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Sepultura : «Under a pale grey sky» (Roadrunner)

Sepultura : «Under a pale grey sky» (Roadrunner)

Un enterrement de première classe

Que ce live va laisser de regrets ! Il retrace le dernier concert de Sepultura dans sa formation originelle, en 1996, à la Brixton Academy de Londres. Un lieu mythique et un double album qui ne devrait pas tarder à le devenir pour les fans d’un des groupes de métal les plus originaux de la fin du dernier millénaire (faut dire que le genre, au début dudit millénaire, ne devait pas courir les catacombes… à part bien le métal a capella sous la torture). Sepultura a façonné un nouveau genre, enrichi d’influences ethniques.

Rappel des faits, dignes d’une telenovela. Né au Brésil, Sepultura pousse ses premiers vagissements dans le death-métal carnassier, hyper lourd et rapide, avec chant caverno-guttural (EP «Bestial Devastation» en 1985). Igor Cavalera tient la batterie, son frère Max la gratte et le chant. Puis, avec des brûlots comme «Beneath the remains» ou «Arise», le groupe se taille une solide réputation underground, qui traverse l’Atlantique.


Sepultura a quelque chose de plus que la concurrence : les racines d’un pays où la colonisation s’est faite au prix du massacre des indiens, où le développement laisse crever une grande partie de la population dans les favelas (*). Le génie du groupe sera de se plonger dans cet héritage culturel et social.

Son death vire power-trash, parfois limite hardcore, s’enrichit de rythmes tribaux et sud-américains, allant jusqu’à enregistrer avec une tribu indienne en pleine jungle, ou avec un célèbre percussionniste brésilien. Les paroles sont clairement revendicatives. Explorant ces nouveaux territoires, Sepultura sort en 1993 un disque-manifeste, « Chaos A.D. ». Gros succès.

Cloués au mur

Re-belote en 1996. «Roots» approfondit le sillon. En France, le disque est certifié d’or (un exploit pour ce style) et élu album de l’année par les lecteurs du mensuel Hard-Rock. Sepultura explose. Mais dans tous les sens du terme.

Max est marié à Gloria, devenue manageuse du groupe. Mais le groupe trouve que l’emprise d’icelle devient trop importante. Tout le groupe ? Non ! Car Max résiste encore et toujours. Déchirement avec le frérot Igor. Max faits ses valises et part fonder Soulfly (qui en est maintenant à son troisième album), tandis que le reste du combo recrute Derrick Green. Mais ni Soulfly, ni Sepultura II n’ont retrouvé l’aura du Sepultura I.

D’où l’intérêt de ce live. Après une intro aux percus, histoire de montrer que l’on n’a pas affaire à n’importe quels bouchers-tripiers, Sepultura enchaîne «Roots, bloody Roots», «Spit» et «Territory». Mes aïeux, quelle correction ! Ils nous clouent au mur d’entrée et pas question de décrocher avant la fin.

Max et Igor fonctionnent quasiment par télépathie. La rythmique mouline plus vite et avec plus de précision que les jambes d’un coureur de 100 mètres. Les breaks sont ahurissants… notamment lorsque la sauce repart. Les hurlements d’Max peuvent même tout à fait être qualifiés de chant. Outre la technique et le son, qui arrive à rendre l’ambiance live sans tout écraser, on sent surtout le groupe qui offre tout ce qu’il a dans le ventre.

"Don’t compromise"

Au long des 28 morceaux, Sepultura pioche dans les cartons de «Chaos A.D.» et de «Roots» (ne cherchez pas, ils ne sont pas passés en radio par ici…) comme dans l’étal sanguinolent de ses premières dépeçages. Les profanes remarquerons l’engagement de certains titres : «Refuse/Resist», «Policia», «Dictatorsh*t», «Endangered species»…

La fin de la prestation est aussi furieuse que le début : «Kiowas» et «Ratamahatta», dont les effluves indiennes prennent vraiment toute leur dimension sur scène ; enfin, déclame Max, "this song is dedicated to everybody that has made all our dreams come true". C’est la cirrhose sur le gâteux : la reprise du «Orgasmatron» de Motörhead. "Stand true, don’t compromise", lance Max en quittant les planches.

A noter que Roadrunner sort aussi un «Chaos DVD», compilant trois anciennes VHS. Pour le label, la seule façon de se consoler d’avoir vu exploser en plein vol, telle la palombe flinguée par un enfoiré médocain, ce qui devenait le phénomène métallique des années 1990, c’est d’exploiter le back-catalogue en lui faisant cracher ses ultimes billets…

Malgré ce bémol, avouons que le double live démontre, encore mieux que les albums studio, comment Sepultura a enfoncé des portes qu’on croyait cadenassées. Et a permis, avec Angra (dans le heavy-speed symphonique), de faire émerger la scène métal brésilienne. Oui, que de regrets qu’Igor et Max aient décidé de frères Cavalera seuls.

Site officiel : www.sepultura.com.br

Merci à Roadrunner …

(*) Bien que le Brésil soit la 11è puissance économique mondiale, près d’un tiers de ses 170 millions d’habitants vit sous le seuil de pauvreté. Pour ceux que ça intéresse, lire : « Huit années qui ont laminé le Brésil » et « Le pays des sans-terre », Le Monde Diplomatique, octobre 2002, p. 14-16 ; « Brésil, les illusions perdues », Alternatives Economiques, octobre 2002, p. 30.

 
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Semaine du Lundi 04.11.2002

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