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festival de Jazz in Marciac v2

Souvenir du festival de Jazz in Marciac (seconde partie) :

Winton Marsalis & Hervé Sellin

 

Winton Marsalis - Accompagné du Lincoln Center Jazz Orchestra et de son sextet.


Nuit du 25 ème anniversaire du festival Jazz in Marciac (Gers), le 07 août 2002.

Winton Marsalis. Que dire de plus qui n’est pas déjà été dit, redit et approfondie à son sujet ? Pourquoi ne pas juste déposer ce nom au-dessus d’une feuille blanche afin de se laisser submerger par tout ce qu’il suggère ?

Peut-être parce que tout le monde n’a pas eu l’honneur d’assister au concert du 25ème anniversaire du festival de Marciac ; peut-être même que certains ne le connaissent pas encore. Sacrilège !

Sachez que si le jazz était une religion dont Louis Armstrong fût le prophète, Winton Marsalis en est le messie, apparu à une époque où ce courant musical souffre, promis à disparaître d’après certains, à l’instar de toutes ses figures emblématiques, Ray Brown, cet été, en est le triste exemple.

En se réappropriant chaque courant jazzistique (il les juge tous résolument moderne), Winton Marsalis réconcilie passéistes et avant-gardistes et leur ouvre de nouvelles pistes exploratoires à la mesure de leurs conceptions.

Etrangement, cette démarche l’a souvent fait passé pour un musicien assez rétro, conventionnel, voire formaliste, sa solide formation classique érigée en tant que preuve. Mais s’attacher aux courants et périodes du jazz est ici devenu dérisoire, ridicule même, puisque le trompettiste sublime et actualise chaque style qui ne constitue en fait que le point de départ d’une interprétation à la fois neuve et respectueuse.

Vous l’aurez compris, Winton Marsalis est une de ces personnes à l’aisance de jeu déconcertante. Il fait partie des surdoués qui deviennent indispensables à la musique dès qu’ils touchent leur instrument. Ce virtuose, comme il n’en existe qu’un par génération, aurait pu se contenter de devenir le meilleur trompettiste classique du monde, mais il préféra suivre sa propre voix, celle de ses racines de la Nouvelle-Orléans, le jazz.

Son talent hors norme le mènera donc naturellement vers l’arrangement et la composition, ce pour quoi il excelle tout particulièrement.

Interprète de génie, arrangeur, compositeur, quoi d’autre me diriez-vous ?

Historien du jazz contesté, professeur reconnu et impliqué, directeur artistique et surtout un Monsieur avec un grand M vous répondrais-je. Car le propre avec les grands hommes, c’est de délaisser leur musique irréprochable pour souligner leurs qualités de cœur : générosité, humilité, disponibilité, dévouement.

Alors à qui d’autre aurait-on pu confier mieux qu’à Winton, comme on l’appelle ici, l’enfant adoptif qui a sa statue grandeur nature sur la place du village, cette soirée anniversaire ?

Au commencement, il y avait l’impatience tonitruante de plus de 6000 personnes amassées sous un chapiteau monté sur un terrain de rugby pour l’occasion.

Puis le maître entre, son sourire enfantin illuminant la bonhomie du visage potelé qui se projette sur les trois écrans géants. Les treize musiciens du Lincoln Center Jazz Orchestra, musée vivant de l’histoire du jazz, le suivent, placides, sous les clameurs de la foule.

Après avoir pris le micro et expliqué que l’on s’apprêtait à suivre un concert de quatre ou cinq heures avec une majorité de thèmes inédits spécialement composés pour l’occasion et selon la personnalité de chaque soliste, le moment tant attendu arriva.

Le premier morceau est un tour de chauffe, comme à l’époque des joutes de big bands, où chaque musicien est présenté un à un et se met sur les bons rails en tapant un court chorus.

La suite est pratiquement indescriptible.

Alternant des compositions extraordinaires, dont une dédiée à l’école de jazz de Marciac, et des arrangements audacieux de Monk, Ellington, Mingus, Morton, Nascimiento, Coltrane (au aura noté l’adaptation très libre de « A love supreme »), le Lincoln Center Jazz Orchestra fait parler sa solidité, son unité qui néanmoins laisse une place importante à l’expression individuelle de chaque musicien.

Les citations sont nombreuses, drolatiques et amusantes. Leur sonorité impressionnante et émouvante.

Le Lincoln Center Jazz Orchestra, formation académique dont le jeu est bien éloigné de l’étiquette puritaine que certains ont voulu lui adosser, se présente comme un ensemble de puristes, évidemment, mais au sens de perfectionnistes puisque leur classicisme affiché, revendiqué, n’exclue en rien une fraîcheur de jeu dont la gaieté ne peut être que communicative.

En quelques notes, à l’image de leur directeur dont la nomination à ce poste marque la consécration d’une carrière à peine avancée, le Lincoln Center Jazz Orchestra pose une ambiance, nous raconte une anecdote, décrit une scène où les mots sont troqués pour des émotions précises, choisies et véhiculées par, ou pour des notes adéquats.

Quant à Winton Marsalis, il dirige d’une main de maître tout ce beau monde ; maître d’œuvre, maître de cérémonie, maître à jouer, il use de tous les artifices mis à sa disposition pour régaler un public friand de ses créations, de ses improvisations.

Son jeu équilibré, tout en accentuations et effets dont lui seul a le secret, est pur, éclatant, maîtrisé, sans une note de trop : parfait.

Le public est définitivement conquis.

L’entracte, concédée difficilement, permettra la projection d’un court-métrage retraçant la genèse et l’histoire du festival. Les connaisseurs boulimiques de jazz, tout le monde pour ainsi dire, apprécient.

A peine achevé, c’est l’école de jazz « marciacaise » qui fait son entrée sous le qualificatif de « préhistoire du futur », apogée d’une ambiance passionnée et bienveillante.

La seconde partie du concert, peut-être légèrement plus technique que festive, voit le départ des quelques personnes qui commencent à plier sous les assauts incessants d’un Winton Marsalis intenable.

Au moment du rappel reste la moitié d’un public qui n’a rien perdu de sa ferveur : il faut dire que cela fait déjà trois heures que nous sommes réceptifs, avides de musique ! C’est alors que Winton Marsalis revient avec son sextet dont tous les membres font partie du Lincoln Center Jazz Orchestra, et qu’il décide de se mettre au piano en hommage à ses amis disparus, initiateurs du festival, l’émotion l’interdisant de souffler dignement dans sa trompette.

Pendant toute la durée du morceau (plus de cinq minutes) l’assistance donna le rythme en frappant dans les mains, et continua une fois le thème terminé. Les musiciens, stupéfaits, semblent apprécier sans savoir comment enchaîner.

Une minute plus tard, le groupe reconnaissant entame un « Happy Birthday » version Nouvelle-Orléans qu’une partie de la salle reprend en chœur, puis quitte la scène, ce que le public apprécie guère ; ce dernier, pour faire entendre sa cause, reprend le rythme du thème précédent en tapant à nouveau dans les mains.

Lors de son retour sur les planches, Winton Marsalis n’est accompagné que de son pianiste et interprète deux pièces extrêmement douces, comme s’il avait compris que le seul moyen de ne pas faire nuit blanche c’était d’hypnotiser un public déjà envoûté, afin qu’il cesse de le solliciter avec tant de véhémence.

Malheureusement pour lui, le sort jeté ne fonctionne pas complètement, et six ou sept minutes après son départ soi-disant définitif, les 500 irréductibles aux mains rougies et aux avant-bras enflammés par l’excès d’applaudissements dispensés (environ une demi-heure en temps cumulé sur tout le concert !) forcèrent le maître à effectuer un énième come-back.

La lumière a été rallumée, les micros éteints, et ce qui reste d’auditeurs s’amassent contre la scène pour saisir les fines notes de cette trompette magique.

Ayant alterné les formations et les combinaisons instrumentales durant toute la soirée, c’est avec la plus simple, la plus naturelle que Winton Marsalis nous dit au revoir : le solo.

Sa partition à peine entamée, une sonorité chaude se fait entendre de l’autre côté de la scène, escortée par un saxophone ténor.

Les deux hommes nous offrent alors un moment d’écoute que ces quelques privilégiés n’oseront même pas critiquer ou commenter à la sortie, juste pour prolonger le rêve et, égoïstement, vivre cette brève de bonheur jusqu’à son terme.

Il est 2H30, et après 5H30 de musique, d’émotions, nous regagnons nos tentes gersoises, bercés par la simplicité et la véracité de ces sensations pures.

Inoubliable.

Hervé Sellin - Accompagné de son nonet.

Festival du Jazz in Marciac (Gers), le 09 août 2002.

En première partie de McCoy Tyner était programmé le Marciac Spécial Nonet, formation spécialement conçue pour célébrer l’anniversaire du festival.

Neuf personnalités du jazz hexagonal étaient réunies autour d’Hervé Sellin, pianiste au métier considérable

Depuis 1994, le pianiste est à la tête du Conservatoire National Supérieur de Musique aux côtés de François Janneau et possède le double héritage classique et jazz de son père, trompettiste. A sa sortie du conservatoire, en 1980, où il obtient les prix de musique de chambre et de piano, il finalise son apprentissage sur le terrain, dans les clubs, et devient le pianiste attitré de Dee Dee Bridgewater pendant plusieurs années. Il côtoiera de grands noms du jazz, comme Chet Baker et Guy Lafitte, se permettant même d’engager Brandford Marsalis en tant qu’accompagnateur sur un disque à son nom !

Pour cette soirée, il était entouré de Benjamin Henocq (Prysm) à la batterie, Gilles Naturel à la basse, Serge Lazarevitch à la guitare, David Patrois au vibraphone, le belge Phil Abraham au trombone, seul étranger, Stéphane Belmondo au bugle et à la trompette, Pascal Goubert au saxophone ténor, Stéphane Chausse au saxophone alto, à la flûte et à la clarinette, et le saxophoniste ténor de 19 ans issu du collège de Marciac : Emile Parisien.

Tous font partie de la scène hexagonale qui nous fait vibrer tout au long de l’année, que se soit dans les clubs ou les festivals. Une véritable revue d’effectif !

Le problème, c’est que toutes ces personnalités avaient quelque chose à extérioriser ; leurs forts caractères entraînèrent une surimpression des styles, des émotions, entravant la fluidité et l’application de certaines pièces.

Le groupe manquait de réglages, sonnait jeune, tout frais, et pour parler franc, leur musique restait brute, mal dégrossie durant les premiers thèmes.

Heureusement, petit à petit, les musiciens se firent plus discrets, et par là même commencèrent à se trouver.

Nous pûmes alors apprécier à leur juste valeur les compositions originales d’Hervé Sellin, spécialement écrites pour l’anniversaire du JIM (Jazz in Marciac). Cette suite marciacaise, clin d’œil évident à Winton Marsalis, réunissait des thèmes aux noms évocateurs (Les deux clochers, Bouncing with Jim, anniversary, la maison du roi, etc.), rappelant la singularité et la vocation fédérative d’une manifestation fière de respecter tous les jazz. Ainsi, les dix pièces variées passèrent allègrement de la balade au style Nouvelle-Orléans, sans oublier le classique, le blues, ou certaines tentatives plus modernes.

Mais si la formation s’accorda peu à peu au fil du concert, nous pouvons tout de même regretter le fait que tous les vents soient restés sur le même plan sonore alors que la section rythmique soit elle restée tellement en retrait, à l’image d’une guitare quasi inexistante.

En fait, tous sont de remarquables musiciens, certains auront d’ailleurs retenus tout spécialement notre attention (Sellin, Patrois, Belmondo et Chausse), mais ils manquèrent d’expressivité, de liberté au sein d’une formation peut-être trop étriquée pour eux.

Le style classique, sur-appliqué, manqua quelque peu de folie, de swing, de puissance. La qualité était là, mais fade, sans aura, nous rappelant vaguement les examens de conservatoire de fin d’année.

Le public apprécia l’effort d’Hervé Sellin et l’investissement des musiciens, honorés de leur présence. Ce respect mutuel jeta sur la soirée un air de sympathie et de fraîcheur qu’il manquait peut-être à la musique.

Le moment fût agréable de simplicité, expérience certes loin d’être exceptionnelle, mais foncièrement intéressante.

A renouveler.

 
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Semaine du Lundi 30.09.2002

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