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Aston Villa (Suite...)

Interview : Aston Villa (Suite...)

Comment avez-vous vécu le fait qu'après le single "Raisonne" (version rock) et ce premier album à gros moyens, on ait moins entendu parler de vous ?

Djib : C'est ça qui est le plus dur. C'est de voir qu'on dépense une fortune sur toi, que c'est très prometteur. T'as l'impression que c'est parti, tu as tous les moyens pour réussir. Et puis en fait, tu es victime de ce décalage : de ne pas être en phase avec tes outils, tes moyens, ta maison de disques et les médias. C'est vrai qu'en France, les médias, ce n'est pas simple non plus. Il y a très peu de médias "rock". Donc le groupe de rock Aston Villa se retrouve, à l'époque, avec des médias variétés. C'est-à-dire des journaux qui ne savent pas parler de rock, qui ne savent pas poser de questions à un groupe de rock. Nous à l'époque, on est conscients que c'est du long terme. Il faut deux, trois albums. Il faut 500 concerts. On a beau le dire à la maison de disques, ils ne comprennent pas, ils n'entendent pas. On n'est pas les seuls. A l'époque, il y a les Wampas, Malka Family, Les Silencers. On voit tous ces groupes-là se faire virer un par un de chez BMG, au profit des boys band qui commencent à apparaître.

Je me souviens être arrivé en moto devant chez BMG. Il y avaient 50 minettes qui attendaient je ne sais plus quel boys band, et elles me prenaient pour un coursier. Au moment où je rentrais chez BMG, on me donnait des papiers à transmettre aux boys band. C'était un superbe immeuble en pierres de taille, et les minettes, elles laissaient des messages d'amour au marqueur.


Fred : Je crois que ça te rend plus fort. Tant que t'es pas mort, t'as qu'une seule envie : leur prouver que ce que tu fais, c'est bien. Tu y crois à mort, et tu a foi en ce que tu fais. On a fait engager notre manager, Sébastien Zamora, au sein de la maison de disques, pour qu'il chapeaute, pour qu'il s'occupe lui-même des affiches, des fanzines, des radios locales... Peine perdue. Alors tu dis : "on va s'occuper de tout, tout seuls". On va essayer de chapeauter au maximum, puisqu'ils ne savent pas faire. Là, tu prends conscience que tu es en décalage, et qu'il faut surtout plus re-signer dans une major ! Ton image est ternie car on te prend pour un groupe préfabriqué.

Djib : C'est là où ça devient dur, dans le creux de la vague dont tu parlais tout à l'heure. De voir que le premier album se vend pas tant que ça, que les gens n'entendent pas parler de nous, qu'on n'a aucune télé. Il n'y a que Oui Fm qui nous passe en radio. Donc on a un petit succès d'estime parisien, on arrive à remplir les salles, et à survivre comme ça sur Paris, grâce à Oui Fm. Mais on se retrouve à devoir négocier un autre contrat, dans une autre maison de disques. Et tout le monde nous regarde de travers, en disant : "vous êtes un groupe de luxe ! Vous avez dépensé une fortune, vous z'avez pas vendu ! Ets-ce que vous serez capable de faire un album avec moins de moyens ?". Il a fallu relever ce défit-là. C'est-à-dire, avec deux fois moins de moyens, essayer de faire un beau disque.
Fred : On avaient confiance, parce que on savait que le public acquis à cette époque serait derrière nous. Parce qu'on a toujours été très disponible avec les gens. Toujours à discuter, à chercher l'encouragement... Parce qu'il fallait qu'on sache rapidement si ça valait le coup de refaire un album. Ca te remet en questions total. Tu te dis que ta musique elle est pourri, que tes textes sont pourris, que ta voix est pourrie, tout ce que tu fais, c'est pourri... Il y a un doute terrible qui se crée. Et là, il faut vite composer. Mais il faut tourner en même temps, pour continuer à exister. Parce que c'est le seul moyen que tu as d'exister; personne ne veut de toi. On a quand même été aidés par tous ces programmateurs qui ont pris des risques énormes. C'est pour ça qu'on est très très fidèles aux petits médias qui nous ont toujours soutenu dès le début. Et qui vivent cette récompense aussi fort que nous aujourd'hui.

Djib : Pour en revenir à BMG, le genre de décalage typique qu'ils nous faisaient subir c'était : "après le concert, vous ne devez pas aller au bar discuter avec le public. Vous devez être des stars inaccessibles. Vous devez rester enfermés dans les loges, et que les gens vous voient juste sur scène". Nous, en tournant en province, c'était justement l'inverse. Le meilleur miroir qu'on avaient, c'était ce public qui nous disaient : "changez rien, c'est génial !". Donc on savaient qu'il ne fallait rien changer, juste continuer. Ce public-là était fan dès le départ, et il serait fidèle. Il aimait justement boire des coups avec nous à la fin, et constater qu'on étaient des gens cools, simples et accessibles après le concert. Heureusement, on a misé là-dessus. On s'est dit : "on va tourner, on va aller voir encore plus de monde en province, en Suisse, en Belgique...". Au départ on avaient des conseils de la maison de disques, qui étaient en fiat, des conseils qu'ils donnaient aux boys band. Ils voulaient nous les appliquer à nous. Du style : "vous êtes des stars inaccessibles, on va vous trouver un styliste...". Mais la priorité est ailleurs. On n'arrêtaient pas de leur dire : "venez dans le bus"... En permanence, ils veulent te faire rentrer dans le moule : "vous devriez vous saper comme ça, vous coiffer comme ci..."

Fred : Leur but était d'avoir un crédit, un alibi culturel. D'avoir son propre groupe de rock, et de dire : "nous aussi, on fait quelque chose pour le rock !"

Djib : Leur opportunisme, à l'époque, c'est vis-à-vis des quotas. Les quotas français arrivaient sur les radios, et je pense qu'ils nous ont signés en partie pour ça. Ils ont accepté de dépenser autant de pognon pour nous, sur le premier album, pour ça : "il y a des quotas. Il nous faut un groupe français". Mais c'était pas aussi simple que ça.

Après la période BMG, y a t'il eu une période "sans label" ?

Fred : Ca s'est fait très vite. Hervé Deplasse (NDR : qui travaille maintenant chez Naïve) était, à l'époque; le patron du label "Double T", un petit label de chez Sony. Il avait récupéré, comme par hasard, Les Silencers, Indochine, Sinsemilia, Ks Choice. C'était très familial. Il n'y avaient que 7 personnes employées, ça ne pouvait pas être plus petit. Vraiment le petit label de base. Et lui s'est battu jusqu'au bout, mais contre des moulins à vent. Car il n'a pas été aidé par la maison mère, qui distribue (Sony). Mais artistiquement, il était là, derrière. On a monté une marche grâce à lui. Parce que c'était un rebelle, il mettait des bourre-pif à tout le monde. Il venait de chez Musidic, de chez Pias. Co-fondateur, avec tant d'autres, de Rock and Folk. Il avait signé Blankass. Avec lui, on étaient complètement en phase.

Djib : C'était super ciblé. Ils avaient peu de moyens, peu de monde. Mais par contre, à chaque fois qu'on allaient faire une interview, à chaque fois qu'il avait un plan promo, à chaque fois qu'il y avait un concert, ils étaient là. Tout était dans la ruse, dans la connaissance du milieu, du terrain. On allaient les yeux fermés à tous les plans promo, on savaient que c'était en phase avec ce qu'on faisaient.

Fred : Par contre, là on est passé d'un budget mirobolant, à deux francs six sous. On a dû apprendre à vite enregistrer et mixer un album en trois semaines.

Djib : La nuit.

Fred : La nuit, bien sûr. C'est pire encore. Mais on l'a fait.

Djib : Nous ne le ferons plus. C'était un défi. On l'a relevé, mais on ne le fera plus comme ça.

Fred : On s'est dit qu'il fallait du temps pour composer, qu'il ne fallait pas faire n'importe quoi. Il fallait prendre le temps de faire de la bonne musique, car ça reste le nerf de la guerre. Le reste, c'est du pipeau.

En ce qui concerne les majors, vous adhérez donc à l'opinion de Bertrand Cantat, chanteur de Noir Désir, qui peste contre le marketing d'Universal ?

Fred : Il a surtout pesté contre l'utilisation du nom de "Noir Désir". Doc, notre batteur, a plutôt gueulé en ce qui concerne le côté "je te prends jusqu'à la date de péremption, et je te jette, comme des yaourts". Bertrand Cantat n'a pas craché dans la soupe, il a juste expliqué à Messier qu'il ne fallait pas utiliser le nom du groupe comme il le faisait, sous prétexte qu'il arrivait à exporter la culture française à l'étranger, alors que ça n'était pas vrai. C'était pas le même discours (NDR : que le notre).

Djib : C'était une mise au point de la part de Bertrand. Nous c'était plus un règlement de compte. On avaient besoin de se décharger de ce truc, qu'on avaient en travers de la gorge depuis des années. En même temps, c'était le côté utile de se dire : ce mec-là (NDR : l'ancien patron de BMG), il faut vraiment que les artistes l'évitent. On voulait prévenir les groupes qui pourraient négocier avec lui : c'est un requin, il marche à court terme. Si on peut éviter la même mésaventure à d'autres groupes, tant mieux. On ne veut plus le citer. On l'a cité une fois, on s'est soulagé, on passe à autre chose.

Fred : Lui il cherche la pub, ça l'a mis en lumière. Plus personne n'en parle, tous ses collègues le détestent.

Djib : Ca met en valeur son côté requin. Il va être encore plus riche, et encore plus sollicité. On va l'envoyer faire des missions de serrage de vis, et de licenciement partout dans le monde. Mais au moins, il ne fera plus de musique, et il ne sabotera plus une carrière d'artiste. C'est ça qui est important.

... Live Acoustique ...

Vous avez commencé à être médiatisés grâce au live acoustique. Vous n'êtes pas trop "frustrés" que le public ignore que vous avez déjà fait deux albums avant l'album acoustique ?

Fred : Après, tu vis le moment présent. Ils n'ont pas marché, c'est pas grave, on passe à autre chose. Après ce deuxième label, Double T, on se retrouve encore dehors. Là, Sébastien Zamora, notre manager, a l'idée d'un concert acoustique. C'est un exercice qu'on pratiquaient depuis les débuts, quand on faisaient les show cases, quand on jouaient dans des bar tabacs. Je m'en souviendrais toute ma vie ! On jouaient en file indienne : le batteur était dans l'angle, après, il y avait Djib, après le guitariste, et moi j'étais devant. Les mecs venaient oblitérer leur ticket de quinté plus ! Et nous, on jouaient en même temps. En parallèle, on faisaient la première partie de Joe Cocker à Bercy ! Décalage total.

Quand on a fait ce live, on s'est dit que c'était le seul moyen d'exister encore, que ça nous permettrait de préparer le troisième album studio, et qu'on vendraient les albums live après les concerts. En attendant, on produira notre prochain album studio, et on signera sûrement en licence. Tout le monde a été surpris du succès du live.

Est-ce que le succès du live a eu une influence sur la vente des deux premiers albums ?

Fred : Ben oui. Par exemple, BMG a mis un gros sticker sur le boîtier : "inclus le tube "Raisonne". Les premiers albums se vendent, parce que les gens qui découvrent veulent savoir ce qu'il y a eu avant le live acoustique. Le public est au courant qu'il y a une autre version de "Raisonne"... C'est marrant. "Si les anges" (NDR : le dernier single), qui aujourd'hui passe en clip et à la radio, elle a 13 ans! Chaud hein ?

Comment vous réagissez par rapport ça ? Vous avez été connus avec "Raisonne", et vous revenez avec le même morceau.

Fred : (rires) C'est bien, c'est une façon de se différencier.

Djib : On savaient que les chansons étaient bonnes.

Fred : Après ça te requinque, tu reprends confiance en toi. Tu es quand même à l'aise parce que c'est l'exercice que tu pratiques le mieux : la scène. Il n'y a aucune raison que ça se passe mal. Naïve met les moyens qui faut, sans que ce soit démesuré. Aucune pression, on enregistre en trois soirs, on prend les meilleurs moments. Ils mettent aux manettes Dominique Blanc-Francard, qui est le pro du live, qui est un mec adorable, en qui on a une confiance totale. Belle idée de Marie Audigier, notre directrice artistique. Quand elle nous a dit qu'ils allaient sortir "Raisonne", on étaient tellement démotivés qu'on s'en foutaient. On avaient la tête dans le prochain album. Il n'y avait rien à perdre, mais on n'avaient pas parié un franc... Et en un an, parce que ça fait un an qu'on a signé avec Naïve. Tu vois tout ce qu'il s'est passé, c'est la folie. Tout ce qu'il ne s'est pas passé en 7 ans... C'est une bonne leçon. Si tu crois en ce que tu fais, il ne faut pas lâcher, même si autour de toi on te dit : "hé coco, oublie, t'es vieux, c'est fini".

Djib : C'est que toi qui sait si tu as envie de continuer ou pas. Si tes chansons sont bonnes... Et le public, qui nous disait depuis le début : "ne changez rien, c'est mortel !". Tant que tu as une vingtaine de personnes à chaque concert qui te disent ça, ça te donne des forces pour soulever des montagnes. Même si les médias, même si les formats radios changent tous les 6 mois. Un coup ils veulent de la pop, un coup ils veulent du R'n'B, du groove. On ne peut pas compter sur eux. On ne sait pas si il nous passeront sur le prochain album. Par exemple, la première version de "Raisonne" est assez baston. On fait un premier album assez rock. A l'époque on est fans de Soundgarden, Nirvana... Le directeur artistique nous donne carte blanche pour grossir les guitares... Et Fun Radio nous dit, six mois après que l'album soit sorti : "on veut bien passer "Raisonne", mais il faut enlever le solo de guitare qui est un peu métal". Nous, sans concession, on dit non. Vous passez la chanson avec le solo, ou vous la passez pas. Après on fait une autre version de "Raisonne" dans le live acoustique, mais on n'enlève pas le solo de guitare. Ca reste notre version. On offre cette version parce qu'on sait qu'elle est différente. Elle nous plaît aussi. Elle met en valeur le voix de Fred, on comprend mieux les textes, c'est moins agressif. Force est de constater qu'en France, dès que les gens entendent une guitare saturée, ils ont l'impression que leur radio n'a plus de piles. La culture est comme ça. On est obligé de constater qu'on y a été un peu fort sur les guitares, sur le premier album. On propose une autre version, acoustique,n mais on reste maîtres du projet.

Fred : c'est vrai qu'à un moment, on se dit qu'on est pas dans le bon pays. Aujourd'hui de se dire qu'Aston Villa c'est très hipe, et très à la mode, ça me fait un peu rigoler.

Djib : En plus le côté baston des chansons qu'on interprétaient avec les guitares à fond, saturées, les gros riffs super métal, ça marchait super bien en Suisse, en Belgique, au Québec. Qui sont francophones, mais qui n'ont pas ce problème de quotas. Ils sont moins franchouillards. Tes morceaux passent au milieu de chansons anglaises, et le son est à peu près le même. On a toujours eu un son très produit rock international; et non pas mixé à la française, avec la voix bien devant... On avaient constaté au bout d'un moment que c'était typiquement français. On avaient envoyé un truc trop baston pour le public français.

A l'époque du premier album, n'étais-ce pas trop gênant d'être récupéré par des magasines de métal ?

Fred : On se sentaient en phase, on est de là.

Djib : Ca nous a envoyé des fans super motivés, super fidèles. Ils étaient contents de prendre du son plein la gueule, mais aussi d'entendre un truc baston et mélodieux.

Sébastien Zamora, le manager d'Aston Villa, nous rejoint...

Pourquoi la version radio du single "Raisonne" version acoustique est différente de la version live ?

Fred : Le fait de la faire en acoustique, ça devenait un truc plus pop. On a voulu mettre des violons, et notre D.A était d'accord. Pour nous, c'était une façon de baiser la gueule aux radios... Cheval de Troie : Aston Villa et les 40 violons. Je dis à nos fans que quand ils viennent nous voir sur scène, il n'y a pas de violons, ils peuvent s'accrocher. Les mecs rigolent et ils comprennent.

Djib : En même temps, c'était émouvant aux Victoires, de jouer avec en live avec des violons. Souvent on nous pose la question : "Avec les violons, vous n'avez pas vendu votre âme ?". Non, car sur le live, les versions étaient un peu crues, un peu sèches. Pour les radios, il faut un truc un peu plus produit. Soit on rajoutaient du piano, soit des violons. Bon, on a essayé le violon, et puis ça nous l'a fait. Ca nous a touché. On étaient en studio, on a vu les cordes rajouter leurs parties sur le morceau. Super. C'est de la musique : ça le fait ou pas.

Fred : On s'est fait plaisir, parce qu'en plus, on ne misait pas trop dessus. On s'est dit, on va s'faire un kiff quand même. Quand on a écouté les violons ont s'est : "ah, c'est pas mal !"

Djib : Du coup, dans le prochain album, il y aura des violons.

Je crois que vous avez fait appel à un arrangeur italien ?

Fred : Marco Sabio. Il est tombé fan de la chanson. Même le quatuor qui a enregistré est resté une heure de plus à vouloir peaufiner; alors que d'habitude, ce genre de musicien vient, prend son cachet, et joue ce qu'on lui dit de jouer. Ils trouvaient que les arrangements étaient intéressants.

Lorsqu'on demande aux français les groupes rock qu'ils connaissent, ils répondent tous "Téléphone" et "Noir Désir". Pensez-vous qu'on assiste, grâce à vous, au retour des groupes rock ?

Fred : Le mouvement rock revient en force. C'est le retour du manche! Si on y est pour quelque chose, tant mieux ! Il n'y a pas pas de tradition de groupe en France, il y a beaucoup d'individualisme. Si on peut contribuer au fait que le phénomène de groupe devienne incontournable, ouais ...

Pensez-vous qu'on est en train de revenir progressivement à la musique "live", sans machines ?

Fred : Je ne crois pas? Maintenant les machines, c'est digéré... Un sampleur, c'est un instrument comme un autre. Faut pas que ça repose dessus.

Je pensais plus aux programmations électroniques, aux séquences...

Fred : On l'a fait sur Extraversion. Sur ce deuxième album, il y a des morceaux avec une couche organique, des séquences, des sampleurs. Mais les chansons ne reposent pas dessus. Ne surtout pas faire cette erreur. Tu peux composer à partir d'une séquence, d'un ordinateur... Mais si tu es obligé de te trimballer ton ordinateur quand tu joues... Je crois qu'il n'y a rien de mieux qu'une guitare. Tu vas sur la plage, tu branches une meuf. C'est plus facile à trimballer qu'un piano, ou qu'un ordinateur.

Djib : On est très soucieux de ça. Là on prépare le quatrième album, on sait qu'on va mélanger des machines, des nappes, des bruits. On est conscients qu'après, pour le public, d'entendre des sons qui ne sont pas mis en scène, on ne sait pas d'où ils viennent, qui ne sont pas joué par quelqu'un, c'est dérangeant. Si tu envoies 2 minutes de musique sans voir les mecs le jouer, et tu sais pas d'où ça sort; scéniquement, ça peux déranger. Les machines qu'on maintient sur scène sont vraiment celles dont on ne peux pas se passer. On garde que l'essentiel en général. Ca ne doit pas prendre le dessus.

Fred : Il ne faut rien s'interdire. Si, à un moment, on dit : "on n'a pas envie de jouer avec la machine", la chanson tient quand même. Avec la machine, elle tient aussi. Elle est mieux, ou elle est différente, mais ça ne repose pas dessus.

Djib : Si on maintient les machines, on fera l'effort des les mettre en scène. Que les gens voient bien qui déclanche quoi, d'où ça vient... Que tu comprennes que ce soit le percu ou le batteur qui déclanche un truc, ou Fred avec un synthé... Que ça soit visible.

... Tournée / Prochain Album ...

Comment s'est passée la tournée ? L'accueil du public ...

Fred : C'était la première fois qu'on voyaient affichés des bandeaux "COMPLET". On connaissaient pas. Sur les 35 dates qu'on a fait, il y avaient plus de la moitié sold-out. Même un mardi soir, à Tours. Quand tu vas jouer en début de semaine, et que c'est complet ! Ca présage des bons trucs.

Vous êtes en pré-production du 3ème album studio. Vous en êtes à quel stade ?

Fred : On a est au stade arrangements / maquettes. On enquillent directement sur l'enregistrement. Il n'y aura peut-être pas assez de temps de réflexion... On a aimé la spontanéité du live acoustique. On veut préserver ça. Un peu de réflexion quand même, mais pas trop.

Quelle sera la couleur de l'album ? Un peu moins rock que les deux premiers ?

Djib : Il y aura de tout. Autant on voulait vraiment faire le premier album comme un live, avec l'espèce de même son du début à la fin; autant là, on a visité tellement d'extrêmes, du côté baston au côté acoustique, jusqu'aux violons, qu'on a justement, plein de cartes et de couleurs possibles. On va peut-être mélanger un côté indus baston, et un côté très acoustique. Tout est possible...

Fred : Ca nous ouvre un choix extraordinaire. On s'offre une vraie récréation : "tiens on va délirer comme çà, ou comme ci...". Au moins qu'on se fasse plaisir, que ça marche ou pas. Si ça marche, au moins, on se dira : "on a pris notre pied, on a fait ce qu'on a voulu !"

Naïve vous fait entièrement confiance ?

Fred : Carte blanche, surtout quand tu viens de prendre une Victoire... Même auparavant, chez BMG, on avaient carte blanche. Faut dire aussi qu'aux manettes, il y a Renaud Letang. Il a réalisé le premier album d'Aston Villa, c'était sa première réalisation en solo. Il a fait le deuxième avec Franck Pilant qui est le premier guitariste d'Aston Villa. Il n'est plus dans le groupe, mais il est toujours là.

Quelle est la méthode de travail du groupe ? Vous composez à plusieurs ?

Fred : Il n'y a pas de règles. La meilleure idée prime. Un jour on s'est installé à la campagne, on a mis deux heures pour tout brancher, et puis on a joué. Le premier truc qui est sorti, hop... En dix minutes, il y avait un chanson. C'est l'alchimie, c'est tout le monde. Dès fois, un musicien du groupe fait écouté ce qu'il a enregistré sur son portable... Faut être aux aguets, tout le temps. Pendant les tournées, il y a toujours un minidisc... En balances, dans la chambre d'hôtel, dans le camion ! Quand il y en a un qui prend un instrument, on ne sait jamais ce qu'il peut sortir. Il y a 10 secondes de bien. Il y a eu beaucoup d'archivages. Depuis deux ans, on a une vingtaine de mini-discs remplis. Ca fait quatre mois qu'on réécoute, et on couche tout ça sur bande.

La tournée est déjà prévue ?

Fred : Oui, et comment ! Il y a les Eurockéennes de Belfort, Les Solidays, Les Franco de Spa, les Francofolies de La Rochelle... Et plein d'autres dates autour. Une trentaine (NDR : Dis-t'il en interrogeant du regard le manager du groupe) ?

Vous venez à Nice ?

Djib : Il y a deux extrêmes où on ne va pas assez, c'est la Bretagne et la Côte d'Azur...

Merci beaucoup à vous deux... Bonne continuation.

Je me tourne alors vers Sébastien Zamora, le manager, et je commence l'interview... A suivre ...


Discographie :
1996 :"Aston Villa" (BMG / RCA)
1998 : "Extraversion (Double T Music)


2001 : "Live Acoustique" (Naïve)
 

Site officiel du groupe : http://www.astonvilla.org
Site de la maison de disques : http://www.naive.fr

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Semaine du Lundi 06.05.2002

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