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Le jazz est‑il réservé à une élite ?

Le jazz est-il réservé à une élite ?

Est-ce seulement une musique d’intellectuels que l’on ne peut comprendre qu’en se torturant les méninges et en étudiant chaque note jouée ?

Je vous propose une réponse claire à ces questions par l’intermédiaire de la traduction d’un court et extraordinaire texte de Joshua Redman, immense saxophoniste contemporain.

A lire absolument, surtout si vous n’aimez pas ce genre musical.


<début de citation>

« Le jazz est souffrant aujourd’hui, mais pas dans le sens que vous pouvez l’imaginer. Contrairement aux mises en garde de quelques professionnels (et amateurs) pessimistes, le jazz des années 90 est vivant, et bien vivant. Il est prospère, créatif, inspiré, provoquant et original.

Ce dont le jazz souffre aujourd’hui n’est pas un piétinement artistique mais une mystification populaire. Le jazz, en d’autres termes, possède généralement une image pourrie, une image qui était résumée dans le commentaire d’une de mes relations, formulé il y a quelques jours à peine :

« Le jazz, c’est sympa comme tout, mais ce n’est pas vraiment mon truc. Je veux dire, je le respecte, mais je ne peux pas vraiment le sentir de l’intérieur. J’aime bien les musiques qui me font ressentir quelque chose. Le jazz n’est pas trop de celles-là. Avec le jazz, on doit tout le temps réfléchir. C’est toujours bizarre et compliqué. C’est seulement pour ces gens qui aiment disserter sur le chiffrage musical et les trucs du genre. Le jazz, dans un sens, est trop profond pour moi. »

Ce même point de vue a déjà été énoncé un nombre incalculable de fois dans d’innombrables formes par les sceptiques du jazz, et ce dans le monde entier.

Tous les jazzmen sont conscients de ça. Quelques-uns l’ignorent. Quelques-uns le nient. D’autres en font une grande offense. D’autres enfin l’ont tellement entendu qu’ils finissent par le croire eux-mêmes. Mais sans se soucier des différentes formes particulières que cette idée peut prendre ou des réactions variées qu’elle peut engendrer, son principe fondamental demeure constant et abondamment clair : le jazz est une musique intellectuelle.

D’après l’opinion commune, le jazz serait quelque chose que l’on recherche et étudie, inspecte et dissèque, examine et analyse. Le jazz te retourne la cervelle comme une équation algébrique et laisse ton corps mou et sans vie.

Dans le cœur du plus grand nombre, le jazz apparaît comme une forme artistique élitiste, réservé pour un groupe sélectionné d’intellectuels sophistiqués (et passablement farfelus) qui se donnent des rendez-vous secrets dans des repères souterrains (ou d’inaccessibles tours d’ivoire) pour écouter des disques désuets, débattre de théories absurdes, fumer la pipe et déchiffrer des partitions.

La plupart des gens suppose que l’approche du jazz est une longue, ardue et douloureuse entreprise cérébrale. Le jazz peut être bon pour vous, mais seulement du moment que vous n’êtes pas marrant.

Cette image est simple, forte et dangereusement tentante. Mais c’est aussi une représentation erronée.

Le jazz, c’est de la musique.

Et du bon jazz, comme toutes les bonnes musiques, atteint une valeur qui ne passe pas par une complexité intellectuelle mais par une expressivité émotive.

C’est vrai, le jazz est une forme d’art particulièrement intrigante, raffinée et rigoureuse. Les musiciens de jazz doivent amasser un vaste champ de connaissances idiomatiques et cultiver un sens aigu de l’imagination s’ils souhaitent devenir d’accomplis et créatifs improvisateurs. De plus, une familiarisation de l’auditeur avec l’histoire du jazz et ses théories rehaussera indubitablement son appréciation sur l’esthétisme musical moderne.

Oui, le jazz est une musique intelligente.

Néanmoins, aussi considérables qu’ils semblent l’être, les aspects intellectuels du jazz sont en fin de compte simplement destinés à un but émotionnel. La technique, la théorie et les analyses ne sont pas, et ne devraient jamais être considérées, comme des fins en soi.

Le jazz ne parle pas de bémol cinquième, de dièse neuvième, de subdivisions métriques ou de transpositions d’accords. Le jazz traite de sentiments, de communication, d’honnêteté et de "soul" (NDLR : manière de ressentir les choses chez les afro-américains). Le jazz n’est pas censé embrouiller l’esprit. Il a l’intention d’enrichir l’esprit. Le jazz peut être jubilatoire. Il peut induire une certaine mélancolie. Le jazz peut transmettre de l’énergie. Il peut apaiser. Le jazz peut vous faire bouger la tête, claquer des mains et taper des pieds. Le jazz peut vous envoûter et vous hypnotiser. Le jazz peut être doux ou violent, lourd ou léger, frais ou bouillant, lumineux ou noir.

Le jazz est pour votre cœur. Le jazz vous émeut.

(…)

Le jazz est avant tout une musique improvisée. Cela demande de la sensibilité, de la spontanéité et de la flexibilité de la part des interprètes et, de la même manière, des auditeurs. La magie de l’expérience jazz repose sur son "irreproduisibilité". Chaque son est précieux car il ne sera jamais rejoué (ou réentendu) précisément de la même manière, au même endroit, avec les mêmes sensations.

Ainsi, le mieux est de penser ces compositions non pas comme une dissertation esthétique exhaustive, mais comme des suggestions musicales volatiles. Chaque chanson implique une humeur de base. Chaque piste évoque un thème d’ensemble. Après, cela dépend de notre bon vouloir d’improvisateur de prendre ces thèmes et de les tresser en récits personnels, inspirés et spontanés. Et cela dépend de vous, en tant qu’auditeurs, de prendre ces humeurs et les utiliser comme des fenêtres sur votre propre "soul".

En fin de compte, ces chansons parleront de vos expériences, de vos impressions et de vos émotions. Elles peuvent vouloir dire ce que vous voulez qu’elles disent. Elles peuvent être ce que vous voulez qu’elles soient. Elles peuvent vous emmener où vous souhaiteriez aller.

Aussi longtemps qu’elles vous feront vibrer. »

Joshua REDMAN, Avril 1994.

<fin de citation>

Comme nous venons de le voir, le jazz fait partie de ces musiques dites "savantes". De ce fait, il est difficile de l’aborder de but en blanc. Je pense vraiment que le point de départ d’une approche de ce genre musical si particulier passe par une expérience vécue personnelle. Ainsi, une bonne soirée entre amis autour d’un verre avec un groupe qui nous sert du jazz-rock bien léché, un de nos artistes préférés qui s’essaye à ce style en l’adaptant plus ou moins à ce qu’il sait faire, un musicien rencontré dans la rue, sont autant de pistes d’explorations possibles.

Tout doit partir de soi, de ce que l’on aime, de ce que l’on recherche.

Impossible donc de commencer en écoutant du Coltrane ou du Ornette Coleman ! Il y a tellement d’entrées possibles dans le jazz que toutes les voies sont permises ; partez de votre style musical favori, soyez curieux, écoutez deux trois conseils de passionnés (on est aussi là pour ça) et vous verrez bien si vous pouvez trouver quelque chose qui vous convienne…

Mais bon, cela ne reste qu’un conseil d’ami !

Site officiel : www.joshuaredman.com
Traduction et commentaires : /b>.

 
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Semaine du Lundi 23.12.2002

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