ACCUEIL RECHERCHE JEUX-CONCOURS CONCERTS FORUM CONTACT
Recherche
  Recherche rapide
 
Archives de A à Z
Recherche Avancée...
Catégories
  Variété Internationale Variété/Chanson Française Jazz/Blues/Country Rock/Metal
Groove/Funk
Pop/Disco
Electro/TripHop Techno/Dance HipHop/Ragga/Reggae Soul/R’n’B
Latin/Afro-cubain Traditionnel/Gospel World/Fusion Classique/Contemporain Film/Bande Son Compilation/Multi‑Genre Inclassables...
Communiquer !
 
Inscription à la Newsletter
 
Désinscription
Annonces Concerts
Petites Annonces
Forum
Amb France
  Aide
Contact
Webmaster
Liens
  Artistes
Labels
Radios Online
Resources Musiciens
Sites mp3
Structures
Studios
Webzines
Ajouter un site
Ajouter un studio
Partenaires
  COLUMBIA
EMI
EPIC
F COM
LABELS
NAIVE
PIAS
WAGRAM
WARNER JAZZ
WEA
...
Publicité/Promo
  Devenir Annonceur Opérations Promotionnelles

Arena

Arena : "Contagion"
(Verglas / Musea)

L’un des groupes phares du rock progressif délivre un album sombre, puissant et mélodique. Arena a dévoilé les dessous de ses intentions joliment maîtrisées à Amb. Entretien et chronique.

Oubliez les structures habituelles couplet-refrain. Arena vous emmène dans un univers musical qui ressemble à un voyage, à un conte. Le quintet affirme sa personnalité et propose une œuvre aboutie, ciselée. Contagion est propice à la découverte du genre, pour qui n’est pas familier du progressif et de ses passages instrumentaux, pour le simple amateur de belles chansons rock ou le fan de métal en manque de caresses.

La musique du groupe repose sur les fondations traditionnelles du genre, issues des 70’s (Genesis, entre autres), pour les amener vers quelque chose de plus contemporain. «C’est une description acceptable, estiment les anglais, dans l’interview qu’il ont accordé à Amb. Nous suivons toujours ce qui se passe autour de nous et nous essayons d’en incorporer les meilleurs éléments à ce que nous faisons


D’où l’étiquette néo-progressive souvent accolée à Arena. «Nous avons le sentiment d’appartenir à un genre, mais pas forcément d’être proches, artistiquement parlant, de certaines formations en particulier. Je suppose que nous nous rapprochons plus des groupes qui ont émergé durant les années 80, comme Pendragon, Marillion, IQ ou encore Pallas… pour des raisons évidentes ! (NDR : le claviériste Clive Nolan vient de Pendragon et le batteur, Mick Pointer, de Marillion).»

Solitude, mort, désillusion : les sentiments distillés par Contagion donnent un album plutôt grave et obscur, agressif, un mariage d’une grande beauté, avec l’antonymie d’un dernier titre porteur d’espoir. «L’album s’est simplement avéré être ainsi au final. Pour nous, c’est juste une étape dans le voyage d’Arena», explique le groupe.

On est aussi frappé par l’homogénéité de l’ensemble. Arena a-t-il atteint une plus grande unité, ou a-t-il voulu montrer une autre facette de sa personnalité ? «Nous essayons que chacun de nos albums représente une progression. De nouveaux éléments, de nouvelles approches figurent sur Contagion, dont nous sommes très contents… Par exemple, la basse est beaucoup mieux mise en avant.»

Casser les règles

Cependant, quand on l’interroge sur ses principaux défaut et qualité, cette question de l’unité ressurgit : «Un de nos plus gros problème a été les nombreux changements de line-up dans le passé. Et peut-être la plus grande qualité du moment est-elle le line-up. Nous avons enregistré deux albums de suite avec le même… C’est déjà pas mal !!»

Cela se sent. Mais la connivence entre les musiciens ne saurait faire tout. Son approche musicale permet à Arena de sortir des sentiers battus, sans tomber dans l’œuvre ésotérique. «Pour nous, tout commence avec un morceau. Tout le reste s’ensuit. Les atmosphères et les ambiances sont la conséquence de l’ambiance de la chanson. C’est un processus organique

L’utilisation des instruments est aussi parfois prise à rebrousse-poils. La plupart des groupes se servent des guitares pour suggérer l’agressivité et des claviers pour calmer le jeu. Un schéma que refuse Arena. «On peut avoir une approche assez agressive des claviers. Nous essayons de casser ce genre de règles

Aussi Contagion ne se laisse-t-il pas apprivoiser tout de suite. Même s’il contient assez d’éléments qui permettent de ne pas se retrouver perdu au premier abord, et de continuer à le découvrir au fil des écoutes. «En fait, nous estimons que cet album est un parfait exemple de cela, affirment ses concepteurs. Contagion peut s’écouter à de nombreux niveaux.»

Quel en est le thème? «Le concept traite d’une certaine façon d’un virus très contagieux… Seulement, il ne s’agit pas d’un virus "physique" mais "mental". C’est l’histoire d’un homme qui passe sa vie à essayer d’effacer la catastrophe qu’il a provoquée à son corps défendant. C’est une quête de rédemption et de paix spirituelle

« Une équipe gagnante »

Clive Nolan (clavier) et John Mitchell (guitare) se sont occupés de la production. Elle souligne la complémentarité des musiciens, tout en laissant à chacun la place de s’exprimer. Pas facile, reconnaissent-ils… «Nous faisons habituellement appel à quelqu’un d’extérieur pour avoir un point de vue différent, avec des oreilles vierges. Il se trouve juste que, cette fois, ça ne s’est pas passé ainsi. Toutefois, nous sommes tombés sur une équipe gagnante, parce que le résultat est éclatant !»

On ne manquera pas, au passage, d’admirer le livret. Sur la pochette, un ciel brûlant rejoint par flammèches une terre mystérieuse, qu’arpente un personnage solitaire dans des brumes tourbillonnantes. Qui est l’artiste ? «Un type qui s’appelle David Wyatt. Il conçoit surtout des couvertures de livres mais il était enthousiasmé par ce projet. Cette fois, il avait la possibilité de développer des idées avec plus qu’une seule image.»

Arena va maintenant partir sur la route. «Nous espérons ratisser une bonne partie de l’Europe. Il y aura au moins deux dates en France : le festival de Sarlat le 29 mars et un concert au Trabendo, à Paris, le 29 avril. Nous devons également sortir un EP, qui viendra parachever le monde de Contagion. Si tout va bien, il y aura aussi un DVD, un peu plus tard cette année. Après ça, nous devrons écrire le prochaine album…(prévu pour 2005). Nous aurons de quoi nous occuper !»

Contagion : la chronique

L’album démarre sur un titre irrésistible, Witch Hunt. Un brouhaha de voix, quelques sons tripatouillés introduisent une rythmique heavy. On pense un instant à Paradise Lost. Les qualités intrinsèques du groupe sont affirmées dès ce premier morceau : guitares et clavier (ce dernier parfois Pink Floydiens, époque The Final Cut / The Wall) se renvoient la balle sans faiblir, enchaînant solos et contrastes.

Le sens mélodique des compositions n’est jamais pris en défaut. La voix, typique du progressif, à tendance lyrico-pop, conjugue avec efficacité mélodie et agressivité. Rob Sowden en joue comme d’un instrument. Il ne se contente pas de pousser ses cordes vocales lors des refrains, facilement mémorisables. Les paroles sont rarement joyeuses mais toujours imagées, expressives.

Une ambiance introspective, plus ténébreuse encore lors d’une écoute au casque, se dégage tout au long de l’album. Arena a éteint la lumière et nous montre son côté sombre. Ainsi sur Painted Man (allusion à L’Homme Illustré de Ray Bradbury ?), qui débute sur un duo guitare/batterie, bientôt soutenu par les chœurs. Très construit, comme tous les titres, Painted Man offre de belles montées, qui parviennent à conserver l’intensité. L’oreille accroche toujours sur une mélodie à suivre, y compris durant les solos, limpides.

La musique d’Arena cherche un équilibre entre les développements instrumentaux et l’accessibilité, en donnant la priorité à la chanson sur la démonstration technique. Les passages sans chant ne tombent ainsi pas dans la démesure.

Trop d’équilibre ?

L’instrumental This way madness lies est basé sur une succession d’accords de guitare, avant un solo de clavier, mis en valeur par un arrière plan très présent (basse / batterie). Ce dialogue guitare/clavier donne la sensation de se laisser glisser sur une longue vague qui n’en finit pas de venir lécher le sable

Malgré tout, Arena aime bien cacher, ci et là, une touche de guitare bizarroïde, un son qui paraît enregistré dans un sous-marin. On plonge vraiment en plein prog’… mais pas trop. On frise parfois, un court instant, la pop (dans le travail voix/clavier notamment)… mais pour lorgner plus souvent vers le heavy. Ou -c’est ce qui signe l’efficacité de la formule- on fait batailler les deux.

C’est un peu L’Ecole des Fans : le chanteur est excellent ; le guitariste est excellent ; le bassiste (Ian Salmon) est excellent ; le claviériste est excellent ; le batteur est excellent. Bref, comme disait Jacques Martin, ils ont tous gagné. Et avec une telle équipe, on obtiendrait difficilement le backing-band de David & Jonathan.

Mais cette force indéniable est aussi, en un sens, la faiblesse d’Arena. Tout cela est très bien bâti, maîtrisé, joué, inventif qui plus est, longuement poli… sans pour autant partir voguer au loin de son style d’attache. Arena trouve avec Contagion sa façon propre de bourlinguer sur la mer houleuse du néo prog’-rock : pondérée, basée sur l’équilibre. On notera, par exemple, qu’à aucun moment un morceau ne s’emballe. De même, lors des passages instrumentaux, jamais un musicien ne joue sans l’accompagnement d’un confrère.

Ecoutez Skin Game : alternent de très bons épisodes calmes et d’autres plus enlevés, avec une progression du chant poussée par la guitare. Soudain sèche, avec une voix plus prononcée. En dépit de ce jeu sur les contrastes, on voudrait que le groupe se lâche un peu plus. Mais peut-être cette retenue est-elle volontaire, afin de ne pas trahir les ambiances que supposent le concept de départ ?

Un contrepoint à la mélancolie

On retrouve ce même synthétisme dans Salamander. Légèreté du clavier qui égrène ses notes, tandis que voix et guitare se montrent plus abrasives. Le tout suivi d’un refrain imparable, où la succession d’intonations donne aux mots leur hauteur et les accompagne dans leur envol.

Mais d’où vient cette impression que les parties instrumentales pourraient être interchangeables entre les morceaux - sans renier leurs qualités ? Est-ce à cause de cette clarté comme perçue du fond d’un puit, qui vient toujours en contrepoint de la mélancolie ? Le second instrumental, Riding the tide, est même le seul morceau qui semble presque dispensable, sans personnalité.

Quant à Mea Culpa, il atteint un véritable paradoxe. Le morceau part avec le son d’un vieux vinyle copié sur cassette. Mais quand ce petit jeu prend fin, et que l’on retrouve la plénitude de la qualité numérique, on y perd presque en émotion.

Bitter Harvest prouve en tous cas que le jour où Arena se mettra en tête de composer une véritable ballade, Rob Sowden sera promis à une gloire intersidérale. Il glisse même un léger accent folk dans Cutting the cards - encore un titre qui débute "moderato" avant que la guitare s’en empare. Et encore un refrain qui a du mal à vous lâcher.

Enfin, Ascension clôt l’album et déchire le voile. Contagion se termine sur une libération, l’espoir, le retour à la lumière. Et le sentiment d’avoir côtoyé un esprit torturé jusqu’à sa renaissance.

Site officiel : www.verglas.com/ArenaWorld/arenaworld.html

Article rédigé avec la complicité de Patrice B.

Merci à Musea…
Si vous souhaitez réagir à cet article, cliquez ici !

Semaine du Lundi 10.02.2003

Avertissement | Partenaires | Recrutement | Contact | Confidentialité des Données Personnelles
1999 - 2017 © Amb France Music - GROUP. IMAGES 2. Tous droits réservés