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Azucar Negra / Barbarito Torres y su piquete cubano

Azucar Negra / Barbarito Torres y su piquete cubano (Jeudi 7 août)
Massilia Sound System / Manu Dibango & Ray Lema (Vendredi 8 août)

Nuits du Sud 2003 - Vence (06)

Les 7 et 8 Août furent le théâtre de quatre concerts hauts en couleurs, dans le cadre du festival des Nuits du Sud. Le 7 août, Azucar Negra, longtemps numéro un du Hit Parade cubain, se produisit en première partie de l’immense Barbarito Torres y su piquete cubano, révélé par le documentaire mythique du Buena Vista Social Club. Le 08 août, le ragga occitan de Massilia Sound System introduisit de la plus belle manière Manu Dibango, accompagné pour l’occasion de Ray Lema, pianiste et chanteur Zaïrois.


Ce jeudi 7 août, plus de 4 000 personnes se sont massées sur la place du Grand Jardin pour assister à la deuxième soirée du festival consacrée exclusivement à la musique cubaine. L’occasion de découvrir un groupe star à Cuba, pourtant peu connu en France : Azucar Negra. Cette grande formation de 13 musiciens interprète salsa, calypso, timba (fusion de salsa et de rap) dans un style jeune et très dynamique. Le groupe donne sa vision "moderne" des grands courants musicaux de son île et les vitalise au son des cuivres.

Malheureusement, l’ensemble sombre trop souvent dans une sorte de variété qui ne propose rien de novateur ou de transcendant : ce n ‘est même plus de la variété cubaine, mais juste de la variété de Cuba. La qualité des chanteuses et des musiciens ne nous fera pas pardonner un concept abouti mais inintéressant au possible.

En revanche, la suite fut nettement plus réjouissante. La prestation de Barbarito Torres y su piquete cubano fut tout simplement exceptionnelle. La formation traditionnelle de neuf musiciens permet au luth de Barbarito de s’articuler en de nombreuses combinaisons. La contrebasse et les percus assurent les fondations, la guitare et le tres s’imposent au centre de cette musique sophistiquée, alors que la trompette, les chants et les percus à main (guiro, maracas, etc.), la raffinent un peu plus. Tout est construit pour le jeu rapide et mélodique du luth, au premier plan lors d’impros inspirées et rythmées, et plus effacé le reste du temps ; c’est là l’intelligence de Barbarito Torres de laisser s’exprimer ses musiciens. Chacun d’eux est époustouflant, avec une mention spéciale pour Jorge Lavoy, le percussionniste qui joue des bongos, congas et tablas en même temps, ainsi que pour le contrebassiste Victor Villa dont la qualité des chants aura presque occulté sa maîtrise instrumentale.

Leur complémentarité sert l’homogénéité de ce groupe de musique traditionnelle campagnarde. Leur répertoire se compose entre autres de son, guarrancha, changui, danson, trova, bolero : pour résumer, c’est la musique de Compay Segundo. Ce dernier, disparu récemment, aura imprégné de son âme un concert qui lui était implicitement dédié. Barbarito Torres lui réserva un hommage digne et sincère, sans ambages : quelques mots pour remercier le maître suffirent, salués par plus d’une minute d’applaudissements respectueux d’un public ému à en frissonner. D’un geste, Barbarito envoie son cœur au ciel et entame l’authentique hymne de Cuba : Chan Chan. D’autres thèmes du Buena Vista suivront (Dos gardenas et Candela) avant une démonstration de luth quasi irréelle : jeu à quatre mains, jeu dans le dos, impros phénoménales, tout est fait pour que cette grande fête se termine en feu d’artifice. Le public compatit au bonheur des musiciens d’être sur scène et prend la peine de les rappeler deux fois avant que le directeur du festival ne mette un terme à cet instant magique, contraintes d’horaires obligent. On se console en pensant que Barbarito et ses collègues vont bientôt jouer à Draguignan… ce n’est pas bien loin de Vence après tout…

Le lendemain, les marseillais de Massilia Sound System enflammèrent 6 000 personnes. Un populo de fada venu assister à la prestation d’un groupe de scène incontournable. Chaque concert des quatre tchatcheurs et de leurs trois musiciens est prétexte à un énorme oaï comme on dit dans le midi, une fête musicale où tout le monde danse, saute et rigole. On fait des blagues, on met en scène les paroles des chansons qui par nature sont déjà marrante, on offre le pastaga au public (il faut toujours être au premier rang de leurs concerts !), on distribue des capotes et invite tout le monde à faire une farandole géante : voilà la dure vie d’un Massilia ! Mais cette bonne humeur n’a rien de factice ou de frivole, elle invite à réfléchir sur les thèmes de société développés par les sept acolytes : « On n’est pas le produit d’un sol mais le produit de l’action qu’on y mène » ne cessent-ils de marteler.

Question musique, la majeure partie du concert fut réservée à leurs nouveaux titres issus de l’album Occitanista (voir chronique sur cet album dans les archives d’AMB afin de mieux comprendre le phénomène Massilia). Ensuite, vinrent les classiques comme Parlo patois, Commando fada ou Interdit aux conos qui finirent de déraisonner un public déjà hystérique. Le rappel est inévitable et c’est le directeur du festival (encore lui) qui prend la lourde tâche de faire le rabat-joie en annonçant aux milieux des scansions du public survolté que Massilia ne reviendra plus sur scène puisque les techniciens doivent mettre en place le plateau de Manu Dibango. Difficile à accepter bien que plus ou moins compréhensible…

C’est dans cette ambiance que Manu Dibango et Ray Lema firent leur entrée. Difficile de passer après une telle prestation, surtout vues la jeunesse du public et le registre musical totalement différent dans lequel ils évoluent. Mais en quelques notes, les deux bonhommes rallièrent à leur cause un auditoire médusé par tant de classe. Il faut dire que ces deux là ne sont pas n’importe qui ! Si l’on ne présente plus Manu Dibango, saxophoniste camerounais de renom, Ray Lema demeure moins célèbre que son compagnon. Cet intellectuel zaïrois grandit dans les musiques traditionnelles de sa contrée. Il finit par abandonner ses études pour se consacrer à la musique et est aujourd’hui un musicien, compositeur, arrangeur reconnu. La rencontre entre Manu Dibango et le directeur musical des ballets du Zaïre donnera certainement naissance à un album d’ici l’automne. En attendant, c’est sur scène que tout se passe. La musique africaine laisse peu à peu place à un afro-jazz qui surfe sur la vague du cool. Le sax est soyeux, doux, les notes fines et liées. Ray Lema profite de la trame musicale de haute qualité des musiciens africains pour laisser s’exprimer tout son talent. Son toucher au piano est léger mais sûr, à l’image de son timbre de voix envoûtant qu’il pose, dépose sur des rythmiques zen mais bien balancées.

Les nombreuses impros, intelligentes et parfaitement maîtrisées, parferont une musique apaisante qui s’est littéralement révélée aux yeux de ce public pourtant peu habitué au jazz. Une grande performance.

A l’heure des bilans, nous pouvons affirmer que ce festival a franchi un cap cette année, non sur le plan de la fréquentation, pourtant en augmentation depuis sept années consécutives avec 45 000 auditeurs drainés sur dix soirées en 2003, mais sur la qualité de la programmation.

De plus, nous ne pouvons que saluer un concept habile et original qui étale les soirées à prix réduit (13 Euros) sur près d’un mois plutôt que de les concentrer sur dix jours : cela permet une fidélisation du public, et donc une atmosphère détendue, presque familiale (les nombreux bénévoles et l’organisation irréprochable y contribue pour beaucoup).

En revanche, cette année-virage a mis en lumière le gros manque du festival qui à lui seul vaut toutes les critiques. Plus que déplorable, la qualité du son et des éclairages des Nuits du Sud est tout simplement indigne d’une telle manifestation. Pas un concert sans son lot de larsens, d’aléas techniques et de mauvais réglages : ça en devient épuisant, et on n’en est même à se demander si la défaillance est issue de la machine ou de l’homme (les deux ?). Une carence qu’il faudra combler au plus vite sous peine de décevoir un public exigeant, désormais habitué à voir son festival grandir et s’améliorer d’années en années. Donc à l’an prochain !

Sites officiels :

Azucar Negra : www.azucarnegra.cjb.net

Barbarito Torres : inexistant

Massilia Sound System : www.massilia-soundsystem.com

Manu Dibango : www.manudibango.fr

 
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Semaine du Lundi 25.08.2003

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