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VRP : Liquidation Totale (Mercury)

VRP : Liquidation Totale (Mercury)

Remboursez ! Remboursez !

Une décennie après le suicide des VRP, la jubilatoire compilation « Liquidation Totale » feuillette l’album et les bijoux de famille d’iconoclastes qui associaient l’indé français et Boby Lapointe. Fou, ce qu’ils arrivent à faire avec leurs seules cordes, vocales et de grattes sèches, et le renfort de bruitages, d’un xylophone ou de l’accordéon. Du rock a capella, du disco-folk, de la comptine à pervers-pépères…


Cette galette rassemble 20 titres. Les incontournables et d’autres que, à l’époque où la renommée de la troupe trompettait de la MJC de Bois-Colombes au squat Boris-und-Trotski de Lafumette-sous-Mer, on avait peut-être laissés passer sans s’y attarder. A tort. Les VRP ne sont pas que des zigs qui poussent la chansonnette et les petites vieilles à traverser en dehors des clous.

Ce testament s’ouvre et se ferme sur deux histoires de morts-de-rire, pures tragi-comédies véèrpiennes. « Mémère » évoque les tribulations bêtes et méchantes de la mère grand qui fuit de la cafetière et dont les petits-n’enfants vont envoyer la fêlure ad patres. « Salope » baisse le rideau avec un lyrisme morbide et parodique sur le corps d’une actrice ratée, et une fin qui tient sur un contre-pied.

Au milieu : « Le roi de la route » se termine dans l’ambulance où « c’est pratique le gyrophare pour doubler tous ces connards ». « Ramon Perez », le pauvre Espagnol sans soleil, ne peut pas dormir. « Macramé les doigts » voit un skinhead viré hippie fabriquer des croix gammées en macramé. La reprise de « Alexandrie, Alexandra » (dans l’esprit du « 17 plombs pour péter les tubes » des Ludwig Von 88) s’introduit par la voix de Jean-Claude Bourret, à l’époque présentateur du J.T., qui souligne la dignité de l’enterrement de Claude François, tandis que le hurlement « Vive les Wampas » déchire l’outro.

Les textes peuvent se prendre au premier degré givré, au deuxième, voire au 35678 è Gotlibien. Fendards mais pas innocents, les VRP torgnolent à tours de bras les beaufs, les satisfaits, les arrivistes, les coincés et l’abêtissement de masse. Avec la distinction vengeresse d’un humour noir, absurde et même poétique. Extraits de « Tout pour le fric » :

« Le rap est mon domaine, du moins pour cette année,

Car dès l’année prochaine, la mode aura changé.

Mais moi je serai là, je la suivrai de près.

Il n’y a pas de loi, quand on veut cartonner.

(…)

« Je parle du crack, de mon niveau social,

Je fais beaucoup d’efforts, pour être aussi banal »

(…)

« Je pensais être rappeur, je ne suis qu’un rapace.

Je suis un produit, noyé dans la masse. »

Les VRP, qui se réincarnèrent dans les Nonnes Troppo, s’ingénient à aller épicer chansonniers et chanteurzatexte. Ce sont des raconteurs d’histoires, avec un vrai sens de la chute : démonstration en 1’29" dans « La grande traversée ».

On peut trouver tout cela un peu répétitif sur le principe, regretter le minimalisme de la musique, même si les guitares aucunement saturées ne sont pas maniées par des manches. Et, oui, ce serait lassant si ces graves-lurons ne cultivaient pas le subtil décalage et l’auto-dérision qui les différencient de la majorité des amuseurs publics car vraiment drôles, bref, s’ils n’avaient pas de talent propre. Comme chez Pierre Desproges*, l’humour ressemble alors à une politesse d’artiste trop modeste et heureux de vivre pour se proclamer tel.

Remboursez ! Remboursez ! Oui, faites rembourser ce disque par la Sécu, au lieu de prescrire des anxiolytiques. Les VRP, l’antidote à une époque où l’on se fabrique stâââr à la télé.

(*)Au passage, puisque ça ne fait que 20 ans que l’on attend son successeur, ruez-vous sur les rééditions de ses réquisitoires au Tribunal des flagrants délires, absolument délectables d’intelligence, d’humour, et même de férocité quand il taille un costard à Le Pen ou aux enculés mondains. « Bonjour ! Ma colère. Salut ! Ma hargne. Et mon courroux… coucou ! »

Merci à Mercury …
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Semaine du Lundi 11.11.2002

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