ACCUEIL RECHERCHE JEUX-CONCOURS CONCERTS FORUM CONTACT
Recherche
  Recherche rapide
 
Archives de A à Z
Recherche Avancée...
Catégories
  Variété Internationale Variété/Chanson Française Jazz/Blues/Country Rock/Metal
Groove/Funk
Pop/Disco
Electro/TripHop Techno/Dance HipHop/Ragga/Reggae Soul/R’n’B
Latin/Afro-cubain Traditionnel/Gospel World/Fusion Classique/Contemporain Film/Bande Son Compilation/Multi‑Genre Inclassables...
Communiquer !
 
Inscription à la Newsletter
 
Désinscription
Annonces Concerts
Petites Annonces
Forum
Amb France
  Aide
Contact
Webmaster
Liens
  Artistes
Labels
Radios Online
Resources Musiciens
Sites mp3
Structures
Studios
Webzines
Ajouter un site
Ajouter un studio
Partenaires
  COLUMBIA
EMI
EPIC
F COM
LABELS
NAIVE
PIAS
WAGRAM
WARNER JAZZ
WEA
...
Publicité/Promo
  Devenir Annonceur Opérations Promotionnelles

Petite réflexion sur le phénomène « Star Academy »

Petite réflexion sur le phénomène « Star Academy »
à l’occasion de la troisième saison…

Déjà la troisième « rentrée » de la fameuse Star Academy… Que le temps passe vite ! Personnellement, je n’ai encore pas eu assez de temps de me remettre du matraquage de la première saison, sans parler de la deuxième ! Mais je n’ai pas l’intention de me lancer dans une harangue anti-télé-réalité ni « anti-star’ac », ni de jeter la pierre en prenant ça et là les (nombreux) défauts et travers d’une telle approche de l’activité artistique à visée de professionnalisme. Je tiens juste à livrer une brève réflexion qui se veut « de fond », en espérant que ce pseudo recul d’un peu plus de deux ans y aura apporté quelque objectivité.

De la notion de « Star »


Qu’entend-on par le mot « Star » ? Une star est un personnage célèbre, mais pas seulement : cette condition n’est pas suffisante, et l’on aurait du mal à nommer « star » Moïse, Galilée, Voltaire, Newton, Pasteur, Staline, Einstein, etc.

Une star est une personne célèbre qui attire les foules : Jésus, la Joconde et Hitler (malheureusement, pour le dernier) aussi. Difficile pourtant de les considérer comme des « stars ».

Une star est une personne célèbre, qui attire les foules, et qui plus est, elle est riche : Bill Gates est également célèbre, riche, et attire tout autant les foules (directement et indirectement) : pas une star pourtant.

Une star est une personne célèbre, riche, attirant les foules, et ayant un ou plusieurs grands talents artistiques. Ah ! Nous voilà sur une définition qui semble déjà plus sélective et qui peut moins facilement être prise en défaut. C’est donc celle-ci (bien qu’on puisse toujours la parfaire) que je retiendrai pour la suite.

Une star est donc quelqu’un qui réunit (au moins) ces quatre caractéristiques, et - ce qui pourrait devenir un cinquième critère distinctif - qui arrive à en jouir, au moins un peu, de son vivant : la « staritude » est un statut social, la star est consacrée de son vivant, sinon ce n’est pas (plus) vraiment une star, même si la mort (de préférence en pleine gloire) peut renforcer ce statut - on pensera à Édith Piaf, Marilyn Monroe, Jim Morrison, etc.

De la notion du « devenir Star »

La définition retenue se pose bien évidemment en fonction du regard sociologique de la star, car par définition, une star est star aux yeux de ses pairs et du public, et pas (uniquement) aux siens. Cela dit, le statut de star a des implications intrinsèques, en termes de devenir tout autant qu’en termes de « maintien », de « stabilisation » à ce rang.

Comment la star devient-elle riche ? En devenant célèbre et en attirant les foules. Comment la star devient-elle célèbre et attire-t-elle les foules ? En dévoilant son ou ses grands talents artistiques. De là viennent deux nouvelles questions : comment la star parvient-elle à dévoiler ses talents, et d’où/de quoi proviennent ces derniers ?

La première trouve sa solution dans le monde professionnel des arts, car une notoriété de star ne peut s’acquérir que par des systèmes déjà en place, très amples et bien implantés, rodés et performants, systèmes très structurés qui incluent des personnalités artistiques mais également « économiques » à même de porter un jugement fiable sur lesdits talents et aussi sur la « viabilité/rentabilité » d’un « projet artiste » : à savoir, les productions, les managements, etc. La star doit savoir se montrer aux bonnes personnes, qui à leur tour sauront la révéler aux yeux et aux oreilles du public. Et le facteur chance n’est pas étranger à la « staritude », j’y reviendrai.

Pour la question relative directement au (aux) talent(s) de la star, elle relève de plusieurs éléments, très disparates et très délicats à isoler. On y trouve pêle-mêle : des « dons » et inclinations particuliers, propres à la personne (aspect physique, organe vocal, caractère, charisme, etc.), des événements extérieurs (milieu familial, rencontres décisives - directes ou indirectes - sur le plan artistique, etc.), et surtout, beaucoup de travail. Car, intrinsèquement, la star est une bosseuse, elle a même tendance à se consumer dans le travail, ce qui nuit bien souvent au bon déroulement de sa vie privée.

La star, en tant que phénomène « individu », se construit donc par un mélange d’aptitudes, de chance (les « rencontres ») et de travail, mélange qui induit (toujours avec un fort facteur chance) les événements et éléments qui rentrent dans la définition développée précédemment.

Du facteur « chance »

Cet élément « déterminant » est présent à chaque étape. Même si, dans certains cas, il peut prendre moins d’importance que dans d’autres (mais, là, cela dépend aussi de l’angle de vue). Pour faire bref la « chance » de la star se manifeste en différents points du temps et lui permette d’accéder à son statut : chance d’avoir un « don » (ou plusieurs) particulier, chance de pouvoir s’en rendre compte, chance de pouvoir l’exploiter et l’entretenir un minimum au départ, chance d’arriver à le faire reconnaître à son entourage, chance de le faire reconnaître à ceux qui pourront le lui faire développer et maîtriser en vue de devenir professionnel en premier lieu puis de lui monter les marches de l’escalier de la célébrité ensuite, chance que ce que la star a à offrir trouve une résonance chez un (LE) public, etc.

Soit toute un série de « chances » ponctuelles qui, enchaînées, lui permettront de devenir star. Mais bien évidemment, les chances se calculent, s’anticipent et elles se gèrent. D’où l’intérêt d’être bien entourée et d’être dur à la tâche.

De la notion de « Star Academy » ou « d’usine à stars »

Partant de toutes ces considérations, il semble logique voire souhaitable d’offrir aux talents en germe un maximum de chance de concrétiser leur désir. Mais la question est, en définitive : « Est-il véritablement possible de "construire" une star ? »… C’est au départ un souci tout américain que cette problématique de la star. « Star » est un terme anglais, introduit par les aux Etats-Unis pour évoquer certains de ces artistes hyper talentueux et hyper plébiscités - et qui en général se posaient tout à la fois comme excellents acteurs, danseurs, chanteurs, bêtes de scène, etc. Car n’oublions pas que la star doit remplir au moins les quatre critères que j’évoquais : célébrité, richesse, mouvement de foules, talent(s), et que tout ceci se travaille. Mais, pour prendre des exemples dans le milieu du cinéma, qu’est-ce qui différencie par exemple un Gary Sinise (excellent second couteau) d’un Bruce Willis (une vraie tête d’affiche) ? Certains critiques n’hésitent pas à parler de « facteur X », ce petit quelque chose, cet espèce de charisme indéterminable qui fait que le second attire les spectateurs sur son seul nom (il est une star), alors que le premier est juste, finalement, un très bon acteur, reconnu, mais pas une star au sens plein du terme…

Ceci ne se fabrique pas, ou en tout cas, on ne sait pas encore le fabriquer. Qu’ont donc trouvé les « inventeurs » de la Star Academy pour palier cette incapacité et tenter tant bien que mal de générer des stars ?

Première idée : jouer sur le capital sympathie du public envers les futures stars en prenant véritablement des « inconnus ». Si l’on regarde attentivement la liste de tous les candidats retenus, l’on ne trouve aucun jeune artiste qui ait déjà tenté de faire un bout de chemin professionnel par lui-même, ni qui ait éventuellement déjà réalisé quelque chose dans une démarche professionnelle, alors que, on le sait bien, notre beau pays regorge de talents divers et variés qui peinent à émerger aux yeux du public national. Non, il vaut mieux prendre des inconnus complets, car le spectateur lambda pourra mieux s’y identifier, voire fantasmer sur ses propres talents et désirs…

Deuxième idée : jouer sur le capital sympathie du public envers les futures stars en les montrant en situation de « devenir star », en montrant leurs difficultés, leurs faiblesses, leurs doutes, leurs turpitudes même, et bien souvent, leurs habits par terre, leurs ronflements à 4 heures du matin, leurs tentatives de flirt plus ou moins abouties et j’en passe… Bref, surfant sur une sympathie déjà ancienne pour les apprentis artistes (émergée à la sortie du film « Fame » d’Alan Parker, suivi par la série du même nom), la « Star’Ac » cherche à créer artificiellement un « facteur X » permettant d’accrocher le public à des personnages qui, malgré leur valeur intrinsèque, ne « perceraient » peut-être jamais véritablement…

De la notion du «Star » revisitée

Finalement, l’on assiste à un renversement assez spectaculaire, dû à l’époque sans doute, et à la télé-réalité avec certitude. La Star’Ac inverse la tendance, la notion même de « star » !!! En effet, dans la mesure où ce facteur X n’est pas injectable à la demande, elle contourne le problème, et du coup, change la signification du mot star sans que l’on s’en rende vraiment compte à première vue - et c’est certainement ce qui dérange sans que l’on sache pourquoi.

Par définition, la star est quelqu’un d’admirable et d’admiré, que le public, dans sa majorité, reconnaît comme inimitable, voire comme « intouchable » dans sa partie… Bref : quelqu’un qu’on pose comme modèle tout en sachant qu’on n’a pour ainsi dire aucune chance de lui arriver à la cheville (c’est bien pour ça, aussi, qu’on l’admire autant : l’on n’admire pas quelqu’un qui ne nous dépasse pas). Mais là, dans la Star’Ac, la star en devenir est quelqu’un de tout à fait normal, et ce n’est plus le résultat qu’on nous donne à admirer mais le devenir, le rêve que finalement c’est peut-être possible pour tout le monde… C’est un peu comme si l’on demandait au public d’aimer une pièce en fonction des répétitions et de ce qui se passe dans les coulisses…

Eh bien moi, je dis non. Car même si les événements qui entourent la naissance d’un artiste et d’une œuvre ne sont pas de peu d’importance, c’est tout de même le résultat qui prévaut. Beethoven n’est pas un génie de la musique parce qu’il a composé la grande majorité de son œuvre en étant quasiment complètement sourd, mais parce qu’il a réellement produit des chefs d’œuvre. Sa surdité en rajoute à sa compétence musicale et à son génie, mais le résultat en artistique en lui-même justifie son aura. On est loin, très loin de ça dans le cas de la Star Academy…

Je pense au « Grand Petit Conservatoire de Mireille », où cette exceptionnelle musicienne (et pédagogue, en fin de compte) a su montrer que l’on pouvait, comme pour la comédie par exemple, enseigner la variété. Les artistes arrivaient avec quelque chose à eux, qu’ils avaient travaillé avec leurs tripes, leur talent propre, et Mireille tâchait de les faire accoucher du meilleur en s’adonnant à une savante maïeutique non dénuée d’humour. Aujourd’hui, la Star’Ac cherche à faire rentrer dans un moule galvaudé et surtout déformé de « star » des apprentis artistes qui, si l’on observe attentivement leur dire et leurs réactions, sentent bien, dans le fond, que ça ne leur correspond pas.

C’est une grande machine, une espèce d’usine, avec beaucoup de frous-frous, de poudre aux yeux. En tant qu’artiste-interprète (si c’était le cas), je sais que j’apprécierais beaucoup d’avoir l’opportunité de chanter avec un Johnny Hallyday ou un Lionel Richie, mais à la réflexion, si ça devait avoir lieu, je préférerais que cela arrive après une sollicitation particulière (venant de moi, ou mieux, de lui !), car cela pourrait signifier que mon talent est reconnu par lui. Là, c’est moins qu’une master-class, c’est un passage télé. Une occasion de faire quelque chose d’inédit et d’unique, mais sur la base d’un « marché » publicitaro-commercial, et non d’une connivence artistique réelle. C’est du rapiécé machine, sans fondements valables. Ce n’est plus le public qui choisit, en réalité : il ne fait que cocher des cases déjà pré-cochées pour lui, et sans s’en rendre compte qui plus est. Et là ; je me rends compte que je contreviens à mon intention initiale qui était de ne pas jeter la pierre sur la Star Academy…

Conclusion : les concepts évoluent, c’est un fait. Mais certaines choses méritent de garder le mystère, et les tenants et les aboutissants d’une œuvre ne devraient pas prendre le dessus sur le résultat lui-même, ce qui pourtant est en train de se produire depuis quelques temps. Le travail sur une œuvre n’est pas l’œuvre elle-même, et ne la remplacera jamais. Entendre des apprentis reprendre des tubes variété en les massacrant un peu au passage n’a rien, à mon sens, d’intéressant ni de valorisant pour eux. Il serait peut-être temps que la Star’Ac recrute également des compositeurs, qu’on ait au moins droit à du nouveau, à défaut d’avoir de l’abouti. C’est un souhait, sincère, mais je doute qu’il soit jamais exaucé…

 
Si vous souhaitez réagir à cet article, cliquez ici !

Semaine du Lundi 06.10.2003

Avertissement | Partenaires | Recrutement | Contact | Confidentialité des Données Personnelles
1999 - 2017 © Amb France Music - GROUP. IMAGES 2. Tous droits réservés