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Les Wriggles : du pur délire

Les Wriggles : du pur délire

Trois jours après la sortie de leur nouvel album Moi d'abord, Les Wriggles ont embrasé un Zénith de Paris blindé, samedi 2 avril, pour un concert de 2h30, dans une ambiance purement délirante. Une performance inouïe qui restera sans doute dans les annales de la chanson française.

Les artistes hexagonaux, tous styles confondus, qui peuvent remplir cette salle ne sont déjà pas légion. Mais la faire basculer dans une ovation quasi permanente - jusqu'à obtenir quatre rappels ! - avec seulement cinq voix et deux guitares sèches prouve que Les Wriggles ont atteint un sommet de popularité incroyable, et cela sans le soutien, jusqu'à récemment, de médias majeurs.


A l'heure où il semble, pour beaucoup, être plus important de devenir star (« nouvelle », « pop » ou « academy » qu'artiste et créateur, Les Wriggles prennent le chemin opposé : des tournées incessantes, des spectacles originaux qui tiennent autant dans les textes que dans la scénographie, des chansons travaillées dont la causticité le dispute à la tendresse, bref, de la conviction et du talent.

Wally, avec sa trogne de barbu bon vivant, muni de sa seule guitare et de sa jovialité joufflue, investit la scène sous les vivas pour assurer la première partie. Il traverse sans arrêt la frontière entre sketch et chanson. Soyons positifs, affirme-t-il dès le premier titre, alignant blagues et absurdités, pour ce qui n'est sûrement pas un hommage à Lorie revisitée par Jean-Pierre Raffarin. Il réclame ensuite l'abolition de la flûte, « instrument de torture toujours utilisé dans les collèges », chante a cappella des lettres de lecteurs à des magazines (authentiques et d'une ingénuité, pour ne pas dire débilité, confondante) et achève sur un florilège de chansons potaches de quinze secondes. L'accueil du public est plus que chaleureux.

« Je croyais aux convictions »

Lumières. Les publicités qui défilent sur un écran avant l'arrivée du quintet vocalo-rigolosont copieusement sifflées. Noir. Lumières. Le club des cinq chtarbés, toujours habillés en t-shirt rouge et pantalon orange, apparaît assis sur cinq fauteuils de bureau à roulette, qui constituent l'unique accessoire de scène. Les spectateurs, ados et quinquas mêlés, à deux doigts de l'hystérie collective, hurlent de bonheur.

Le début du concert repose sur les titres du nouvel album, avecen ouverture… Moi d'abord, et son constat que le troisième millénaire sera égocentrique ou ne sera pas. Puis escapade en Chine et son paradoxe de communisme ultra-libéral (« Le marché chinois on investira/Tant qu'on ne touchera pas à la dictature », détour par les préjugés et le racisme ordinaire dans Délit de face, yes ! (qui passe nettement mieux que sur disque), plongée dans une soirée pourrie et absurde nourrie à l'alcool, à l'acide, à la drague foireuse et au téléphone portable, remontée par les escaliers d'un HLM et de ses différends de voisinage (Les Voisins : « J'en parlerai pas au syndic, j'appellerai jamais les flics ») pour une variation sur le thème trop bon-trop con, virée en taxi de nuit qui sent le vécu...

« Je croyais aux convictions mais sans humanité tout ça n'est qu'un bouillon » : voilà qui résume bien l'esprit des Wriggles. A force de balayer les thématiques qui font mal (religion, xénophobie, homophobie, folie économique, relations amoureuses, hypocrisies en tout genre), le groupe pourrait tomber dans le moralisme facile. Mais l'humour permanent et l'auto-dérision emportent le morceau.

La scénographie reste assez similaire à celle des précédents spectacles, toujours très appuyée sur la gestuelle et les jeux de lumière. Les chorégraphies énergiques alternent avec des moments de calme suggèrant l'intimité (pas facile dans une si grande salle et avec un public qui ne cesse de manifester son enthousiasme).

Un Rambo qui sent le culte

Quand déboulent d'anciens titres, c'est simple : on n'entend plus le groupe. Le public se lève systématiquement, s'époumone. Ceux qui ne connaissent pas les paroles n'ont plus qu'à attendre le morceau suivant.

Arrive Comme Rambo, une chanson qui devrait interdire aux Wriggles tout passage en Corse mais qui sent déjà le morceau culte : « On nous appelle des terroristes/Parce qu'on plastique des trucs la nuit/On n'est même pas indépendantistes/On est juste de la mafia qui s'ennuie »). Toutes, et son refrain « Toutes des salopes », sur un fumeur cancéreux en phase terminal, devrait également devenir un classique. Justement, les « tubes » reprennent le dessus pour la fin du spectacle, enchaînant tabac sur tabac, tandis que quelques nouveautés calment (si peu) le jeu, comme Amour et culou cette histoire d'une déchéance sociale qui rappelle les plus belles heures des VRP.

Encore quelques allusions à Sarkozy (hué) au pape (qui quittait la scène juste au moment où Les Wriggles montaient) et aux pédophiles noyés par le raz-de-marée en Asie… Impossible de tout citer tant le spectacle fut dense. Peut-être même un poil trop sur la durée. Un entracte n'eut pas été superflu. Et bien sûr, question d'humeur ou de caractère, chacun préfèrera certains passages - les plus drôles, les plus engagés, les plus sensibles - à d'autres. Ainsi, les « chansons douces » me paraissent certes sympathiques mais parfois gentillettes. Encore qu'intervient toujours un léger décalage, une pointe d'humour, qui évite de tomber dans le pur mélo.

Un Zénith et un Volo plus tard

Plus frappante est la capacité des Wriggles à faire de la scène un véritable terrain de jeu. Franchement, l'écoute de l'album Moi d'abord m'avait laissé une impression mitigée, et même de redondance. Le récent et excellent disque de Volo (soit Frédéric Volovitch, principal compositeur des Wriggles, et son frères Olivier, leur régisseur) m'avait semblé plus fort et plus abouti sur le plan des textes. Un Zénith plus tard, le support discographique fait presque figure de prétexte, Les Wriggles ne pouvant donner toute leur dimension et leur saveur qu'en live.

Reste une question : et ensuite ? On imagine difficilement le quintet s'offrir un Bercy (car l'aspect visuel nécessite de bien voir les membres du groupe). Il faudra aussi, un jour, faire évoluer le concept pour éviter l'auto-parodie. Volo témoigne peut-être d'ailleurs d'un besoin de prendre de l'air.

Ces interrogations restent toutefois de pure forme pour le moment. De très nombreux concerts sont déjà programmés jusqu'à la fin de l'année. Courrez-y : Les Wriggles ont de l'énergie, de l'intelligence et de l'humour à revendre. Et pas cher en plus, preuve que ce groupe n'a pas que de la gueule : les places pour le Zénith étaient à 22 euros seulement.

www.leswriggles.com 
label : www.atmospheriques.com
www.opera-music.com (Volo)
http://wally.artistes.universalmusic.fr/ (Wally)

lire aussi la chronique du concert des Wriggles sur Annu:Art


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Semaine du Lundi 11.04.2005

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