce soir est originale et semble bien en adéquation avec l’univers de Lloyd : Geri Allen, plébiscitée par tous les critiques regrettant unanimement le manque de reconnaissance à son égard, Billy Hart, le batteur, dont la réputation n’est plus à faire (Miles Davis, Wes Montgomery…), et le pianiste Bob Hurst (Hancock notamment), jeune mais solide selon les termes d’André Francis, grand critique et présentateur de la plupart des festivals influents (Juan, Marciac, Orléans…), et accessoirement producteur de Radio France.

Et quelle fût la prestation de ces messieurs-dames ? Fidèle à ce que l’on pouvait s’imaginer : du Charles Lloyd en puissance, c’est à dire un jazz fin, inspiré, aux confins du religieux, ce qui l’a rendu assez difficilement accessible.

Dès les premières notes, nous reconnaissons bien là le style qui a marqué la renaissance de l’intéressé. Des thèmes subtils, tortueux et extrêmement émotifs s’enchaînent sans relâche, comme pour ne pas perdre trop d’altitude dans les silences et les applaudissements de la foule qui ont trop tendance à nous ramener sur terre.

Car c’est un voyage que nous propose Charles Lloyd, un voyage intellectuel dans son monde dont le décollage fût tellement rapide qu’il laissa quelques prétendants au sol.

Touché par la grâce, comme dans un rêve, il vole, virevolte dans un lyrisme méandreux dont son instrument constitue la force propulsive.

Secondé par une Geri Allen dont le rôle est prépondérant, en accord parfait avec son leader, et un Billy Hart usant de tout son charisme, il joue de la corde sensible, à la limite de la sensiblerie.

Car en effet, le problème avec le côté onirique de cette musique, c’est qu’elle sombre assez vite dans l’abstraction ; enivrés par les hauteurs, un peu perdus, on souhaite redescendre. Mais Charles Lloyd et ses amis ne semblent pas décrocher de leurs strates, transis.

Et c’est peut-être là que le bas blesse : le voyage était seulement mis à disposition, les musiciens, eux, sont partis, et ce n’est pas le manque de communication avec le public qui va arranger les choses…

Pour ceux que la musique ne transporte pas, tant pis.

En fait, tout est ambivalence, à la fois touchant et inaccessible, comme si l’on visualisait un rêve que l’on ne pouvait pas vivre ; assez frustrant en somme…

La musique complexe, jouée pour elle-même, perd en spontanéité, en naturel, abandonne sa force de vie dans le principe de l’élévation mentale, ne laissant qu’à l’auditoire terrien l’image évanescente d’un grand bonhomme, sax de travers et béret vissé sur la tête.

Le public se fait de plus en plus discret, ne voulant troubler la sérénité affichée.

Les laissés-pour-compte quittent alors la salle un à un ; je fais de même, moi je suis resté en bas, malheureusement.

Pourtant, la seconde partie de la foule, les exégètes, ne tarissait pas d’éloges à la fin du concert. Le fait que se soit la seconde fois que je le voyais a sûrement joué en ma défaveur.

En fait, Charles Lloyd, nourrit par un orchestre qui lui donne matière à improviser (pas plus), nous ressert une spontanéité qu’il a tourné et retourné dans tous les sens depuis l’album de sa résurrection officielle, ce qui fait qu’elle nous paraît quelque peu réchauffée.

Mais il le fait bien, nous ne pouvons que l’admettre, le constater.

Ce septuagénaire, tellement neuf, a peut-être tout simplement besoin de se ressourcer. Nous nous surprenons à rêver d’une nouvelle association, improbable, avec le personnel de ses débuts : Jarret, DeJohnette, tant d’autres…

A la fois contesté et adulé, ne répondant jamais aux critiques qui le taxent tantôt de vieil homme usé, tantôt de jeune premier, Charles Lloyd, inexorablement, poursuit son chemin, serein et inspiré.

Mais n’est-ce pas le propre des génies ?…

A suivre …

 
Si vous souhaitez réagir à cet article, cliquez ici !

Semaine du Lundi 16.09.2002

Avertissement | Partenaires | Recrutement | Contact | Confidentialité des Données Personnelles
1999 - 2017 © Amb France Music - GROUP. IMAGES 2. Tous droits réservés