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Astral Quest : décollage immédiat !

Astral Quest : décollage immédiat !

A lire aussi sur Amb : interview de Jean-Marc Devaux, guitariste-chanteur d'Astral Quest

Certains groupes ne se jugeront jamais qu'en concert. Astral Quest est sans aucun doute de ceux-là. Si ses influences viennent d'évidence des 60's (Beatles, Ray Davies et les Kinks…) et des 70's (Led Zeppelin, Hawkwind, le Pink Floyd des débuts, Cream, Amon Düül 2…), on peut aussi rapprocher le power-trio jurassien de formations totalement actuelles, comme Kyuss et Queens of the Stone Age, ou certains amateurs de heavy progressif.


Le cocktail est étrange, comme une recette dont les ingrédients et les proportions changeraient sans arrêt (rock, blues, rock psychédélique, space rock, pop, heavy… principalement), mais à l'effet hallucinatoire. Et servi sur un plateau par un guitariste, j'ose l'écrire, exceptionnel. Vous savez, de ceux qui ne se contentent pas d'être très bons, mais qui ont le truc en plus, une liberté indéfinissable, ou peut-être un truc en moins, justement, c'est-à-dire qu'ils sont parvenus, ou qu'ils le font naturellement, à larguer les amarres par rapport à certaines conventions, et qu'ils ne jouent pas d'un instrument, ils en font partie…

En ce samedi 9 juin 2007 (je ne suis pas près d'oublier cette date), au  Moulin de Brainans (très jolie salle au cadre bucolique), dans le Jura, Astral Quest m'a donc explosé la tête et fait décoller à la verticale en même temps. Et ce, outre le talent du guitariste/chanteur Jean-Marc Devaux, grâce à l'homogénéité du groupe. Il faut les voir, tous les trois, affichant des looks dépareillés au possible : un bassiste barbichu-chevelu qu'on attendrait plus dans un groupe de métal, un batteur en chemise qui ressemble à Jean-Pierre Darroussin en plus mastoque et ce six-cordiste longiligne en chemise blanche à jabot et blouson de cuir (qu'il refusera de quitter malgré la chaleur ambiante). On sait d'autant moins à quoi s'attendre que le groupe arrive sur scène avec à peu près autant d'attitude rock'n'roll star que vous pousseriez la porte d'un troquet pour commander un demi au comptoir.

Et puis il faut un moment avant de se mettre dans le bain et commencer à situer cette musique à pousser au suicide un coucou helvétique. Pas de refrain à reprendre en chœur mais de superbes lignes, comme celle de (cliquer pour le mp3) « The Crystal of life » ("C'est une de mes compos dont je suis le plus fier, avec sa descente mélodique à la Lennon", Jean-Marc Devaux dixit), un titre tiré du premier album, sorti en 2001 sur le label Nova Express, et qui, placé sur un album de Queens of the Stone Age ou Gov'T Mule, aurait fait un massacre radiophonique.

En revanche, ça joue. Terriblement. Avec une dynamique comme seuls les trios vraiment soudés peuvent en produire, notamment parce que le son de chaque instrument est parfaitement identifiable et que tous trois semblent être en avant (y compris la basse explosive de Martial Baudoin) sans que l'un vienne écraser l'autre. Seul le chant demeure en retrait, ce qui lui donne un côté fantomatique, suggestif plus qu'asséné, comme un échos, qui s'insère parfaitement dans cette texture musicale vibrante. Ce n'est pas un mal : j'avoue que le chant reste, à mon avis, le seul point un peu faible de la formation. Jean-Marc Devaux manque d'étendue vocale et peine parfois à tenir, ainsi sur la reprise de « Eleanor Rigby ». Une "cover" d'ailleurs annoncée avec humour comme étant des Rolling Stones. Le groupe interprète ce standard avec une rage psyché-stoner abrasive, puis Jean-Marc joue l'ingénu : "C'était des Kinks, bien sûr… heu… des Who… heu…" (ceux qui n'ont pas reconnu les Beatles sont priés d'aller réviser leurs classiques illico).

Résumons : le jeu du bassiste possède une rondeur enveloppante sans jamais relâcher la pression. La batterie sonne très rock mais Marc Chaniot ajoute tout un tas de subtilités rythmiques. A eux deux, ils construisent une sorte de chape à travers laquelle Jean-Marc Devaux ne peut décemment pas se "trouer", d'autant qu'il évolue dans la stratosphère (et non dans la stratocaster, puisque qu'il joue sur une Les Paul). Fluide, enquillant les riffs d'arracheur de dents, les bruitages space et des solos qui devraient susciter des études poussées de la Nasa, totalement en phase avec ses compères. Plus étonnant encore, on sent réellement qu'il baigne dans cet esprit rock heavy-psyché-blues, mais pas une fois je n'ai eu le sentiment d'une virtuosité gratuite, de redite ou, comme il advient souvent avec les groupes écrasés par leurs influences, de prévisibilité.

Les parties instrumentales sont un pur bonheur. J'ai passé un bon tiers du concert les yeux fermés rien que pour savourer à plein ces instants où le groupe délaisse la simple interprétation pour voler vers la dimension où tout semble possible. Astral Quest, oui, en live, on comprend pourquoi ce nom.

Et puis il y a eu un moment de bravoure séminalement extatique, comme aurait écrit un chroniqueur parisianiste mensualisé qui a de l'audace dans la causance : Jean-Marc Devaux quitte la scène par la droite, tout en déroulant son solo. Martial Baudoin et Marc Chaniot n'ont pas l'air de s'en préoccuper et je me dis : bon, ils vont nous caser chacun leur petite démonstration, c'est le quart d'heure "my section rythmique is rich". Sauf que la guitare continue à tricoter furieusement. Et Jean-Marc reapparaît par une petite porte sur le côté du bar - qu'il traverse tout du long -, va faire un tour du côté de l'entrée de la salle, toujours en pleine éjaculation, fend la fosse, retourne au bar : pas de montre en main, nous en avons bien eu pour cinq minutes et je vous jure sur la tête d'Angus Young (ACDC, pour ceux qui sont partis réviser leurs classiques) que j'ai pris mon pied du début à la fin de ce délire. Le batteur est à essorer, le gratteux transpire comme un glaçon au Sahara (mais quand se décidera-t-il à balancer son blouson dans la foule ???). Et le bassiste ? Tranquille... comme peut l'être un bassiste qui passe la plus claire partie de son temps cassé en deux sur son instrument, en donnant l'impression de peser tout son possible pour le pousser en avant, de vouloir s'en servir comme un bélier pour enfoncer une porte blindée.

Pour autant, le jeu de scène demeure assez minimal. Les échanges verbaux sont limités avec le public : les "Merci" d'usage, deux "Il fait chaud" (mais tu veux que je vienne te le déchirer ton blouson ?), la plaisanterie sur « Eleanor Rigby »… Astral Quest, ça s'écoute avant tout. Certes, ça se regarde aussi. Quand Jean-Marc Devaux ponctue la fin d'un titre d'un saut de cabri. Quand Marc Chaniot joue discrètement au marionnettiste avec ses baguettes façon John-Wayne-meets-ma-soeur-majorette. Quand les sourires complices illuminent les visages des musiciens. Qu'importe ! Les compositions sont inventives, soignées, entraînantes car, non content d'être un instrumentiste killer, Jean-Marc Devaux est aussi un songwriter. Résultat, Astral Quest baigne dans sa musique comme un poisson-chat dans les eaux boueuses d'un Mississipi en crue et on prend un plaisir immense à venir y plonger et s'y rouler.

Ultime précision : ne pas se fier au premier disque d'Astral Quest (hautement recommandable cependant). Non pas qu'il soit totalement différent de ce que j'ai entendu (bien que le line-up a beaucoup changé depuis). Seulement, comparé avec le live, c'est le jour et la nuit. Comme on ne peut plus écrire "un peu plus près des étoiles" sans passer pour un con depuis que des pop-rockeux spinaux ont popularisé l'image, disons : une autre dimension.

PS 23/09/07 : Le deuxième opus, Electrick Shaman (Chronique ici.), vient d'être finalisé et pressé. Le groupe cherche un distributeur. Avis aux labels.  En attendant, il peut être commandé directement auprès d'Astral Quest ici.

MySpace Astral Quest  Site officiel Astral Quest

A noter que Martial Baudoin et Jean-Marc Devaux évoluent également au sein de Jurassic Blues, un combo de… blues (mais si !) qui électrifie des standards du genre.


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Semaine du Lundi 18.06.2007

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