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Daniel face à Darc

Daniel face à Darc


Survivre, c'est vivre. Maintes fois enterré, Daniel Darc est revenu, plus vivant que jamais. En 2004, Crève-cœur, le disque de la résurrection, a rappelé à ceux qui ne s'intéressent qu'à l'icône destroy des 80's que Daniel Darc est un auteur aussi écorché que raffiné. Citations à l'appui, c'était l'occasion d'évoquer avec leur auteur certains de ses meilleurs textes.

Daniel Darc est plus qu'un chanteur. C'est un auteur. La légende n'avait retenu que les dérives d'un homme timide mais pas timoré, qui met sa vie dans ses chansons, pour le meilleur et pour le pire, sans volonté de s'exhiber mais sans fausse pudeur non plus. Le comportement autodestructeur de l'ancien chanteur de Taxi Girl, héroïnomane puis alcoolique, l'a sans doute longtemps mis hors course. L'an dernier, l'album Crève-cœur, accouché dans la douleur, alors qu'il décrochait de l'alcool, a permis à Daniel Darc d'enfin passer pour ce qu'il est vraiment : un auteur majeur dans le paysage musical français actuel, loin des clichés destroy dont se régale une partie de la presse. Regroupant une sélection de titres de sa « première » carrière, la compilation Le Meilleur de Daniel Darc, sortie en 2003, porte bien mal son nom. Pétri de culture et d 'expérience(s), Daniel Darc n'a jamais été aussi bon qu'aujourd'hui. L'autre mardi, à quelques jours de sa tournée, il nous recevait dans un bar à deux pas de la place de la Bastille...
 


Gilles R. : « Je rêvais de soleil/Et j'ai trouvé la pluie/Je rêvais de merveilles/J'ai juste trouvé l'ennui » (Rien de toi, 1988). À quoi rêvaient des jeunes comme toi en 1977 ?


Daniel Darc : À des choses très simples en fait : pouvoir faire ce qu'on voulait quand on le voulait, simplement être libres, écrire quand on en avait envie et pouvoir vivre de ça si c'était possible, et bien sûr ne pas avoir à subir ce que les générations passées avaient subi. Moi, j'aurais bien aimé être écrivain mais je ne me considère toujours pas comme tel. Je n'arrive pas à écrire un roman. J'ai essayé plusieurs fois, j'en ai déchiré un… Je pense que le format qui me va le mieux est celui de la chanson, trois minutes. Je suis un écrivain de chansons. Sinon, c'est vrai, j'ai déjà publié des nouvelles, j'ai traduis du William Burroughs, des petites choses comme ça, mais toujours des formes courtes. Des nouvelles, je pense que j'en écrirais de nouveau. Pour le roman, je crois être dans la même situation que Serge Gainsbourg par rapport à la peinture. Je rêverai toute ma vie d'écrire un roman sans être capable de le faire réellement.
 

G. R. : « Mais le matin était sale/Et nos rêves s'y sont brisés » (Les Armées de la nuit, 1981). En 1984, dans Plus je sais, plus j'oublie, tu écris : « Chaque nuit/Je vois d'horribles choses dans mon sommeil/À mon réveil je m'aperçois/Que je ne dormais pas ». Tu dis adorer la nuit mais tu la décris comme un enfer. Qu'est-ce qui t'attire en elle ?

Daniel Darc : La nuit n'est pas forcément la nuit telle qu'on l'imagine, le soleil couché et la lune haut dans le ciel. Alain Bashung a beau chanter : « La nuit, je mens », je pense que c'est le contraire : c'est la nuit qu'on ment le moins.
 

G. R. : « Le monde était si sale et pourri/Mes amis ont choisi la mort » (Élégie, 1983). Comme les survivants de catastrophes, tu sembles culpabiliser d'être toujours vivant


Daniel Darc : Je ne sais pas si c'est une culpabilité mais, en tous cas, c'est un constat évident : autour de moi, beaucoup d'amis sont morts. Dans ce contexte, le souvenir est forcément toujours douloureux, mais je vis avec. Il le faut bien…
 

G. R. : « J'ai souffert si longtemps/Mon corps a brûlé tant de fois/J'ai reçu tant de coups/Oui mais maintenant je m'en fous » (Le seul garçon sur terre, 1987). Tu t'es calmé ?

Daniel Darc : À l'époque, j'avais la vingtaine, aujourd'hui j'ai 45 ans, je crois que ça répond à ta question…
 

G. R. : « Mon cœur se brise souvent/Mais se répare très vite » (Nijinski, 1994). Est-ce un constat rassurant ?

Daniel Darc : Rassurant, je ne sais pas si c'est le mot exact. Mais, en tous cas c'est un constat, oui… En fait, la protection se fait d'elle-même, je n'ai pas à faire d'effort pour ça.
 

G. R. : « Tournez dansez sans vous soucier du sort/Tournez sans cesse approchez-vous du bord » (Tournez tournez, 1994). Avec le recul, pourquoi n'as-tu pas sombré dans ton intériorité ?

Daniel Darc : J'ai sombré, mais à chaque fois je suis remonté à la surface parce que j'ai des choses à dire et à faire. Tu sais, la mort n'est romantique que pour ceux qui survivent.
 

G. R. : « Mes amis font n'importe quoi/Mais sans moi » (Mes amis, 2004). Es-tu devenu solitaire ?

Daniel Darc : Je l'ai toujours été en fait. Je suis d'une très grande timidité. C'est pathologique. Un jour, un médecin m'a diagnostiqué une phobie sociale…
 

G. R. : « La forme de son corps ne veut rien dire pour moi » (Cherchez le garçon, 1980). À l'époque, tu évoquais ta bisexualité, y compris dans des interviews. Ce n'était pas fréquent d'en parler avec sincérité. Aujourd'hui, quand tu entends ça en prime time sur TF1 repris par la Star Academy, tu te dis que les mœurs ont évolué ?

Daniel Darc : Non, rien n'a évolué. Pour moi, ils n'ont pas compris ce qu'ils chantaient, c'est tout… "Cherchez le garçon" est l'une de mes plus mauvaises chansons, pas forcément le texte, l'ensemble. Mais je n'ai plus de problèmes par rapport à elle. Je la chante encore de temps en temps sur scène, mais on la joue de façon différente, plus rock. Je l'aime bien telle qu'on la fait maintenant, pendant un moment, je ne pouvais plus la supporter.
 

G. R. : « Voici l'histoire/Du gosse qui traversait tous les miroirs/Il ne voulait gêner personne/Toujours il demandait » (Haute surveillance, 1994). Comment s'est passée ton enfance ?

Daniel Darc : Je suis fils unique. Pendant toutes ces années, je n'ai manqué de rien, j'ai vraiment eu une enfance normale, comme on dit. Ma mère était catholique et mon père juif, mais ils ne pratiquaient pas. Ma famille a souffert du nazisme mais mon père ne parlait pas de ses souffrances pendant la Seconde Guerre Mondiale. Jamais.
 

G. R. : « Les meilleures choses ont une fin/Les pires aussi tu comprends bien » (Je suis déjà parti, 1987). Comme Gainsbourg, pourrais-tu faire tienne la phrase : « Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve » ?

Daniel Darc : Oui, complètement. Le bonheur, c'est de la connerie. Je ne crois pas du tout au bonheur. La spiritualité m'intéresse davantage mais dans la spiritualité, je ne sais pas ce que je cherche, c'est d'ailleurs pour cette raison que je cherche toujours. Peu importe si je trouve ou pas, l'important c'est le voyage, ce n'est pas l'endroit où l'on va.
 

G. R. : « Déjà en moi je sens l'automne/Qui doucement ronge mon corps/L'affreuse angoisse m'emprisonne/Combien de temps jusqu'à la mort ? » (Inutile et hors d'usage, 2004). La peur de la mort peut-elle ressusciter l'urgence de la jeunesse ?

Daniel Darc : Je ne sais pas… Tu sais, j'ai toujours été obsédé par l'idée de la mort, et cela depuis mon plus jeune âge. La mort accompagne mes plus vieux souvenirs. Je n'en ai pas peur spécialement mais, par exemple, quand je me réveille, je pense à la mort. Encore aujourd'hui. Je vis avec cette idée et je fais en sorte d'en vivre plus ou moins bien.
 

G. R. : « Paris, ville de nos rêves/La poubelle est pleine depuis si longtemps/Qu'il n'y a plus de place pour nos déchets à nous » (Paris, 1984). Cette chanson, c'est de l'amour vache ?

Daniel Darc : C'est une chanson d'amour. Paris, c'est vraiment la ville que j'aime le plus au monde. Je ne pourrais pas vivre ailleurs, à part peut-être à Londres, je ne sais pas. Je ne connais pas New York, mais je pense que m'y sentirais très bien aussi. De toute façon, je ne peux vivre que dans une ville.
 

En concert le 15 mai à Bruxelles (Belgique), le 21 à Limoges, le 24 à Bordeaux, le 25 à Perpignan, le 26 à Toulon, le 27 à Annecy, le 28 à Barcelone (Espagne), le 1er juin à Reims, le 2 à Alençon, le 3 à Lille, le 4 à Bondoufle (festival Efferv'Essonne)

Album Crève-cœur (Mercury)

Site Officiel : http://www.danieldarc.com/


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Semaine du Lundi 16.05.2005

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