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Solidays 2003 ‑ Nada Surf, Wriggles, Wampas, Sjatalites, La Rue Ketanou, Massilia Sound System

Solidays 2003 (2ème partie)

Nada Surf, Wriggles, Wampas, Sjatalites, La Rue Ketanou, Massilia Sound System

Solidays 2003 Solidays 2003 Solidays 2003

Les six concerts que j’ai pu voir lors de cette édition de Solidays avaient un point commun: un public très chaleureux et démonstratif… et donc des groupes qui donnaient tout ce qu’ils avaient dans le ventre… et donc un public aux anges qui en redemandait.


Il règne sur ce festival une ambiance vraiment particulière. Même si la plupart des spectateurs y viennent sans doute surtout pour la musique, il est tout aussi certain que la cause qui le motive (cause qui va, le village associatif en témoigne, au-delà de la lutte contre le sida) n’est pas étrangère à cette communion.

Affichant complet pour la deuxième année consécutive, Solidays devra cependant prendre garde à ne pas devenir trop gros. Le dimanche, s’il restait encore de la place pour s’étendre sur le gazon de l’hippodrome de Longchamp, il était en revanche très difficile de voir les artistes sur scène -soit que l’on se retrouve trop loin sur le susdit gazon par rapport à la scène, soit, comme c’était le cas pour le Dôme, que la capacité du chapiteau se trouve très largement débordée. Beaucoup en furent ainsi réduits à écouter les concerts allongés…

C’est à peu près le seul point négatif car, pour le reste, et pour l’aspect musical en particulier, ce ne fut, comme on dit, que du bonheur. Après le tour d’horizon express de la semaine passée, voici donc, comme promis, les chroniques des concerts de Nada Surf, des Wriggles, de Ska-P, des Skatalites, des Wampas, de La Rue Ketanou et de Massilia Sound System… mais aussi un petit compte-rendu des guest-stars de Solidays, les intermittents du spectacle.

Nada Surf : la première vague est la bonne

Nada Surf, sur la scène Bagatelle en plein air, devait jouer le rôle du petit bois qui prépare le grand feu. Le trio a fait mieux, en allumant un brasier. Certes, le départ fut un peu laborieux, le temps de, allez, quatre-cinq titres. Mais dès qu’une mélodie un peu connue a surgi (et des mélodies un peu connues, ils en ont à la pelle), celle de "Inside of love", l’avant du public s’est mis à sautiller en rythme et les premiers slams ont fait leur apparition. La paille qui recouvre la terre près de la scène s’est mise à voler (ça change des batailles de boue rituelles des festivals arrosés par la pluie).

Et puis un chanteur qui parle un français parfait (et a de faux airs de Paul Simon,), ça aide à faire monter l’ambiance. Même si «on a plus l’habitude de jouer la nuit»… Le bassiste, lui, la joue très décontracté, clope au bec. Une claviériste très timide, qui tape dans ses mains avec l’air de ne pas savoir quoi en faire, apparaît aussi sans qu’on comprenne bien pourquoi.

Très rock façon brit-pop mais encore plus mélodieux, le trio s’impose sans fioriture, avec le simple recours de son talent et en dépit d’une présence scénique assez limitée. On note aussi déjà ce qui sera une constante pour tous les concerts: la bonne qualité du son. Puissant sans arracher les tympans, et clair -quoique la grosse caisse vous résonne un peu trop dans le bide.

Petit speech anti-Bush au passage, avec gros applaudissements à la clef et l’atmosphère commence à avoir une sacré gueule. Le tour de chauffe est vraiment terminé. Autant dire que quand "L’aventurier", reprise d’Indochine, déboule dans les enceintes, le parterre rugit son plaisir et s’époumone. Et vlan! Un petit "Popular" à la suite, qui confirme que la meilleure technique pour les baffes, c’est bien l’aller-retour sans temps mort. Chaque groupe ne joue qu’une heure, mais cette heure-là a suffit à Nada Surf pour mettre tout le monde d’accord.

Les Wriggles : heu-reux !

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre mais le groupe, lui, était très attendu, vu l’affluence sous le Dôme. Quelques broncas en attendant le quintet (qui a chanté un peu de Brassens durant le soundcheck). Puis triomphe de la première seconde à la dernière. Les cinq sont habillés tout en rouge, avec pour seuls instruments une guitare sèche et leurs voix. Et aussi leur mise en scène, car chaque titre est accompagné de mimiques, de blagues visuelles.

Quant aux paroles, elles volent bien au-dessus des textes de 99% des comiques qui, en plus, ne savent pas chanter. Pas d’esbrouffe (mais en revanche un titre fendard sur certains rappeurs machos se «la pète grave») mais beaucoup de poésie et de constantes références à l’actualité. Les Wriggles prennent le public par le haut, et non de haut. Il y a du Vian, du Brassens, du VRP, du Lapointe là-dedans, et aussi de la politique, de l’auto-dérision (condition première pour pouvoir aborder des sujets sérieux en restant crédible), une longue rasade de bonheur. Le public n’a cessé de taper dans ses mains pour faire le rythme.

Même le heavy-metalleux qui contrôle la plupart du temps mon cerveau a été obligé de le reconnaître: les Wriggles ont été la révélation de ce festival. Surtout, ne les ratez pas s’ils passent près de chez vous. Ils sont fabuleux.

Solidays 2003 Solidays 2003

Ska-P : très, très remontés

Un curé, une chaise électrique, un Oncle Sam tenant la faux de la Mort: quand Ska-P veut faire passer un message, le groupe n’y va pas par quatre chemins sur la mise en scène. Il est clairement engagé et le fait savoir.

Côté musique, c’est tout aussi clair et net. Du ska, donc, mais boosté au punk. Le résultat, sur scène, est bouillant. Et le public donne l’impression d’être secoué par un tremblement de terre. Voir des milliers de personnes sauter sans arrêt, danser, pogoter dans le meilleur esprit possible, et cela à chaque titre… ça m’a foutu de vrais frissons. J’ai même vu une grand-mère se secouer en bordure du public! Les slammeurs, eux, flottaient partout sur la marée humaine.

Cette musique jouée avec les tripes, énergique à faire passer un coup de boule pour un somnifère, collait parfaitement avec l’événement. Sur disque, je trouve Ska-P sympa mais un peu lassant à la longue. Sur la grande scène de Solidays, il aurait fallu me couler dans le béton pour m’empêcher de remuer. Grosses guitares, grosse rythmiques, refrains à reprendre en chœur (avec le handicap de l’espagnol, visiblement mal compris par la foule): un carton.

Les Wampas sont les rois

«Didier-Wam-pas-est-le-roi»: voilà ce que scandent certains en attendant l’arrivée du groupe. Et ça deviendra vite le refrain de la soirée. Je sais, c’est bateau à dire: il n’empêche qu’après tant d’années données à la cause, et de réputation assez underground, ça fait chaud au cœur de voir les Wampas en arriver là. Avec cette ironie que le succès est venu grâce à une chanson sur ceux qui ont du succès («Si j’avais le portefeuille de Manu Chao…», pour ceux qui reviennent d’un tour du monde).

Le public était en chaleur (et malgré le chapiteau ouvert, je peux vous assurer qu’il y avait de quoi exploser un thermomètre dans les premiers rangs). Les Wampas l’ont grillé comme une merguez sur un barbecue. Là aussi, il s’agit de punk, de punk-rock. Assez simple et caractérisé par cette voix éraillée et fort peu mélodieuse du sieur Wampas (qui, rappelons-le, est le roi).

Mais comme dirait l’autre, la musique est un cri qui vient de l’intérieur (axiome illustré par un titre chanté avec le micro… dans la bouche!). Et puis le chant en français permet de reprendre les refrains à s’en faire péter les cordes vocales.

Outre Didier Wampas, qui fait le spectacle à lui tout seul (quel frontman, mes aïeux, quel frontman!) et balance rapidement son costume argenté, on a un guitariste qui ressemble à Karl Zéro en veste en jean et aux postures rock’n’roll, et une section rythmique basse-batterie qui n’a pas appris la dentelle chez mère-grand.

Je conserve surtout des images de cette heure de folie pure. Didier Wampas (alias le roi) qui se fait amener une pauvre chaise en plastique, la passe au premier rang, grimpe et s’assied sur la chaise, se fait ainsi porter par le public jusqu’au milieu de la salle, se met debout… tout en continuant à gueuler comme un putois. Didier Wampas (qui, pour ceux qui prendraient cette émission en cours, a été proclamé roi par acclamation) qui pendant plusieurs minutes embrasse un par les spectateurs du premier rang en hurlant «Kiiiiiiiisssssssss!!!!». Didier Wampas (également appelé par ses fans «le roi», faut-il le préciser?) qui grimpe sur les enceintes. Didier Wampas (oui, oui, c’est lui, vous savez : le roi) qui passe la barrière de sécurité, fend la foule, fait asseoir les spectateurs autour de lui pour chanter et finit en position christique. Didier Wampas (bien qu’un autre de ses pseudonymes semble mieux lui convenir : le roi) qui invite des dizaines de spectatrices à finir le concert avec lui sur la scène...

Des chemises ont volé, des chaussures aussi, des corps ont joué à "La croisière s’amuse" par-dessus les têtes. Et puis il a bien fallu en arriver au tube précité. Ah! la! la! si Dieu a fait l’homme à son image, je suis en mesure de vous révéler que Dieu transpire beaucoup, hurle comme un damné, fait des bonds de kangourou et se fend la gueule en écoutant du punk. Beau carton aussi pour "Petite fille", comme quoi ce titre ingénu avait déjà marqué les esprits. A la fin de ce set d’anthologie, la logique aurait voulu que je me jette la tête la première dans une machine à laver. Ah! Au fait, j’allais oublier de vous dire : Didier Wampas est le roi.

Skatalites : roots, man !

Face à l’invasion djeun, autant sur la pelouse que sur les scènes, les Skatalites faisaient figure de grands-parents. Mais sûrement pas de vieilles branches malgré une carrière entamée il y a près de… 40 ans! Contrebasse en avant, trompette, saxo, guitare bien sûr: les Skatalites possèdent le groove originel du reggae-ska, dont ils furent d’ailleurs parmi les créateurs. S’y ajoutent pas mal de passages instrumentaux, une touche jazzy et les apparitions enjoués d’une chanteuse qui a l’âme et le coffre.

Alors, même si la plupart des membres fondateurs fument la marie-jeanne par la racine, peu de formations peuvent annoncer sur scène: «Et voici un morceau qu’on a créé avec Bob Marley.» Tandis qu’un drapeau jamaïcain flottait dans la foule.

Devant la scène, le jeu consiste moins à sauter partout qu’à plier les jambes en rythme. Quoique… A force de générosité, le groupe arrive à faire cabrioler les spectateurs. Les Skatalites sont vrais, ils sont ce qu’ils jouent. Peut-être toutefois eurent-ils été mieux placés en fin de soirée, pour une redescente cooooooooool.

Le chanteur-contrebassiste lance des «Rastafariiii!» à la pelle. Et encore des frissons qui me parcourent l’échine. Ce festival, décidément, montre que le bonheur, la fraternité et les convictions, non seulement cohabitent parfaitement, mais encore sont seulement les différentes facettes d’un tout qui, même en colère, fait tourner son regard vers l’espoir. Les Solidays se battent contre la mort et c’est la vie qui apparaît partout et avant toute chose. A l’image de ce compte-à-rebours repris par le public : « 6! 5! 4! 3! 2! 1! Freedom ! ».

La Rue Ketanou

Encore une belle surprise, avec un groupe qui commence à se faire un nom dans la famille chanson-à-texte. Guitare acoustique, accordéon (qui revient très fort ces derniers temps dans le rock), tambourin et poésie intimiste. Ces enfants du théâtre du Fil se sont lancés à l’eau en démarrant avec un inédit. Puis ont fait déborder le Dôme. Déjà pas facile de voir un concert à 100 mètres de distances, mais quand toutes les bras se lèvent, ça corse encore l’affaire…

Musicalement, c’est un mélange qui bouffe à plusieurs râteliers, du tzigane au rock. Le problème est que, au même moment, une bande d’agités sévissait à deux pas de là, ce qui m’a forcé à faire l’aller-retour de ce concert à cet autre…

Massilia Sound System, le pastaga sur une platine

Donc, tandis que La Rue Ketanou ressemble à la place de la République un jour de manif’, la scène Bagatelle est prise de flow par les Marseillais-et-fiers-de-l’être, avec leur drapeau «Occitanista» en évidence. Un succès facile, assuré par des paroles qui font mouches et tirées autant de l’expérience du quotidien que de la bonne humeur ou de l’envie de fiesta. Voir cette distribution de pastaga au premier rang ! Ou ces propos sur le fait que pour agir pour plus de solidarité, «Il n’y a pas que dans les festivals, c’est tous les jours dans les quartiers» qu’il faut s’y coller.

Le clou étant le moment où le groupe fait asseoir toute la pelouse, puis compte très, très lentement jusqu’à trois («deux, deux deux-tiers, deux quatre-cinquièmes… euh… y’a quoi après?») et fait sauter tout le monde d’un coup en l’air (exercice appelé le «oai »). Avant de demander que chacun prenne la main de son voisin (et/ou de sa voisine) et que démarre une farandole géante… avec «file-moi la pipe de ganja» en arrière plan sonore.

Massilia et son ragga ont de la personnalité et ce n’est pas un hasard si ce groupe, dans un style où la parole a tant d’importance, s’est construit une réputation aussi unique. Une fois de plus, alors que je suis d’habitude assez hermétique à ce genre de zic, il m’a bien fallu me rendre à l’évidence et les armes des préjugés.

Les intermittents sur toutes les scènes

Beaucoup de concerts ont été ponctués par l’évocation de la réforme de l’assurance-chômage des intermittents du spectacle.

Deux exemples. Ska-P a interrompu sont set en son beau milieu pour laisser la place à la diffusion d’une vidéo sur les écrans. Plusieurs artistes anonymes ont ainsi pu expliquer pourquoi cette réforme est injuste et répressive, pourquoi elle va tuer le spectacle vivant, et comment elle prend soin de taper sur les petits en préservant les intérêts des gros. Respect du public, qui applaudit à la fin.

La palme de l’originalité revient à Massilia. L’un des rappeurs joue le rôle du Medef. Il se pointe vers le DJ. «T’es intermittent, toi?» «Ben, ouais.» Et pan! Il le flingue avec deux doigts pointés et symboliques. Puis s’avance vers le gratteux. «T’es intermittent?» Boom! Le clavier: même sentence. Bref, tout le monde se fait dézinguer sur la scène. Puis M. Medef se tourne vers la tour technique, à 150 mètres devant la scène. Et descend l’éclairagiste, le technicien son. Puis se suicide. Il ne reste que des corps allongés sur la scène. Qui ne se relèvent pas. Une minute passe. Deux. Trois. Et trois minutes de blanc intégral, au milieu d’un gig de Massilia, ça fait long, très long, en dépit des cris qui fusent de partout. Enfin le groupe se relève: «Quand tu repartiras d’ici, tu iras voir ton maire, ton député, ton conseiller général et tu lui diras : j’ai vu ce que c’était, un concert sans intermittents.» Superbe démonstration par l’exemple…

L’invité fantôme

Enfin, pour l’anecdote, le groupe le plus présent alors qu’il n’était pas de la fête était Marcel et son orchestre. T-shirts par ci, autocollants par là témoignaient de la popularité croissante du combo de fondus nordistes. Cela aussi, ça fait plaisir.

- Photos : Jean-Marc F.  
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Semaine du Lundi 14.07.2003

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