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SNEP – Media Music Center – Presse écrite : le « flux » ne passe pas…

SNEP - Media Music Center - Presse écrite : le « flux » ne passe pas…

Aujourd'hui, lundi 4 avril 2005, l'ère de l'information musicale française était censée faire un bond en avant, grâce à l'ouverture d'un portail dédié à la presse spécialisée, Media Music Center. Seulement, encore une fois, cafouillage ! Pourquoi cafouillage ? Eh bien par manque de concertation entre les différents intervenants principalement, et aussi par mauvaise estimation des processus et mauvais ciblage des besoins…

Media Music Center est à l'origine un projet tout à fait intéressant et souhaitable, permettant de regrouper sur une seule interface fichiers audio, biographies, photos, dates de concerts, etc. , à l' attention des journalistes, offrant à ceux-ci un outil exhaustif destiné à leur facilité la tâche. C'est là la « jolie » facette du projet. Car l'autre facette est beaucoup plus problématique : en effet, les principaux membres du SNEP voient dans cette solution « multimédia »  online le moyen de sonner le glas de l'envoi des disques pour écoute et chronique. Grossière erreur.


Où le bât blesse-t-il ? En plusieurs endroits, malheureusement, ce qui bien évidemment met toute la presse écrite (online et offline) sur le pied de guerre. Petit récapitulatif des principaux problèmes :

1 - le SNEP et ses membres mettent la presse spécialisée devant le fait accompli : « Maintenant, c'est comme ça » (sous-entendu : « vous prenez ce qu'on vous donne, vous faites vos papiers, et vous vous taisez », voilà un peu la manière de faire. Inacceptable. Certes, le SNEP laisse un délai "d'adaptation" (jusqu'au 30 juin prochain) avant de cesser définitivement l'envoi des disques aux journalistes, mais il n'en reste pas moins que la décision est prise unilatéralement, dans le plus total mépris (voire également la méconnaissance) des manières de procéder et des besoins de ceux et celles qui écoutent, analysent, réfléchissent, cherchent, comparent, et enfin, écrivent.

2 Media Music Center est un système pensé à la base pour les radios, pas directement pour les journalistes. En effet, le principe initial repose sur la distribution de fichiers musicaux en formats broadcast, par le biais d'une application client/serveur et d'une connexion haut débit. Les radios, une fois équipées, reçoivent sous forme de « push », à raison d'une mise à jour quotidienne (durant la nuit), les nouveautés des maisons de disques. C'est ensuite aux radios de choisir le ou les formats de diffusion des titres. Que cela implique-t-il au niveau des journalistes ? Comment a été pensée la partie de  Media Music Center qui leur est dédiée ? Devront-ils eux aussi procéder à l'encodage de leurs fichiers pour pouvoir les écouter ailleurs que devant leur ordinateur au bureau ? Le manque de concertation initiale laisse des blancs importants à ces niveaux, ce qui ne peut qu'accentuer la grogne générale.

3 - Un disque est un disque. Ce n'est pas uniquement un assemblage de fichiers. C'est également un objet, et il est important de garder cela à l'esprit à une époque où la dématérialisation des choses devient de plus en plus courante, grâce à (ou à cause de) l'ère de la numérisation et des réseaux. Et il y a et aura sans doute encore longtemps des personnes attachées au « support », quelles qu'en soient les raisons, symboliques, pratiques ou autres. En cela, la position du SNEP n'est pas tenable puisqu'elle fait table rase des pratiques et particularités de chaque journaliste en particulier, et d'un groupe important de ceux-ci au sain de la presse spécialisée d'une manière plus générale.

4 - « Envoi massif ». Envoi massif, qu'est-ce à dire ? C'est lourd de sous-entendus, car cela impliquerait que les attaché(e)s de presse ne font pas leur travail de sélection et de ciblage. Auquel cas ce serait bien la faute des majors de recruter des personnes incompétentes… Cela n'a pas de sens. Si envoi massif il y a, c'est soit qu'il se justifie de lui-même (il faut fournir aux journalistes des choses à écouter pour espérer qu'ils en parleront sur leur média) soit qu'il peut-être régulé autrement qu'en bloquant purement et simplement l'émission des disques vers celles et ceux qui sont censés les porter à la connaissance des futurs auditeurs.

Arrêtons-là la liste des récriminations, car l'on pourrait virtuellement la déployer à l'infini. Il est cependant possible de dresser une liste de ce qu'il aurait été souhaitable de voir/de négocier lors d'un tournant aussi important, à savoir l'articulation des pratiques journalistiques/communicationnelles et les nouvelles technologies de mise à disposition de l'information.

1 - Mise en place d'un portail général et multimédia permettant l'accès à toutes les sources et ressources disponibles : très bien, c'est ce qui est censé avoir vu le jour avec  Media Music Center.

2 - CONCERTATION GENERALE avec l'ensemble de la presse quant aux contenus, aux formats, aux possibilité de traitement, aux actualisations, etc.

3 - Gestion des « profils » (ou « concertation individuelle » : permettre à une rédaction/un ou plusieurs journalistes de définir exactement ce qu'elle ou ils souhaitent. Accès au portail, envoi de tous les disques disponibles ou sélection des disques à envoyer parmi ceux disponibles, choix des formats de consultation online (car tout le monde ne travaille pas nécessairement sur le même type de plateforme/système d'exploitation, ni avec les mêmes possibilités en termes de connexion à l'internet et de bande passante)… Bref : laisser à la presse le choix de dire « J'ai besoin du disque », « j'ai besoin du disque et du service en ligne » ou « j'ai besoin uniquement du service en ligne », éventuellement en fonction du disque.

Le SNEP a évalué à « 70% le taux d'inutiles ». Inutiles ? Que sont les « inutiles » ? Les disques dont les journalistes ont décidé de ne pas parler (soit par manque d'intérêt - toute la production n'est pas bonne à ce point -, soit par manque de temps/de place pour les bouclages) ? Ou bien ceux qui ne sont pas passés en radio ? « Inutiles » du point de vue des majors, donc. Certainement pas du point de vue des journalistes, qui font en général l'effort de prêter l'oreille à tout ce qu'ils reçoivent (c'est d'ailleurs grâce à cela que l'on découvre des nouveautés).

Il est d'ailleurs quelque chose d'importance que les futurs talents se doivent de savoir : lorsqu'on a une pile de CD à écouter, on passe les CD jusqu'à épuisement de la pile. Lorsqu'on a une liste de liens à cliquer, on a beaucoup plus facilement tendance à en « zapper » purement et simplement une bonne partie, pour ne se focaliser que sur les titres qui évoquent déjà quelque chose. Ne serait-ce que parce que mettre un CD dans un lecteur, appuyer sur play et obtenir le son ne prend que 5 secondes, là où le téléchargement peut prendre beaucoup plus.

Il y a donc péril en la demeure.

En résumé, l'ouverture d'un portail central pour la presse musicale est une excellente chose. Cela peut faciliter la vie à bon nombre de journalistes, que ce soit pour des questions de localisation, de temps ou autres, l'accès à toutes les informations connexes à un disque étant plus direct.

Cela dit, cette « facilitation » ne doit pas impliquer un « diktat ». Le maître mot est « CONCERTATION ». L'internet, la programmation dynamique et les formulaires offrent également, en plus de la possiblité de télécharger des contenus, la possibilité de s'adapter automatiquement aux besoins de chacun ; pourquoi ne pas en tirer parti ? Pourquoi imposer ? Laissez-donc les journalistes décider de la façon dont ils veulent travailler, ils pourront d'autant mieux se concentrer sur l'objet de leur travail (la musique)…

La lettre-communiqué du SNEP :

La pétition :

Messieurs,

Nous avons pris connaissance, par une lettre du Snep de votre intention de ne plus adresser de disques à la presse écrite.

Outre qu' une telle décision, qui prétend mettre fin à un usage aussi ancien en France que le disque lui-même, aurait mérité un minimum de dialogue, elle nous étonne en ce qu'elle met en danger notre liberté d'exercice de ce métier et le devenir de vos artistes.

En ce qui nous concerne, nous consacrons tous depuis longtemps une part énorme de notre temps à l'écoute de disques, temps qui déborde très largement nos horaires de présence fixe devant un ordinateur en marche. Nous écoutons des nouveautés partout et tout le temps - dans les transports, chez nous ou en vacances, lieux où vos fichiers d'écoute ne pourront guère nous suivre, puisque, en l'état, ils ne seront écoutables que sur un poste fixe. Les pigistes devront s'équiper d'un matériel compatible, et ceux qui travaillent dans les rédactions devront abandonner la plus élémentaire courtoisie vis-à-vis de leurs confrères journalistes qui défend d'écouter de la musique pendant leurs heures de présence au journal. En ce qui concerne votre métier, nous avons cru comprendre, d'après certaines de vos déclarations, que vous teniez à la défense de l'objet « disque » et à l'apparition de nouveaux artistes.

Croyez-vous sérieusement que ce soit sur un ordinateur, devant son bureau et pendant les horaires de travail, que l'on découvre un nouvel artiste, son audace et sa singularité ? Croyez-vous que, dans ces conditions, nous serions entrés facilement dans l'univers de Björk, Sanseverino ou Jean-Louis Murat, artistes qui comptent aujourd'hui parmi vos légitimes fiertés? Sincèrement, nous pensons tous le contraire.

Si vous souhaitez - mais le souhaitez-vous ? - que la notion d'oeuvre reste centrale dans les musiques actuelles, que puissent émerger avec le même dynamisme qu'aujourd'hui des formes et des sensibilités musicales nouvelles, que l'information du public reste diverse et ouverte, vous comprendrez dès lors facilement que notre position soit à la fois vive et unanime : tant que les  artistes souhaiteront enregistrer des albums, nous écouterons et défendrons des albums dans les journaux qui nous emploient.

S'il vient un jour que les artistes préfèrent que leurs oeuvres soient écoutées uniquement sur des postes fixes au lieu de travail de leur public, alors - et alors seulement - nous consentirons à écouter vos fichiers. Nous tous avons la même position, dans laquelle nous sommes soutenus par les directions de nos journaux respectifs : nous refusons d'écouter la musique autrement que de la manière dont elle est diffusée majoritairement auprès du public et autrement que de la manière dont elle est désirée et imaginée par les artistes. Non, nous n'écouterons pas vos fichiers. Nous n'écoutons que des disques.


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Semaine du Lundi 04.04.2005

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