ACCUEIL RECHERCHE JEUX-CONCOURS CONCERTS FORUM CONTACT
Recherche
  Recherche rapide
 
Archives de A à Z
Recherche Avancée...
Catégories
  Variété Internationale Variété/Chanson Française Jazz/Blues/Country Rock/Metal
Groove/Funk
Pop/Disco
Electro/TripHop Techno/Dance HipHop/Ragga/Reggae Soul/R’n’B
Latin/Afro-cubain Traditionnel/Gospel World/Fusion Classique/Contemporain Film/Bande Son Compilation/Multi‑Genre Inclassables...
Communiquer !
 
Inscription à la Newsletter
 
Désinscription
Annonces Concerts
Petites Annonces
Forum
Amb France
  Aide
Contact
Webmaster
Liens
  Artistes
Labels
Radios Online
Resources Musiciens
Sites mp3
Structures
Studios
Webzines
Ajouter un site
Ajouter un studio
Partenaires
  COLUMBIA
EMI
EPIC
F COM
LABELS
NAIVE
PIAS
WAGRAM
WARNER JAZZ
WEA
...
Publicité/Promo
  Devenir Annonceur Opérations Promotionnelles

Massilia Sound System : Occitanista (Adam / Wagram)

Massilia Sound System : Occitanista (Adam / Wagram)

A l’heure où sont tapées ces lignes, les Victoires de la Musique n’ont toujours pas rendu leur verdict. Cette chronique de Occitanista, le dernier album de Massilia Sound System nominé dans la catégorie Meilleur album reggae / raga / world, conserve donc toute son impartialité avant la grande soirée du samedi 15.

Je ne vais pas vous faire l’affront de présenter Massilia Sound System, groupe occitan mythique qui mêle raga et culture régionale depuis une bonne décennie dans un style inimitable qui en a inspiré plus d’un (Aïoli, Fabulous Troubadours pour les plus connus). Chacun de leurs albums a été attendu avec impatience par un public fidèle à l’honnêteté et à la bonne humeur vivace des trois tchatcheurs et de leurs acolytes. Chaque fois, les commentaires étaient les mêmes : « Comment il est le dernier album de Massilia ? »

« Ben… c’est du Massilia… comme d’hab, ça défouraille ».


Pourtant, ce groupe a bien évolué depuis ses débuts. De quatre ils sont passés à sept musiciens permanents, ce qui leur a permis de travailler de plus en plus leurs instrus, désormais bien loin du beat binaire de leur vieille boite à rythme. Parallèlement, le temps a fait qu’ils ont plus ou moins réussi à se détacher du "syndrome Pagnol" qui leur collait tant à la peau. Non, Massilia ne se résume plus seulement au Commando Fada. Non, les marseillais ne passent pas chaque minute de leur existence à jouer aux boules, hésitant à tirer, pointer ou se resservir un pastaga, ils arrivent aussi à réfléchir entre deux parties de pêche ! L’engagement social et politique du groupe a entraîné une sorte de "décentralisation des auditeurs" qui les amena jusqu’à Paris, puis, logiquement, aux Victoires de la Musique.

Occitanista symbolise parfaitement cette évolution musicale puisqu’il dénote assez avec les précédents albums sans pour autant trop s’éloigner du style originel.

A première écoute, on est vraiment frappé par la prépondérance de l’électronique dans des instrus à tendances variées (raga, hip-hop, reggae, world, traditionnel) de très très grande qualité. Les samples sont nombreux, les sons de rues et les insertions de paroles de personnages célèbres aussi (Raimu, Lénine, animateurs radios…). Bien loin de la redondance rythmique à laquelle ils nous avaient habitué, chaque morceau est construit, réfléchi et se régénère autour d’un thème de base. Les instrus de Massilia ne se confinent plus à un simple support pour leurs paroles, une trame sonore lassante. A présent, elles s’imposent comme composante essentielle de la musique du groupe, et c’est une bonne nouvelle !

Occitanista confirme également une tendance entrevue dans les deux albums précédents, celle de l’ajout d’instruments traditionnels à l’électronique. Aux inévitables galoubets, mirlitons et tambourins s’additionnent des violes, accordéons, guitares et autres ustensiles fanco-européens. Mais la nouveauté réside dans la place accordée aux instruments du monde, surtout de provenance sud-américaine : bérimbaus, congas, bongos, djembés, percus en tout genres… Cette ouverture à la world musique s’affiche clairement sur les chansons Joglars (en portugais), La regenta de mon cor (bossa brésilienne) et Lo tamborn dei poples qui concentre des influences de tous les continents.

Cette juxtaposition d’électronique et de traditionnel provoque un contraste intéressant. Les deux genres se mélangent parfaitement pour n’en former plus qu’un, étonnamment homogène lorsque l’on sait que plus de vingt-cinq musiciens sont venus y mettre leur grain de sel !

La volonté affichée de Massilia est toujours restée la même depuis toutes ces années : « faire danser les minots, faire danser les grands-pères ». A l’instar de cette envie récurrente de rassembler les générations, on sent bien que le combat de Massilia sur le terrain associatif prend forme dans Occitanista. Fédérer devient une priorité, que se soit entre jeunes et vieux, entre voisins ou entre individus d’origines différentes. Rétablir le dialogue pour lutter contre cette méfiance latente qui s’installe entre nous. Combler le fossé intergénérationnel en rappelant à tous que le respect des traditions commence par celui des aînés, que les valeurs socles de la cité phocéenne se situent plus dans l’hospitalité, la tolérance et l’aide aux démunis que dans les farandoles et la bouillabaisse… Utopie ? Sûrement pas, « ici on a du son et des idées » clament ces farouches partisans du communautaire, à l’opposé du communautarisme. C’est ainsi qu’ils nous proposent des solutions concrètes pour faire avancer les choses ; si tu veux que la société bouge, fait bouger ton quartier, le reste suivra.

On dirait vraiment que les sept compagnons ont quelque peu troqué leur flot de paroles habituelles contre un discours clair, profondément humain, concret. Ils parlent moins mais vont "droit au but", principalement en occitan, ce qui ne dessert en rien la profondeur et la compréhension de leur message.

Le problème (parce qu’il y a un problème), c’est qu’à trop mélanger les styles on en arrive à s’y perdre un peu.

De même, l’incessante superposition de pistes audio amène à saturation, surtout vers la fin de l’album. Occitanista nous rappelle les châteaux de cartes de notre enfance : à trop vouloir en rajouter on fait tout écrouler, y compris les fondations qui étaient bonnes et, apparemment, si solides.

Peut-être que les dix-sept titres enchaînés mêlant très distinctement trois genres différents (électro, world et pur style Massilia pour simplifier) constituait un projet trop ambitieux ? Je reste persuadé que le groupe aurait gagné à scinder cet album en deux ; de plus, l’auditeur aurait peut-être eu plus l’occasion de s’y retrouver.

Cependant, ce goût d’inabouti laisse présager de grandes choses pour la suite. L’évolution de leur musique fut tellement radicale d’un album à l’autre qu’on a déjà hâte d’écouter le prochain pour voir où ils vont nous emmener. Rome n’a pas été construite en un jour, alors soyons indulgents et apprécions Occitanista en attendant la suite.

En définitive, si Massilia Sound System devait remporter une Victoire de la Musique (ce qui est très possible aux vues de ses adversaires du soir), interprétez-le comme une récompense pour l’ensemble de leur carrière plutôt que comme la consécration de leur meilleur album. Occitanista est un album de grande qualité, on est d’accord, mais s’il avait à être primé le groupe marseillais pourrait légitimement nourrir quelques regrets pour certains de leurs précédents titres… sauf s’ils considèrent que ces soirées sont aussi inutiles que chiantes et que les prix qu’on y distribue ne reflètent en rien la ferveur que le public, le vrai (celui qui va aux concerts au lieu de regarder la télé), peut leur communiquer à chacune de leurs authentiques prestations.

Hum… je m’égare.

Une citation de F.M. CASTAN figurant sur la pochette d’Occitanista pour conclure : « On n’est pas le produit d’un sol, on est le produit de l’action qu’on y mène ».

A méditer…

Site officiel : www.massilia-soundsystem.com

 
Si vous souhaitez réagir à cet article, cliquez ici !

Semaine du Lundi 17.02.2003

Avertissement | Partenaires | Recrutement | Contact | Confidentialité des Données Personnelles
1999 - 2017 © Amb France Music - GROUP. IMAGES 2. Tous droits réservés